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La légalisation de l'avortement adoptée au Bénin

Le Bénin est devenu jeudi l'une des très rares nations en Afrique à autoriser l'avortement. (image d'illustration)  [Delphine Bousquet - afp]
La légalisation de l'avortement adoptée au Bénin / Le Journal horaire / 16 sec. / le 21 octobre 2021
Le Bénin est devenu jeudi l'une des très rares nations en Afrique à autoriser l'avortement. L'Assemblée nationale a voté une loi en ce sens malgré la forte division de l'opinion. Cet acte était jusqu'à présent interdit sauf circonstances exceptionnelles.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les députés béninois ont voté une modification de la loi sur la santé sexuelle et la reproduction datant de 2003.

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) n'était jusqu'ici autorisée que lorsque la grossesse était la conséquence d'un viol, d'une relation incestueuse ou en cas de risque pour la vie de la femme.

Débat houleux

A la demande de la femme enceinte, l'avortement "peut être autorisé" jusqu'à douze semaines "lorsque la grossesse est susceptible d'aggraver ou d'occasionner une situation de détresse matérielle, éducationnelle, professionnelle ou morale", selon la nouvelle loi. Elle a été adoptée à l'issue d'un débat houleux au sein de l'hémicycle, certains députés ayant même quitté la salle.

Après le vote, le ministre de la Santé a "salué la clairvoyance des députés" au cours d'un point presse. La légalisation de l'avortement va "permettre de soulager les peines de nombreuses femmes qui, face à la détresse d'une grossesse non désirée, se trouvent obligées de mettre leur vie en jeu", a-t-il déclaré.

Au Bénin, pays très religieux, la mesure a déclenché une levée de boucliers d'une partie de la société et notamment de la Conférence épiscopale du pays. Dans un communiqué la veille, elle affirmait que "la légalisation de l'avortement est la culture de la mort" et qu'il existait des "alternatives honnêtes et fiables pour remédier aux maux que l'on entend solutionner par la légalisation de l'avortement".

ats/fgn

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Avortement encore très restrictif voire illégal en Afrique

Totalement interdit dans une minorité de pays à travers le monde, l'accès à l'avortement demeure très restrictif voire illégal sur le continent africain. Il y reste pourtant largement pratiqué dans des conditions peu sécurisées.

Ce sont globalement les femmes d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Océanie qui bénéficient des législations les plus libérales, acquises parfois très récemment comme en Nouvelle-Zélande (dépénalisation en mars 2020).

Aux Etats-Unis, l'avortement a été autorisé par un arrêt célèbre ("Roe v. Wade") de la Cour suprême en 1973. Mais le droit à l'avortement y fait toujours l'objet d'une féroce bataille. Le Texas a adopté une législation très restrictive, entrée en vigueur le 1er septembre.

La loi texane interdit l'avortement une fois que les battements de coeur de l'embryon sont détectés, soit après environ six semaines de grossesse et ne prévoit pas d'exception en cas d'inceste ou de viol. Le gouvernement du président démocrate Joe Biden a formellement demandé le 18 octobre à la Cour suprême des Etats-Unis de bloquer cette loi.

>> Lire à ce sujet: Le gouvernement Biden veut bloquer la loi anti-avortement au Texas