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Dix ans après la mort de Kadhafi, des élections à haut risque se profilent en Libye

Zoom (vidéo) - Élections libyennes 10 ans après la mort de Kadhafi [RTS]
Zoom (vidéo) - Élections libyennes 10 ans après la mort de Kadhafi / L'éclairage d'actualité / 2 min. / le 20 octobre 2021
Il y a dix ans jour pour jour, le dictateur libyen Mouammar Kadhafi était capturé et tué, mettant ainsi fin à 42 ans de règne sans partage. Une décennie de chaos et de conflits s'en est suivie. L'ONU veut désormais organiser des élections démocratiques d'ici fin décembre.

Dix ans après l'assassinat de Mouammar Kadhafi, la Libye est totalement divisée, pour résumer schématiquement, entre l'est et l'ouest, avec des aspirations opposées dans chaque camp. Dans ce contexte, les élections prévues dans le pays par l'Organisation des nations unies (ONU) s'annoncent à très haut risque.

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Plusieurs candidats se profilent à la présidence, dont le fils de Kadhafi, Seif al-Islam. Dès le début de la révolution contre le régime de son père, il a prôné la répression sanglante contre les manifestants. Il est ensuite capturé par les rebelles et disparaît avant de refaire surface par surprise en juillet dernier, lors d'une interview exclusive accordée au New York Times.

Alors même qu'il est recherché par la Cour pénale internationale (CPI), le titre de l'entretien laisse peu de doutes sur ses ambitions: "He Wants to Take Libya Back" (Il veut reprendre la Libye).

Seif al-Islam Kadhafi a pourtant des chances de se faire élire. La population libyenne est exténuée par les conflits et les milices, et les citoyens et citoyennes sont de plus en plus nombreux à regretter le régime de Mouammar Kadhafi.

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Retour possible à l'autoritarisme

L'autre candidat sérieux à la présidence est le maréchal Haftar, l'homme autoritaire qui a la mainmise sur l'est du pays.

Ces élections sont organisées alors que le pays n'a même pas de Constitution. La communauté internationale semble tentée par le retour d'un homme fort et l'idée qu'il n'est pas possible d'espérer autre chose que l'autoritarisme pour stabiliser la Libye fait son chemin dans les chancelleries.

>> Ecouter aussi le 2e épisode de la série d'Histoire vivante sur la nouvelle gouvernance provisoire chargée d'organiser les élections nationales en Libye:

Un combattant révolutionnaire libyen court se mettre à l'abri durant l'attaque de forces pro-Kadhafi à Syrte, en Libye, le 7 octobre 2011. Les forces rebelles assiégeaient alors Syrte depuis le 15 septembre sans réussir à pénétrer au cœur de la ville en raison de la résistance acharnée des loyalistes du dirigeant libyen Muammar Kadhafi. La guerre civile de 2011 en Libye, également connue sous le nom de Révolution du 17 février, a éclaté cette année-là dans le sillage du Printemps arabe. [Manu Brabo - Keystone/AP]Manu Brabo - Keystone/AP
Libye: histoire d'un pays déchiré (2/5) / Histoire vivante / 30 min. / le 28 septembre 2021

Rien ne permet toutefois de présumer que ceux qui ne remporteront pas la présidentielle accepteront le résultat, d'autant que chaque camp compte sur des milliers d'hommes armés.

Des élections préoccupantes

L'ONU dénombre plus de 20'000 mercenaires étrangers et rivaux sur le sol libyen.

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Les candidats qui se préparent à ces élections ne sont pas des démocrates dans l'âme et aucun d'entre eux ne risque d'accepter de bon gré sa défaite au profit de la pacification du pays.

Ces élections, si elles ont lieu, pourraient déclencher un nouveau conflit.

Maurine Mercier/iar

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