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Grève chez Netflix pour exiger le retrait du spectacle polémique de Dave Chappelle

Une partie du personnel du géant américain Netflix ont prévu de se mettre en grève mercredi pour demander l'arrêt de la diffusion du spectacle de l'humoriste afro-américain Dave Chappelle, qui contient des passages jugés homophobes et transphobes. [ROBYN BECK - AFP]
Grève chez Netflix pour exiger le retrait du spectacle polémique de Dave Chappelle / La Matinale / 1 min. / le 20 octobre 2021
Une partie du personnel du géant américain Netflix a prévu de se mettre en grève mercredi pour demander l'arrêt de la diffusion du spectacle de l'humoriste afro-américain Dave Chappelle, qui contient des propos jugés homophobes et transphobes.

Si la situation est inédite chez Netflix, la plateforme de streaming n'est pas la seule à subir ce genre de fronde dans le monde des GAFAM. Chez Facebook, une lanceuse d'alerte a récemment fait des révélations de la toxicité d'Instagram, tandis qu'un mouvement #MeToo s'est mis en marche chez Apple.

Dans beaucoup de sociétés de la Big tech, les dirigeantes ou dirigeants ont été sommés de suivre les mouvements pour la justice sociale. De plus en plus de salariées ou de salariés expriment publiquement leur mécontentement face aux décisions de leurs entreprises. Et sur certains sujets, un changement de rapport de forces semble parfois s'opérer.

Progressisme de façade?

Mais pour l'heure chez Netflix, l'un des co-PDG soutient becs et ongles l'humoriste et refuse de retirer le spectacle. Une employée qui a divulgué à la presse le montant du contrat de l'artiste a été licenciée.

Pourtant, cette communication verrouillée représente un réel dégât d'image pour Netflix, qui a toujours affiché fièrement une politique inclusive et respectueuses des minorités.

Moins d'allégeance, moins de silence

Pour Koorosh Massoudi, professeur de psychologie à l'Université de Lausanne, le risque d'une dénonciation publique est plus important aujourd'hui dans ce type de grandes entreprises modernes, car les employés se sentent moins redevables.

"Il semble qu'il y ait une sorte de délitement du rapport de mutualité entre employeur et employés", analyse-t-il. "Donc il y a moins de loyauté, et les gens se gênent moins pour dénoncer des pratiques illégitimes, illégales ou contraire à leur éthique."

Si la loyauté à l'entreprise n'est plus au beau fixe, la détermination est réelle. Chez Netflix, un millier d'employés sur 12'000 pourraient participer à l'appel du groupe de soutien aux personnes transgenres.

Miruna Coca-Cozma/jop

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