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Au Chili, l'opposition veut destituer le président cité dans les Pandora Papers

L'opposition chilienne a demandé mercredi au Parlement la destitution du président Sebastian Piñera pour la vente d'une compagnie minière par une entreprise détenue par ses enfants, une opération réalisée dans un paradis fiscal, selon l'enquête internationale des Pandora Papers. [ESTEBAN FELIX - KEYSTONE]
Au Chili, l'opposition veut destituer le président cité dans les Pandora Papers / Le Journal horaire / 26 sec. / mercredi à 16:00
L'opposition chilienne a demandé mercredi au Parlement la destitution du président Sebastian Piñera pour la vente d'une compagnie minière par une entreprise détenue par ses enfants, une opération réalisée dans un paradis fiscal, selon l'enquête internationale des Pandora Papers.

Le président Sebastian Piñera a utilisé "sa fonction pour réaliser des affaires personnelles", a déclaré le député Tomas Hirsch en présentant cette requête devant la Chambre basse, première étape d'un processus de destitution qui pourrait durer plusieurs semaines. Cette procédure, qui n'a selon le président "aucun fondement", vient s'ajouter à l'enquête pénale ouverte il y a cinq jours par le parquet dans la même affaire.

>> Relire: Enquête ouverte contre le président chilien suite aux Pandora Papers

Le parquet chilien avait annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête contre le président Sebastian Piñera, qui clame sa "totale innocence". La Chambre des Députés, contrôlée par l'opposition, doit maintenant décider si elle approuve ou si elle rejette l'accusation. Le vote doit avoir lieu la première semaine de novembre, ont précisé des sources parlementaires à l'AFP.

Vote des deux chambres du Parlement

Si la chambre basse l'approuve, ce serait au tour du Sénat de se prononcer sur une destitution du président dont le second mandat s'achève le 11 mars. Dans la Chambre haute le résultat pourrait se jouer à quelques voix dans un sens ou dans l'autre.

Sebastian Piñera, l'un des dirigeants politiques apparaissant dans les Pandora Papers, l'enquête divulguée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), a démenti tout conflit d'intérêt dans la vente de la compagnie minière à un ami proche.

>> Relire aussi: Les "Pandora Papers" mettent en cause plusieurs dirigeants pour évasion fiscale

"Une affaire close" pour le président

Le président de droite, l'un des hommes les plus riches du Chili dont le mandat s'achève en mars 2022, estime qu'il y a déjà eu en 2017 "une enquête approfondie du ministère public" et que c'est "une affaire close par la justice".

Le parquet a toutefois fait valoir que les faits liés à la vente et à l'achat de la société minière "n'étaient pas expressément inclus" dans la décision de non-lieu de 2017.

La vente a eu lieu en 2010 pendant le premier mandat du chef de l'Etat chilien (2010-2014), à nouveau au pouvoir depuis 2018. Etant donné la gravité des faits faisant l'objet de l'enquête, l'affaire doit être traitée par un parquet régional, celui de Valparaiso (centre).

afp/vajo

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Transaction de 141 millions de francs

Selon une enquête menée par les médias chiliens CIPER et LaBot, membres de l'ICIJ, la compagnie minière Minera Dominga a été vendue à l'homme d'affaires Carlos Alberto Délano, un ami du chef de l'Etat, pour 152 millions de dollars (141 millions de francs), une transaction opérée aux îles Vierges britanniques.

Le paiement de la transaction devait être effectué en trois versements, et contenait une clause controversée qui subordonnait le dernier paiement à la condition "qu'une zone de protection environnementale ne soit pas établie sur la zone d'exploitation de la société minière, comme le demandent des groupes écologistes".

D'après l'enquête, le gouvernement de Sebastian Piñera n'a finalement pas protégé la zone où l'exploitation minière était prévue, si bien que le troisième paiement a bien été effectué.