Modifié

L'Algérie interdit son espace aérien au Maroc après un regain de tension

L'Algérie interdit son espace aérien au Maroc après un regain de tension. [John Lamparski
 - AFP]
L'Algérie interdit son espace aérien au Maroc après un regain de tension / La Matinale / 1 min. / le 24 septembre 2021
Les relations exécrables entre l'Algérie et le Maroc ont connu une nouvelle poussée de fièvre avec l'annonce de la fermeture de l'espace aérien algérien au voisin marocain. Les deux pays s'opposent sur le dossier du Sahara occidental.

"Le Haut Conseil de sécurité (HCS) a décidé de la fermeture immédiate de l'espace aérien à tous les avions civils et militaires ainsi qu'à ceux immatriculés au Maroc", indique un communiqué officiel en Algérie. Cette décision a été annoncée à l'issue d'une réunion du HCS, présidée par le président Abdelmadjid Tebboune et consacrée à l'examen de la situation aux frontières avec le Maroc.

La décision de fermer l'espace aérien a été prise "compte tenu de la poursuite des provocations et des pratiques hostiles de la part du Maroc".

Sahara occidental en cause

Le 24 août, l'Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc, après des mois de tensions exacerbées entre ces deux pays rivaux du Maghreb. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait alors reproché à Rabat de "n'avoir jamais cessé de mener des actions hostiles à l'encontre de l'Algérie".

Traditionnellement difficiles, les relations entre l'Algérie et son voisin de l'ouest se sont dégradées en raison surtout de l'épineux dossier du Sahara occidental, un vaste territoire désertique dont près de 80% est sous contrôle du Maroc.

Et la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël - en contrepartie d'une reconnaissance américaine de la "souveraineté" marocaine sur le Sahara occidental - a encore avivé les tensions avec l'Algérie, soutien de la cause palestinienne, qui a dénoncé des "manoeuvres étrangères" visant à la déstabiliser.

>> Lire aussi: L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc

Plan d'autonomie demandé

Cette ex-colonie espagnole, considérée comme un "territoire non autonome" par l'ONU en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

Rabat propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté alors que le Polisario réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU.

Alger a accusé en outre le Maroc et Israël de soutenir le MAK (Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie), une organisation indépendantiste, ainsi que l'organisation islamo-conservatrice Rachad, deux mouvements classés comme "terroristes" par l'Algérie et qui sont basés à l'étranger.

La rupture des relations était une décision que l'Algérie devait prendre afin d'envoyer le "message approprié" au Maroc après "des actes hostiles à la souveraineté et à l'unité de l'Algérie", a dit mardi Ramtane Lamamra sur la chaîne CNN International.

>> Lire aussi: Le Maroc et Israël signent de nouveaux accords de coopération

Geste d'apaisement du roi

Cette décision était "une manière civilisée de mettre un terme à une situation qui ne pouvait durer davantage sans causer de dommages et qui risquait de mener les deux pays vers une voie non souhaitable", a-t-il dit. Il s'agissait d'une situation "anormale qui devait cesser de toutes façons".

Dans un geste d'apaisement, le roi du Maroc Mohammed VI a adressé samedi un message de "condoléances et de compassion" au président Tebboune à la suite du décès à l'âge de 84 ans de l'ex-chef d'Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, ainsi qu'à la famille du défunt.

>> Les décennies d'impasse au Sahara occidental expliquées dans Geopolitis:

Des décennies d’impasse au Sahara occidental [RTS]
Des décennies d’impasse au Sahara occidental / Geopolitis / 3 min. / le 24 janvier 2021

jfe avec agences

Publié Modifié