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Deux Afghans veulent s'exprimer devant l'Assemblée générale de l'ONU

L'Assemblée générale des Nations Unies se tient actuellement à New York [John Angelillo - Keystone/Pool Photo via AP]
Deux Afghans veulent s'exprimer devant l'Assemblée générale de l'ONU / La Matinale / 1 min. / le 23 septembre 2021
A New York, l'Assemblée générale des Nations unies se poursuit et l'Afghanistan veut être entendu. Mais qui s'exprimera à la tribune? Deux demandes sont pendantes, de la part du nouveau ministre des Affaires étrangères et de l'ambassadeur afghan à l'ONU, nommé par l'ancien gouvernement.

Amir Khan Muttaqi, turban noir, regard sombre, barbe bien fournie, est le nouveau ministre afghan des Affaires étrangères, nommé par le régime taliban, et Ghulam Isaczai, costume trois pièces parfaitement taillé, rasé de près, était l'ambassadeur à l'ONU de l'ancien gouvernement afghan déchu. Tous deux souhaitent s'adresser à l'Assemblée générale des Nations unies qui se déroule actuellement à New York.

Les requêtes concurrentes sont arrivées entre le 15 et le 20 septembre. Elles sont pendantes sur le bureau de la commission des accréditations.

Très faible chance que les talibans soient entendus

Les chances sont très faibles. Selon les Etats-Unis, la commission dont ils sont membres ne se réunira pas avant novembre. L'Assemblée générale de l'ONU sera alors terminée. Il n'y a d'ailleurs pas d'urgence.

Selon le ministre allemand des Affaires étrangère, un show des talibans à New York n'apporterait rien. Pour Heiko Maas, il faut évidemment parler avec les talibans, mais par les canaux mis en place ces dernières semaines.

Garanties demandées

De nombreux Etats demandent aux talibans des garanties avant de les reconnaître, que ce soit le respect des droits des femmes, le droit à l'éducation pour toutes et tous, la lutte contre le trafic de drogue, la garantie des droits des Afghans qui ont travaillé avec la coalition internationale ou encore la liberté de quitter le pays pour ceux qui le souhaitent.

Pour le moment, les mollahs afghans ont fait quelques promesses. La communauté internationale attend désormais des actes.

Les talibans tentent également de séduire leur grand voisin chinois, moins regardant sur les droits humains, en parlant intérêts stratégiques, économie, infrastructures ou énergie. Ils doivent également montrer qu'ils sont prêts à empêcher l'émergence de nouveaux groupes terroristes sur leur territoire.

Selon plusieurs analystes, en rassurant les puissances régionales, Chine, Russie et Pakistan, le nouveau régime fera un grand pas vers la reconnaissance internationale et sa première apparition à la tribune onusienne. En 2022.

Nicolas Vultier/ebz

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