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Le héros du film "Hôtel Rwanda" a été condamné à 25 ans de prison

Paul Rusesabagina arrive à son procès en uniforme de prisonnier le 25 septembre 2020. [AP Photo/Muhizi Olivier - Keystone]
Héros du film "Hôtel Rwanda", Paul Rusesabagina reconnu coupable de terrorisme / Le Journal horaire / 44 sec. / le 20 septembre 2021
Paul Rusesabagina, ancien hôtelier dont l'histoire a inspiré le film "Hôtel Rwanda" et devenu un féroce critique du régime rwandais, a été condamné lundi à 25 ans de prison après avoir été reconnu coupable de "terrorisme".

La prison à vie avait été requise, mais le tribunal a décidé "de réduire sa peine à 25 ans", a déclaré la juge Beatrice Mukamurenzi.

"Il a fondé une organisation terroriste, il a contribué financièrement à des activités terroristes", a précisé la juge au sujet de l'ancien directeur de l'Hôtel des Mille Collines à Kigali, jugé pour son soutien au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques ayant fait 9 morts au Rwanda en 2018 et 2019.

Prison à vie requise

Paul Rusesabagina, 67 ans, a été rendu célèbre par le film "Hotel Rwanda" sorti en 2004, qui a raconté comment ce Hutu modéré a sauvé plus de 1000 personnes durant le génocide de 1994 qui a fait 800'000 morts, principalement des Tutsi.

Après avoir été arrêté dans des conditions controversées à Kigali en août 2020, ce virulent opposant à Paul Kagame a été jugé, avec 20 autres personnes, de février à juillet pour neuf chefs d'accusation, dont celui de "terrorisme".

Bras armé d'un mouvement politique en cause

Paul Rusesabagina a participé à la fondation en 2017 du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont le FLN est considéré comme le bras armé, mais il a toujours nié toute implication dans ces attaques.

Les cinq mois de procès ont vu des témoignages contradictoires sur son rôle. Un porte-parole du FLN a déclaré qu'il n'avait "pas donné d'ordres aux combattants du FLN". Un autre coaccusé a, lui, affirmé que tous les ordres venaient de lui.

Procès politique dénoncé

Ni l'accusé, qui pourra faire appel, ni ses avocats n'étaient présents à la lecture du verdict. Ils ont boycotté les audiences depuis mars, dénonçant un procès "politique" rendu possible par son "enlèvement" organisé par les autorités rwandaises, ainsi que des mauvais traitements en détention.

Sa famille et ses soutiens n'ont eu de cesse de dénoncer "un spectacle mis en place par le gouvernement rwandais pour faire taire un critique et refroidir toute dissidence future".

"Jugé aussi équitablement que possible"

Dans un interview début septembre, le président rwandais Paul Kagame avait répondu aux critiques, assurant que Paul Rusesabagina serait "jugé aussi équitablement que possible".

Ce procès "n'a rien à voir avec le film (ni) avec son statut de célébrité", avait-il affirmé: "Il s'agit des vies de Rwandais perdues à cause de ses actions et à cause des organisations auxquelles il appartenait ou qu'il dirigeait".

afp/cab

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La Belgique dénonce le procès

Paul Rusesabagina - qui a aussi la nationalité belge - "n'a pas bénéficié d'un procès juste et équitable", a dénoncé lundi la ministre belge des Affaires étrangères, Sophie Wilmès.

"Malgré les appels répétés de la Belgique à ce sujet, force est de constater que Paul Rusesabagina n'a pas bénéficié d'un procès juste et équitable; particulièrement en ce qui concerne les droits de la défense", a indiqué dans un communiqué la ministre, estimant que "la présomption d'innocence n'a pas été respectée", et que "ces éléments de facto remettent en question le procès et le jugement".