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En Guinée, une consultation en vue d'une passation de pouvoir aux civils

Des supporters du leader de la junte, le colonel Mamady Doumbouya [JOHN WESSELS - AFP]
En Guinée, la junte organise une consultation en vue d'une transition / Le Journal horaire / 1 min. / mardi à 09:00
Les militaires qui ont pris le pouvoir en Guinée ont ouvert mardi quatre jours de consultation tous azimuts pour définir le contenu d'une transition. Le but est de ramener les civils à la tête du pays, bien qu'aucune date n'a été fixée.

Les chefs des partis politiques, puis ceux des confessions religieuses, vont se succéder auprès des putschistes jusqu'à vendredi. Ils seront suivis par la société civile, les diplomates étrangers, les patrons des compagnies minières ou encore les syndicats d'ici à la fin de la semaine.

Un vendeur de lunettes passe devant une affiche géante du leader de la junte Colonel Mamady Doumbouya [JOHN WESSELS - AFP]Un vendeur de lunettes passe devant une affiche géante du leader de la junte Colonel Mamady Doumbouya [JOHN WESSELS - AFP]Au Palais du peuple, siège du Parlement, des dizaines de représentants des partis politiques se bousculaient pour passer une porte étroite gardée par des soldats.

"Habituellement on est invités, mais là, vu la situation politique, ça se passe comme ça", a déclaré à l'AFP Jules Tolno, chef du Parti du peuple guinéen, qui comme les autres formations a appris cette convocation par les communiqués de la junte lus à la télévisions nationale.

Situation tendue

Cette nouvelle phase cruciale pour l'avenir de la Guinée, après les mesures de l'immédiat après-putsch, s'ouvre dans une complète incertitude sur les plans de la junte et sa faculté à surmonter une multitude d'obstacles majeurs, qu'il s'agisse du délabrement du système politique, de la multiplicité des intérêts particuliers, des possibles rancoeurs ou encore d'une corruption réputée omniprésente.

A présent retenu captif, le président Alpha Condé, réélu pour un troisième mandat en octobre 2020, après des mois de contestation meurtrière, s'était enfermé dans un exercice présidentiel de plus en plus solitaire et autoritaire.

>> Relire: Alpha Condé proclamé président après des mois de protestations

Les forces spéciales commandées par le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya l'ont déposé le 5 septembre. Leur opération a été menée en quelques heures au prix présumé d'une dizaine ou une vingtaine de morts. Cette éviction a suscité des scènes de liesse chez des Guinéens, exaspérés par la pauvreté, l'accaparement des revenus tirés des vastes ressources minières, le clientélisme et la répression des libertés.

Grand chambardement

La junte a dissous le gouvernement et les institutions, aboli la Constitution, remplacé ministres, gouverneurs et préfets par des administrateurs et des militaires.

>> Relire: En Guinée, les putschistes convoquent autoritairement les anciens ministres

Elle a voulu signifier ses bonnes intentions en libérant des dizaines de prisonniers d'opinion, en supprimant des barrages dressés dans les quartiers favorables à l'opposition, en veillant à réprimer les exactions de forces de sécurité connues pour leurs abus. Mais également en nommant une générale gouverneure de Conakry. Celle-ci a promis de se garder de toute "chasse aux sorcières" politique.

Le flou subsiste

Forts d'une espèce d'état de grâce, les militaires ouvrent la concertation qu'ils ont promise dès le lendemain du putsch "pour décrire les grandes lignes de la transition", qu'un futur "gouvernement d'union nationale" sera chargé de conduire.

Le lieutenant-colonel Doumbouya n'a toutefois rien dit sur le possible contenu de cette transition, sa durée et quel rôle lui et les militaires y joueraient. Il n'a rien dit non plus sur les élections.

ats/ami

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Au Mali, la transition s'est mal passée

Chez le voisin malien, les colonels qui avaient renversé en août 2020 le président réélu un an auparavant avaient rédigé une feuille de route et une charte, acte fondamental de la transition. Ils avaient dû s'engager sous la pression de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à une transition limitée à 18 mois et conduite par des civils.

Depuis, les colonels ont pris de force la présidence de la transition malienne sans que la Cédéao puisse l'empêcher. La tenue des élections prévues en février 2022 est de plus en plus douteuse.

Conakry, capitale de la Guinée