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L'ONU dénonce les violences du régime taliban contre les opposants afghans

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. [Pool/EPA/Keystone - Michael Kappeler]
L'Onu dénonce des violences des talibans / Le Journal horaire / 34 sec. / le 10 septembre 2021
L'ONU a accusé vendredi les talibans de violer le droit international en recourant à la force contre les manifestations. Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme les a appelés vendredi à cesser les violences et les détentions arbitraires.

Le recours à la force "augmente" contre les protestataires, notamment les femmes, a déclaré à la presse une porte-parole de l'organisation à Genève, précisant que les talibans ont utilisé des munitions létales, des bâtons ou d'autres armes.

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Ils doivent "cesser le recours à la force et les détentions arbitraires", a ajouté la porte-parole. Et se conformer aux obligations internationales de l'Afghanistan.

Quatre morts dans des manifestations

Depuis la semaine dernière, au moins quatre personnes ont été tuées et d'autres ont été blessées ou arrêtées dans les manifestations, dont une vingtaine de travailleurs des médias. Mais le nombre pourrait être plus élevé, selon l'ONU.

Autre problème, les talibans ont perpétré des assassinats contre des membres des forces de sécurité et des responsables liés aux précédents gouvernements depuis leur retour au pouvoir malgré leur promesse d'amnistie, selon l'émissaire de l'ONU en l'Afghanistan.

>> Les journalistes menacés en Afghanistan? L'interview de Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse :

Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse. [RTS]RTS
Reporters sans Frontières appelle à accueillir les journalistes menacés en Afghanistan: interview de Denis Masmejan / Le 12h30 / 4 min. / le 9 septembre 2021

Des restrictions sur les droits des femmes

De nombreux rassemblements ont eu lieu depuis le contrôle du pays par les talibans. Si bien que mercredi, les autorités ont décidé d'interdire toute manifestation non autorisée. Le régime taliban a ensuite ordonné jeudi de couper internet dans certaines zones de Kaboul.

Des restrictions ont été établies sur les droits des femmes et les Afghanes ont le droit de protester pour leur accès au travail, aux libertés ou à leur participation politique, explique l'ONU, qui déplore que le nouveau pouvoir ne les ait pas associées au gouvernement. Les représentants des minorités en ont également été exclus.

>> Sur le même sujet, lire : Antonio Guterres craint que le scénario afghan ne fasse des émules au Sahel

agences/jop

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Un nouveau vol d'évacuation

Un total de 49 ressortissants français et membres de leurs familles ont été évacués vendredi de Kaboul vers Doha, avec le deuxième vol depuis la fin du pont aérien occidental et le départ des Américains d'Afghanistan fin août.

Ces ressortissants seront ensuite ramenés à Paris - à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle - sur un vol affrété par le ministère français des Affaires étrangères, a précisé celui-ci, en remerciant les autorités qataries pour leur "aide déterminante".

Le gouvernement français reste "pleinement mobilisé pour assurer de nouvelles évacuations dès que possible" de ressortissants qui resteraient sur place ou d'Afghans menacés par les talibans, a ajouté le Quai d'Orsay.

Réunion de crise et appels au dialogues depuis Genève

Genève sera au centre des efforts pour garantir une aide aux Afghans dès lundi. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres va réunir une séance ministérielle hybride pour récolter 553 millions de francs jusqu'à la fin de l'année. Ignazio Cassis sera présent physiquement, et viendra répéter la rallonge de 33 millions de francs décidée il y a quelques jours par le Conseil fédéral. L'Allemand Heiko Maas ou le Britannique Dominic Raab devraient assister physiquement à la réunion.

Face à la menace d'une "catastrophe humanitaire", l'ONU et ses partenaires souhaitent apporter nourriture et assistance pour 10,8 millions de personnes jusqu'à fin décembre.

Dès la débâcle de l'armée afghane face aux talibans, la Suisse s'était immédiatement dite prête à accueillir une réunion politique ou humanitaire sur ce pays.

Le défi pour l'ONU est de garantir le maintien d'une aide importante en Afghanistan malgré les réticences ou la méfiance de certains pays depuis que les talibans contrôlent le pays.

Un responsable de l'Organisation mondiale de la santé a laissé entendre il y a quelques jours que des coupures de financement par certains Etats pourraient avoir lieu. Ainsi, alors que les ambassadeurs afghans à Genève et à New York réclament eux-mêmes une attitude plus robuste face au groupe Emirat islamique, Antonio Guterres appelle de son côté au dialogue.

Opération de la Chaîne du Bonheur

La Chaîne du Bonheur a lancé un appel aux dons pour financer les besoins humanitaires en Afghanistan, accentués depuis l'arrivée des talibans. Les dons peuvent être adressés sur le CP 10-15000-6 ou sur www.bonheur.ch.