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L'OMS réitère son opposition aux doses de rappel – Le suivi du Covid-19 dans le monde

Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. [Salvatore Di Nolfi - KEYSTONE]
Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus. [Salvatore Di Nolfi - KEYSTONE]
L'OMS a demandé une nouvelle fois mercredi que les personnes vaccinées contre le Covid-19 ne reçoivent pas de doses de rappel afin que les fioles soient envoyées dans les pays pauvres qui n'ont pu immuniser qu'une infirme partie de leur population.

OMS - Demande de prolongation du moratoire sur la 3e dose

"Pour l'instant, nous ne souhaitons pas voir une utilisation généralisée des doses de rappel pour les personnes en bonne santé qui sont entièrement vaccinées", a déclaré le directeur général de l'organisation Tedros Adhanom Ghebreyesus au cours d'une conférence de presse. "Je ne resterai pas silencieux lorsque les entreprises et les pays qui contrôlent l'approvisionnement mondial en vaccins pensent que les pauvres du monde doivent se contenter des restes", a-t-il lancé, irrité.

Début août, le patron de l'OMS avait voulu décréter un moratoire sur les doses de rappel jusqu'à fin septembre, mais plusieurs pays riches lui ont publiquement opposé une fin de non recevoir et lancé leur campagne de rappel de vaccination, dite de troisième dose. Mercredi, Tedros Adhanom Ghebreyesus a malgré tout appelé "à un prolongation du moratoire au moins jusqu'à la fin de l'année 2021 pour permettre à chaque pays de vacciner au moins 40% de sa population".

Consternation

L'OMS n'a de cesse de dénoncer les difficultés d'accès aux vaccins dans les pays pauvres. Le directeur s'est par ailleurs dit "consterné" par les déclarations de l'industrie pharmaceutique qui a indiqué mardi que la production de vaccins contre le Covid-19 serait bientôt plus que suffisante pour assurer la vaccination pour tous.

"En réalité, les fabricants ont depuis longtemps la capacité de vacciner non seulement leurs propres groupes prioritaires, mais de soutenir simultanément la vaccination de ces mêmes groupes dans tous les pays. Nous avons les solutions pour arrêter la transmission [du virus] et sauver des vies. Mais ces solutions ne sont pas bien utilisées ni bien partagées", a-t-il insisté.

UE - Six pays, dont le Japon, visés par un retour des restrictions de voyage

Les ambassadeurs des Vingt-Sept ont approuvé mercredi le retour des restrictions à l'encontre des voyageurs venant de six pays dont le Japon, tandis que les touristes en provenance d'Uruguay, même non vaccinés contre le Covid-19, peuvent désormais être admis dans l'UE, a-t-on appris de sources européennes.

Outre le Japon, la Serbie, l'Azerbaïdjan, l'Albanie, l'Arménie et Brunei sont également retirés de la liste des pays dont les voyageurs sont autorisés à entrer dans l'UE pour des déplacements non essentiels, selon cette recommandation. Elle doit encore être formellement adoptée par le Conseil, institution représentant les Etats membres. Ces restrictions ne concernent toutefois pas les voyageurs totalement vaccinés.

THAILANDE - Dépistage de masse à Bangkok

A Bangkok, une campagne de dépistage massive du Covid-19 est en cours à Khlong Toei, le plus important bidonville de la capitale thaïlandaise, où vivent entassées quelque 100'000 personnes, alors que le royaume lutte depuis plusieurs mois contre une troisième vague épidémique meurtrière.

En Thaïlande, se faire tester est payant et un seul test représente environ un tiers du revenu mensuel moyen à Khlong Toei, estimé à 150 dollars.Un membre de l'organisation Bangkok Community Help Foundation procède à un test antigénique rapide sur un résident de Khlong Toei. [Lillian Suwanrumpha  - AFP]Un membre de l'organisation Bangkok Community Help Foundation procède à un test antigénique rapide sur un résident de Khlong Toei. [Lillian Suwanrumpha - AFP]

La Bangkok Community Help Foundation, une organisation caritative, a lancé une campagne de dépistage de masse pour tenter d'identifier les cas et empêcher le bidonville de devenir un réservoir qui réinfecte toute la ville. Pour encourager les résidents à venir se faire tester, l'ONG leur offre en contrepartie du riz, des jus de fruits ou encore un repas gratuit.

A Khlong Toei, de nombreux habitants n'ont aucun filet de sécurité et souffrent d'un sentiment d'abandon. En plus des tests, la fondation a distribué 3000 repas par jour à la communauté, ainsi que des trousses de soins et des médicaments.

FRANCE - Etat d'urgence déclaré en Nouvelle-Calédonie

La France a décrété mercredi l'état d'urgence sanitaire en Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique, permettant d'encadrer les mesures de confinement en vigueur depuis mardi et alors que plusieurs cas de contaminations au Covid-19 sont apparus ces derniers jours. L'état d'urgence entre en vigueur mercredi à minuit, selon le décret présenté par le Premier ministre.

Cette déclaration vaut pour un mois, sa période prévue par le code de santé publique, mais l'Assemblée nationale a donné mardi soir un premier feu vert à une prorogation, jusqu'au 15 novembre, de l'état d'urgence sanitaire dans la grande majorité des territoires ultramarins, durement touchés par le rebond de la crise du coronavirus.

Cette extension, qui permet notamment d'instaurer ou maintenir des mesures de couvre-feu et de confinement, concerne la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélémy et Saint-Martin dans les Antilles françaises, ainsi que la Guyane, la Réunion et la Polynésie française. La Nouvelle-Calédonie a été ajoutée à cette liste par un amendement du gouvernement adopté en séance.

SUEDE - Levée prochaine de la quasi-totalité des restrictions

Le gouvernement suédois a annoncé que la quasi-totalité des restrictions anti-Covid seront levées le 29 septembre. Il justifie cette décision par l'avancée du programme de vaccination et la bonne situation épidémique.

Après cette date, seules demeureront des recommandations générales d'hygiène accrue et de distanciation dans les lieux publics, même si le gouvernement envisage d'introduire un pass vaccinal pour les grands évènements, a annoncé l'exécutif.

Le pays nordique s'est distingué durant la crise en ne confinant pas mais avait appelé à télétravailler au maximum, introduit des plafonds de rassemblements ou encore mis en place des restrictions sur les tablées et les heures d'ouverture des restaurants ou des bars, dont certaines sont toujours en vigueur.

La levée progressive de ces mesures avait été programmée en mai dans le cadre d'un plan en cinq étapes, dont la quatrième à la fin septembre.

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JAPON - Pas de Coupe du monde des clubs de foot

La fédération japonaise de football (JFA) a renoncé à accueillir la Coupe du monde des clubs en décembre, en raison des restrictions dues à la crise sanitaire, rapporte la presse nippone mercredi.

"Le risque d'une augmentation du nombre d'infections et la difficulté à engranger un bénéfice à cause d'une probable limitation du nombre de spectateurs ont influé sur cette décision", écrit l'agence de presse Kyodo, qui cite des sources anonymes.

Toujours selon Kyodo, la JFA est en discussion avec la FIFA, qui pourrait repousser à début 2022 la compétition, opposant chaque année les clubs vainqueurs des principales compétitions continentales et des représentants du pays hôte.

INDE - Restrictions pour la saison des fêtes religieuses

Les autorités indiennes vont imposer des restrictions à l'occasion des principales fêtes hindoues qui débutent cette semaine et drainent habituellement d'immenses foules, invoquant la menace d'une autre vague de Covid-19 déjà prête à frapper.

Après une flambée dévastatrice du coronavirus en avril et mai, les gouvernements des Etats de ce pays de 1,3 milliard d'habitants s'inquiètent de la situation sanitaire à l'approche de la fête populaire hindoue de Ganesh qui commence vendredi et dure onze jours.

Les processions du premier et du dernier jour du festival, qui attirent généralement des flots humains dans les rues, seront notamment interdites dans l'Etat du Maharashtra. Dans l'État voisin du Karnataka, un couvre-feu nocturne restera en place et les districts affichant des taux de dépistage positifs élevés se verront interdire l'organisation des célébrations.

VENEZUELA - Première livraison de vaccins Covax

Le Venezuela a reçu mardi une première livraison de vaccins contre le Covid-19 par le biais du mécanisme international Covax, après des mois de controverse et une guerre de déclarations, a confirmé l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Quelque 700'000 doses du vaccin chinois Sinovac sont arrivées à Caracas.

Cette livraison a mis entre parenthèses des mois de polémique autour des retards de paiement et de livraison sur fond de sanctions financières internationales.

Le pouvoir dénonçait le gel des avoirs vénézuéliens à l'étranger dans le cadre des sanctions contre le Venezuela, destinées à évincer le président Nicolas Maduro du pouvoir pour justifier des retards de paiements de 120 millions de dollars pour quelque 11,3 millions de doses. Nicolas Maduro avait même lancé en juillet un médiatique ultimatum au mécanisme Covax: "Ou on nous envoie les vaccins ou on nous rend l'argent".

ZIMBABWE - Les fonctionnaires non vaccinés seront contraints de démissionner

Le gouvernement du Zimbabwe a annoncé mardi qu'il allait contraindre les fonctionnaires, dont les enseignants, à démissionner s'ils ne se font pas vacciner. Harare souhaite ainsi augmenter le nombre de vaccinations dans le pays.

Ce pays d'Afrique australe a déjà rendu obligatoire le vaccin pour se rendre sur les marchés, dans les salles de sport, les restaurants et les examens universitaires. Certaines entreprises privées ont également obligé leurs salariés à se faire vacciner.

Ces mesures ont déclenché l'indignation chez certains, mais aussi engorgé les centres de vaccination, pauvrement approvisionnés et devant lesquels il n'est pas rare de voir des files d'attente se former dès 4h du matin pour tenter d'obtenir une dose.

RTSinfo avec les agences

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Covax ambitionne de vacciner 20% de la population mondiale des pays pauvres

Le programme Covax espère vacciner cette année 20% de la population mondiale des pays pauvres contre le Covid-19, bien en deçà des objectifs initiaux, ont indiqué mercredi les fondateurs du mécanisme de financement international, dont l'Alliance du vaccin (Gavi) et l'OMS.

Dans un communiqué conjoint, ils ont souligné que l'inégalité d'accès reste "inacceptable", avec seulement 20% des habitants des pays à revenu faible et moyen inférieur qui ont reçu une première dose de vaccin, contre 80% dans les pays à revenu élevé et moyen supérieur.

Il manque plus de 500 millions de doses

Selon ses dernières prévisions publiées mercredi, Covax espère disposer d'un total de 1,425 milliard de doses en 2021, alors que le système tablait initialement sur deux milliards. Covax espère désormais atteindre cette échéance au premier trimestre de 2022.

"Aujourd'hui, la capacité de Covax à protéger les personnes les plus vulnérables dans le monde continue d'être entravée par les interdictions d'exportation, la priorité accordée aux accords bilatéraux entre les fabricants et les pays, les difficultés à augmenter la production de certains producteurs clés et les retards dans le dépôt des demandes d'homologation", ont indiqué les fondateurs du programme.

L'ONU refuse de reporter la COP26

L'ONU a refusé mardi de reporter la COP26 de novembre à Glasgow, comme le demandaient les ONG qui estimaient que la cruciale conférence sur le climat ne pourrait être "juste et inclusive" en raison des difficultés des pays pauvres pour y accéder, entre inégalités de vaccination et coûteuse quarantaine.

La multiplication des événements météorologiques extrêmes est en accord avec les prévisions des scientifiques du Giec qui ont lancé début août une nouvelle alerte pour l'humanité: la planète pourrait atteindre le seuil de +1,5°C autour de 2030, dix ans plus tôt qu'estimé, menaçant le monde de nouveaux désastres "sans précédent".

>> Lire aussi: Le réchauffement climatique s'accélère, alerte le GIEC dans un rapport choc

Dans ce contexte, la COP26, qui doit accueillir des milliers de personnes du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow, est vue comme un jalon capital pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Mais "à seulement deux mois de l'échéance, il est évident qu'une conférence sûre, inclusive et juste est impossible, étant donné l'échec à soutenir l'accès aux vaccins [...] dans les pays pauvres, les coûts en hausse des voyages et du logement et l'incertitude sur l'évolution de la pandémie de Covid-19", estime le Climate Action Network (CAN), réseau qui regroupe plus de 1500 ONG dont Greenpeace, WWF, Action Aid, Oxfam ou encore Amnesty international.

Les chiffres dans le monde

La pandémie de Covid-19 a fait au moins 4'583'765 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP mercredi matin. Plus de 221'815'260 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués.

Sur la journée de mardi, 9'587 nouveaux décès et 690'690 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 650'511 décès pour 40'280'001 cas recensés. Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont le Brésil avec 584'171 morts (20'913'578 cas), l'Inde avec 441'411 morts (33'096'718 cas), le Mexique avec 264'541 morts (3'449'295 cas) et le Pérou avec 198'568 morts (2'156'451 cas).

L'Europe dénombre 1'264'735 décès et 64'306'000 cas.

>> La carte des contaminations dans le monde (depuis le début de la pandémie):