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Andrew Card, l'homme qui a chuchoté à l'oreille de George W. Bush le 11 septembre 2001

Le jour des attentats, le président George W. Bush effectue une lecture dans une école en Floride. Il est discrètement informé des attaques sur le World Trade Center. [Paul J. RICHARDS - AFP]
Andrew Card: l’homme qui a annoncé à George Bush les attentats du 11 septembre / Tout un monde / 5 min. / le 6 septembre 2021
"Mon nom est Andrew Card Jr. J'étais le chef de cabinet du président George W. Bush. Et j'ai eu la responsabilité de l'informer des attaques contre les Etats-Unis, le 11 septembre 2001." Dans l'émission de la RTS Tout un monde Andrew Card Jr. raconte les coulisses d'une image entrée dans l'histoire.

Ce 11 septembre 2001, le président des Etats-Unis George W. Bush est en visite dans une école primaire de Sarasota, en Floride. Il fait la promotion du programme "No Child Left Behind", qui vise à relever le niveau de qualité de l'enseignement.

Le jour des attentats, le président George W. Bush effectue une lecture dans une école en Floride. Il est discrètement informé par Andrew Card Jr. des attaques sur le World Trade Center. [DOUG MILLS - KEYSTONE]Le jour des attentats, le président George W. Bush effectue une lecture dans une école en Floride. Il est discrètement informé par Andrew Card Jr. des attaques sur le World Trade Center. [DOUG MILLS - KEYSTONE]Les équipes du président lui avaient parlé d'un petit avion de tourisme qui se serait écrasé contre l'une des tours jumelles de New York. Le président pense alors à une crise cardiaque du pilote. Les minutes s'écoulent. Le petit avion de tourisme est en réalité un avion de ligne. Et puis un deuxième avion percute les tours. Andrew Card a quelques secondes pour agir.

>> Le dossier sur les 20 ans du 11 septembre 2001: Semaine spéciale 11 septembre

"America is under attack"

"J'ai ouvert la porte de la salle de classe et je suis arrivé derrière le président", raconte Andrew Card Jr. lundi dans Tout un monde. "Il ne m'a pas vu entrer dans la salle. A un moment, la maîtresse demande aux élèves de sortir leur livre afin de lire un texte avec le président. C'est à ce moment que j'ai marché vers le président. Je m'approche et je lui souffle à l'oreille. "Un deuxième avion a frappé la seconde tour. L'Amérique subit une attaque."

"America is under attack". George W. Bush n'esquisse aucune réaction "pour ne pas paniquer les enfants" se souvient Andrew Card. "Pour moi, c'est comme si c'était hier, explique-t-il. Ce qui s'est déroulé ce jour-là, les challenges auxquels nous avons dû faire face, ils nous accompagnent encore aujourd'hui. C'est pour cela qu'il ne faut jamais oublier. Et particulièrement les presque 3000 personnes qui ont péri à cause de ces attaques."

Le retrait américain d'Afghanistan ne symbolise pas la fin d'une époque. Au contraire, nous avons même une plus grande responsabilité, celle de s'assurer que ce qui s'est passé le 11 septembre 2001 ne se reproduise plus jamais

Andrew Card Jr. [AMY SUSSMAN - GETTY IMAGES VIA AFP]
Andrew Card Jr., ancien chef du cabinet de George W. Bush

Les 20 ans du 11 septembre 2001 résonnent aussi avec le retrait des troupes américaines d'Afghanistan. "Malheureusement, je ne pense pas que ce retrait va créer une situation où nous n'aurons plus besoin de nous préoccuper des menaces terroristes", estime Andrew Card.

Et d'ajouter: "Il apparaît que les talibans vont devenir la nouvelle puissance émergente en Afghanistan. Ils ont été ceux qui ont accueilli Al Qaïda. Ce retrait américain ne symbolise donc pas la fin d'une époque. Au contraire, nous avons même une plus grande responsabilité, celle de s'assurer que ce qui s'est passé le 11 septembre 2001 ne se reproduise plus jamais."

Fin de l'unité nationale

Le 11 septembre 2001 avait conduit à un moment de patriotisme et d'unité aux Etats-Unis. Vingt ans plus tard, ce sentiment semble être du passé. Andrew Card Jr. s'inquiète de la montée du "tribalisme" aux Etats-Unis "qui a poussé les gens à faire des choses inimaginables".

"Je pense que tous nos dirigeants devraient travailler ensemble pour pousser les gens à participer au processus démocratique, au lieu de les inciter à prendre les armes et à se battre", souligne l'ancien chef du cabinet de George W. Bush. "Je n'aime pas l’état dans lequel se trouve notre démocratie actuellement. Nous devons reprendre cela en main, car il devient difficile pour nous, Américains, d'être cette lumière sur la colline. De dire aux gens: 'Suivez-nous! Nous somme cette grande démocratie!' Actuellement, l'image de notre démocratie est ternie."

Je n'aime pas l’état dans lequel se trouve notre démocratie actuellement

Andrew Card Jr. [AMY SUSSMAN - GETTY IMAGES VIA AFP]
Andrew Card Jr., ancien chef du cabinet de George W. Bush

Andrew Card Jr. estime que c'est la démocratie qui "est attaquée". "Je ne dis pas que nous avons besoin d'un déploiement militaire face à ce genre d'attaques qui menacent notre démocratie. Je pense que nous avons besoin d'une réponse démocratique. Que les gens s'impliquent en politique et donnent le meilleur d'eux-mêmes. Nous devons nous assurer que chacun se sente inclus dans ce projet, même lorsque nous avons des opinons contraires."

>> Le retour sur la journée du 11 septembre 2001 dans La Matinale:

Zoom (vidéo) - Les 20 ans des attentats du 11 septembre 2001: retour sur une journée historique [RTS]
Zoom (vidéo) - Les 20 ans des attentats du 11 septembre 2001: retour sur une journée historique / La Matinale / 2 min. / le 6 septembre 2021

Raphaël Grand/vajo

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