La semaine spéciale pour les 20 ans du 11 Septembre. [RTS]
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Les Etats-Unis commémorent le 20e anniversaire des attentats du 11-Septembre

- Les Etats-Unis commémorent samedi le 20e anniversaire des attentats du 11-Septembre, lors d'une cérémonie sur les lieux des attaques à New York, devenu le Ground Zero. Les familles des victimes et les autorités ont été seules à y participer.

- Le 11 septembre 2001, les Etats-Unis étaient frappés en plein coeur par la plus importante série d'attentats de leur histoire, causant la mort de 2977 personnes.

- Ce jour-là, quatre avions de ligne étkubaient détournés par 19 terroristes pour être lancés contre des bâtiments hautement symboliques des États-Unis. Deux ont détruit le World Trade Center à New York, un a endommagé le Pentagone près de Washington et le dernier n'a pas atteint sa cible et s'est écrasé en Pennsylvanie.

- Ces attaques ont ouvert de nouveaux et longs conflits, au nom de la lutte contre le terrorisme, en Afghanistan et en Irak.

- Toute la semaine, la RTS a proposé des émissions spéciales pour revenir sur cet événement qui a modifié en profondeur la géopolitique mondiale des vingt dernières années.

- La RTS a tenu une édition spéciale de trois heures sur RTS2 pour suivre en direct les images des commémorations américaines présidées par Joe Biden.

Emission spéciale

Retour sur une journée de cérémonies

Retrouvez les trois heures d'émission spéciale de la RTS sur les 20 ans du 11-Septembre, qui ont permis de suivre en direct les commémorations américaines, entrecoupées d'analyses, de témoignages et d'images d'archives.

>> Revoir l'émission spéciale diffusée sur RTS2:

Emission spéciale - Commémorations 11 septembre [RTS]
Emission spéciale - Commémorations 11 septembre / Edition spéciale / 174 min. / le 11 septembre 2021

Biden au Pentagone

Joe Biden a conclu sa journée de commémoration au Pentagone

Joe Biden a conclu samedi les cérémonies d'hommage aux victimes du 11-Septembre, vingt ans après les pires attentats de l'histoire des Etats-Unis. Il s'est rendu au Pentagone, près de Washington, où un avion s'était écrasé, tuant 184 personnes.

Le quartier général du département de la Défense était le dernier acte du déplacement du président américain. Le démocrate s'est recueilli devant le mémorial du Pentagone, avec son épouse Jill, ainsi que la vice-présidente Kamala Harris et son mari Doug Emhoff, et ont participé à une cérémonie de dépôt de gerbes.

Retrait des troupes américaines d'Afghanistan

Joe Biden défend sa position en marge des cérémonies du 11-Septembre

Joe Biden a défendu samedi sa décision de retirer les troupes américaines d'Afghanistan, en marge des cérémonies du 20e anniversaire des attentats du 11-Septembre, affirmant que les Etats-Unis ne pouvaient "envahir" tous les pays où se trouve Al-Qaïda.

"Est-ce qu'Al-Qaïda pourrait revenir? Oui, mais je vais vous le dire, ils sont déjà de retour dans d'autres endroits", a-t-il dit aux journalistes à Shanksville, en Pennsylvanie, où l'un des quatre avions détournés par les djihadistes d'Al-Qaïda s'était écrasé il y a 20 ans.

"Quelle est la stratégie? Nous devons envahir tous les endroits où se trouve Al-Qaïda et y laisser nos troupes? Soyons sérieux!", a-t-il ajouté.

"Mission accomplie"

Le président des Etats-Unis, très critiqué pour le retrait chaotique d'Afghanistan le 31 août dernier, a répété qu'essayer d'unifier les Afghans avait été une erreur.

Joe Biden estime que les Américains avaient accompli leur mission en tuant Oussama Ben Laden, le fondateur d'Al-Qaïda, et en neutralisant le réseau djihadiste dans sa base afghane.

Donald Trump en visite dans une caserne de pompiers de Manhattan. [Jill Colvin - AP/Keystone]Donald Trump en visite dans une caserne de pompiers de Manhattan. [Jill Colvin - AP/Keystone]L'intervention américaine en Afghanistan avait été lancée après les attentats du 11-Septembre et avait finalement entraîné les Etats-Unis dans la guerre la plus longue de leur histoire.

En visite dans une caserne de pompiers de Manhattan, l'ex-président Donald Trump a très sévèrement critiqué samedi son successeur démocrate, rompant avec le climat d'unité nationale entourant les cérémonies de ce 20e anniversaire. Il a dénoncé l'"incompétence" de Joe Biden et déploré "l'horrible" retrait d'Afghanistan.

Un jugement impossible

Certains des commanditaires sont toujours à Guantanamo

Les attaques de l'organisation djihadiste Al-Qaida ont fait près de 3000 morts le 11 septembre 2001. Si le Saoudien Oussama Ben Laden était à la tête de l'organisation terroriste au moment des attentats, le "cerveau" des attaques est le Koweïtien Khaled Cheikh Mohamed. Il est actuellement emprisonné à Guantanamo.

Le jour des attaques, c'est l'Egyptien Mohammed Atta, un ingénieur diplômé en Allemagne, qui est le chef du commando. Il a obtenu le diplôme de pilote en quelques mois.

>> Le reportage du 19h30 sur l'organisation des attaques :

Les attaques coordonnées du 11 septembre 2001 mettent en lumière un réseau terroriste organisé [RTS]
Les attaques coordonnées du 11 septembre 2001 mettent en lumière un réseau terroriste organisé / 19h30 / 2 min. / le 11 septembre 2021

"Les vrais procès du 11 septembre n'auront jamais lieu"

Nicole Bacharan, politologue et spécialiste des Etats-Unis, explique dans le 19h30 que "les membres des équipes du 11 septembre sont évidemment tous morts dans les attentats. Mais les commanditaires et les complices ont été arrêtés et transportés à Guantanamo. Certains d'entre eux ont finalement quitté la prison à la suite d'échanges, et on les retrouve aujourd'hui au pouvoir à Kaboul."

"Et pour les autres, les procès sont en fait impossibles", souligne la spécialiste. "Ils passent devant des commissions militaires, à l'extérieur du territoire américain, puisque c'est à Guantanamo, donc hors de la juridiction américaine. Les tribunaux américains refusent d'entendre des aveux extorqués sous la torture. Les vrais procès du 11 septembre n'auront donc jamais lieu."

>> L'interview de Nicole Bacharan dans le 19h30 :

Nicole Bacharan, politologue: "La guerre contre le terrorisme implique plus de 80 nations dans le monde entier." [RTS]
Nicole Bacharan, politologue: "La guerre contre le terrorisme implique plus de 80 nations dans le monde entier." / 19h30 / 3 min. / le 11 septembre 2021

L'aviation bouleversée

Les attentats ont changé à jamais la façon de prendre l'avion

Le 11 septembre 2001, quatre avions ont été détournés, dont trois qui ont atteint leur cible. Les terroristes ont embarqué de manière tout à fait normale dans des aéroports américains. Ils ont passé les contrôles de sécurité sans être inquiétés. Au soir des attentats, les Etats-Unis et le monde découvrent la vulnérabilité de tout un secteur.

L'espace aérien nord américain a été fermé durant quatre jours. Dans les semaines qui suivent, la peur s'empare des voyageurs. Le trafic aérien plonge aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Selon un rapport de l'Association internationale du transport aérien, aux Etats-Unis, la demande a baissé de près d'un tiers dans les mois qui ont suivi les attaques.

"Avant, on pouvait facilement accéder au cockpit"

Ces attentats marquent également un tournant dans la sécurité aérienne. Deux mois après les attaques, les Etats-Unis adoptent une législation sur la sécurité de l'aviation et du transport. L'Europe lui emboîte le pas. La façon de voyager en avion aura alors définitivement changé.

>> Voir le sujet du 19h30:

Au lendemain du 11 septembre 2001, les contrôles dans les aéroports ont été drastiquement renforcés [RTS]
Au lendemain du 11 septembre 2001, les contrôles dans les aéroports ont été drastiquement renforcés / 19h30 / 2 min. / le 12 septembre 2021

"En terme de prise en charge du passager, le 11 septembre a marqué un changement total", explique dans Forum Xavier Tytelman, consultant en aéronautique. Avant, on voyageait heureux, souriant, c'était beaucoup moins invasif."

Il poursuit: "Prendre un avion, aller à l'aéroport, c'était beaucoup moins compliqué, il n'y avait pas besoin d'arriver trois heures en avance. Si on était souriant, on pouvait même demander d'accéder au cockpit. C'était des choses qui étaient faciles."

>> L'interview dans Forum de Xavier Tytelman: 

Des avions dans un aéroport américain. [AFP]AFP
Les conséquences du 11-Septembre sur l'aviation mondiale: interview de Xavier Tytelman / Forum / 7 min. / le 11 septembre 2021

Une émotion vive

La cérémonie a pris fin à New York

Les commémorations se sont terminées à New York. Pendant quatre heures, les familles se sont recueillies autour des fontaines du mémorial à Manhattan. Le président Joe Biden, son épouse et les anciens présidents Barack Obama et Bill Clinton étaient également présents.

>> Le reportage du 19h30 :

Hommages et recueillement, les États-Unis rendent hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001 [RTS]
Hommages et recueillement, les États-Unis rendent hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001 / 19h30 / 2 min. / le 11 septembre 2021

L'émotion était vive lors de la cérémonie. L'Amérique est encore extrêmement marquée par ces attentats, même 20 ans après. L'émotion s'est notamment faite ressentir parmi les policiers et pompiers, qui se sont déplacés depuis tout le pays.

La cérémonie s'est déroulée sobrement, sans discours officiel. Joe Biden a d’ailleurs quitté les lieux vers 9h44 – 15h44 en Suisse – pour rejoindre d'autres cérémonies en Pennsylvanie et à Washington.

>> Les précisions dans Forum des journalistes de la RTS sur place:

(de gauche à droite) L'ancien président Bill Clinton, l'ancienne première dame Hillary Clinton, l'ancien président Barack Obama, l'ancienne première dame Michelle Obama, le président Joe Bien, la première dame Jill Biden, l'ancien maire de New York Michael Bloomberg, la compagne de Bloomberg Diana Taylor, La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (D-CA), et le chef de la minorité du Sénat, Charles Schumer (D-NY), se lèvent pour l'hymne national pendant la cérémonie annuelle de commémoration du 11 septembre au National 9/11 Memorial and Museum, le 11 septembre 2021 à New York. [Chip Somodevilla - Keystone]Chip Somodevilla - Keystone
La commémoration des 20 ans du 11-Septembre a eu lieu à New-York / Forum / 6 min. / le 11 septembre 2021

Des recueillements partout à New York

La journée était particulière pour New York. Ses habitants n'ont rien oublié de ce 11 septembre qui a marqué durablement l’histoire de la ville. Ce matin, ils étaient nombreux dans les rues à se recueillir et se souvenir.

>> Les témoignages de New Yorkais dans le 19h30

Les habitants de New York n'ont pas oublié la journée du 11 septembre 2001 [RTS]
Les habitants de New York n'ont pas oublié la journée du 11 septembre 2001 / 19h30 / 1 min. / le 11 septembre 2021

Cette journée est d'abord et avant tout une journée pour les victimes et leurs proches. Mais même si on sent beaucoup d'émotion, impossible de ne pas penser à la politique. Joe Biden était évidemment présent sur les trois sites des attaques.

>> Les précisions de Gaspard Kuhn à New York :

Gaspard Kühn, à New York: "C'est vraiment autour des familles des victimes que ces commémorations se déroulent." [RTS]
Gaspard Kühn, à New York: "C'est vraiment autour des familles des victimes que ces commémorations se déroulent." / 19h30 / 1 min. / le 11 septembre 2021

Souvenirs en Suisse romande

Les attentats du 11 septembre n'ont pas seulement marqué les Américains. En Suisse romande, les attaques sont aussi ancrées dans toutes les mémoires. Tout le monde ou presque se souvient de ce qu'il ou elle faisait ce jour-là.

>> Le reportage du 19h30 dans les rues de Genève :

11 septembre 2001: ce dont les Romands se souviennent [RTS]
11 septembre 2001: ce dont les Romands se souviennent / 19h30 / 1 min. / le 11 septembre 2021

Discours de George W. Bush

L'ancien président déplore la désunion de l'Amérique

L'ancien président américain George W. Bush, qui était à la tête des Etats-Unis au moment des attentats du 11-Septembre, a déploré samedi la désunion politique de son pays vingt ans après les attaques djihadistes.

"Dans les semaines et les mois qui ont suivi les attentats du 11-Septembre, j'étais fier de diriger un peuple impressionnant, résilient et uni. Si on parle de l'unité de l'Amérique, ces temps semblent lointains", a déclaré le 43e président des Etats-Unis lors d'un discours à Shanksville (Pennsylvanie) où s'était écrasé l'un des quatre avions piratés par le commando d'Al-Qaïda le matin du 11 septembre 2001.

L'ancien président George W. Bush a fait un discours lors de la cérémonie. [Jim Lo Scalzo - EPA/Keystone]L'ancien président George W. Bush a fait un discours lors de la cérémonie. [Jim Lo Scalzo - EPA/Keystone]

Lutte contre le terrorisme

La Russie prête à relancer la coopération avec les Etats-Unis

La Russie est prête à relancer sa coopération avec les Etats-Unis pour lutter contre le terrorisme. L'ambassadeur russe à Washington Anatoly Antonov l'a déclaré samedi à l'occasion des commémorations du 20e anniversaire du 11-Septembre.

Le diplomate a déclaré que la Russie partageait le deuil des Etats-Unis et assuré que Moscou était prêt à reprendre le dialogue mené par les ministres des Affaires étrangères des deux puissances en 2018-2019, sur la lutte contre le terrorisme.

Reconnaissance

"La partie russe est prête à relancer" ce format de discussions. "C'est notre priorité naturelle", a déclaré Anatoly Antonov sur la page Facebook de l'ambassade de Russie, en dépit de relations bilatérales compliquées entre les deux pays.

"Nous devons mettre de côté toutes les contradictions et les différends et coopérer au profit de la sécurité et de la prospérité, non seulement de la Russie et des Etats-Unis, mais de l'humanité toute entière", a-t-il ajouté.

Il a exprimé la reconnaissance de la Russie envers les Etats-Unis pour avoir partagé des informations qui ont permis d'éviter des attentats à Saint-Pétersbourg en 2017 et 2019.

La cérémonie

Hymne national, minutes de silence et paroles de survivants et survivantes

L'Amérique s'est recueillie samedi pour les vingt ans du 11-Septembre au cours de cérémonies d'hommage aux quelque 3000 morts des attaques djihadistes les plus meurtrières de l'Histoire. Un événement qui a bouleversé la société et la politique des Etats-Unis.

>> L'hymne national en ouverture de la cérémonie:

L'hymne national américain ouvre la cérémonie commémorative [RTS]
L'hymne national américain ouvre la cérémonie commémorative / Edition spéciale / 2 min. / le 11 septembre 2021

Une cérémonie solennelle s'est tenue sous un ciel bleu limpide depuis 08h40 (14h40 suisses) au très impressionnant mémorial de Manhattan, à New York, là où se dressaient jusqu'au matin du mardi 11 septembre 2001 les tours jumelles du World Trade Center, détruites par les attaques d'Al-Qaïda alors dirigée par Oussama Ben Laden.

>> Les images de l'arrivée du président Biden et de ses prédécesseurs:

L||arrivée des anciens présidents [RTS]
L'arrivée de Joe Biden et des anciens présidents Obama et Clinton / L'actu en vidéo / 46 sec. / le 11 septembre 2021

En présence du président américain Joe Biden, aux côtés de ses prédécesseurs Barack Obama et Bill Clinton, une première minute de silence a été observée à 08h46, précisément vingt ans après que le premier avion piraté par le commando islamiste a percuté la tour Nord.

>> Les images de la poignante sonnerie aux morts:

Commémorations du 11 septembre: La poignante sonnerie aux morts [RTS]
Commémorations du 11 septembre: La poignante sonnerie aux morts / Edition spéciale / 5 min. / le 11 septembre 2021

Lecture des noms des victimes

Se sont succédé trois heures durant des proches de disparus lisant et évoquant - souvent en larmes - les noms et le souvenir des 2977 personnes mortes sur les trois sites des attentats (dont 2753 à New York).

La cérémonie de Manhattan a été rythmée par des hommages en musique - à la flûte, au violon ou en chanson - comme avec Bruce Springsteen et son "I'll see you in my dreams" à la guitare acoustique.

Bruce Springsteen a chanté lors de la cérémonie de commémoration du 11-Septembre. [Chip Somodevilla  - EPA/Keystone]Bruce Springsteen a chanté lors de la cérémonie de commémoration du 11-Septembre. [Chip Somodevilla - EPA/Keystone]

Des minutes de silence ont été observées pour l'effondrement des deux tours du WTC, l'attaque contre le Pentagone près de Washington et le crash d'un des avions à Shanksville (Pennsylvanie), où se tiennent également samedi des cérémonies d'hommage.

Un bref moment de recueillement a eu lieu sur Times Square, au coeur de Manhattan - où sont traditionnellement fêtées les victoires de l'Amérique. De même, a constaté l'AFP, devant une caserne de pompiers de Brooklyn qui avait perdu 12 soldats du feu il y a vingt ans.

Des membres du corps des pompiers de New York observent une minute de silence. [Will Oliver - EPA/Keystone]Des membres du corps des pompiers de New York observent une minute de silence. [Will Oliver - EPA/Keystone]

Comme chaque 11 septembre, trois heures durant, ont été lus au mémorial de New York les noms de près de 3000 morts. D'immenses faisceaux de lumières verticaux étaient dressés déjà depuis les deux immenses bassins noirs qui ont remplacé la base des tours.

>> Voir un extrait de l'émission spéciale sur RTS2, où le journaliste Xavier Colin se souvient de l'émotion qui l'a étreint au moment d'annoncer l'impact du 3e avion sur le Pentagone:

Cérémonie du 11-Septembre [RTS]
Cérémonie du 11-Septembre / L'actu en vidéo / 4 min. / le 11 septembre 2021

Cérémonie du 20e anniversaire

Certains proches n'iront pas à Ground Zero

Si de nombreux proches des victimes vont assister à la cérémonie à New York, certains ont fait le choix de ne pas s'y rendre. C'est le cas de Jennifer Gardner Charleson, qui a perdu son mari Doug dans la tour nord, avec une centaine de collègues de la société financière dans laquelle il travaillait.

Vingt ans plus tard, Jennifer, mère de deux enfants, s'est petit à petit relevée. Mais elle n'ira pas à Ground Zero samedi.

"Est-ce que je retourne à Ground Zero? J'y suis allée deux fois, mais seulement sur le mémorial extérieur pour le regarder et voir le nom de mon mari sur les plaques. Je ne suis jamais entrée dans le bâtiment. Je n'ai aucune envie de le faire. Je sais ce qu'il s'est passé ce jour-là et je n'ai pas besoin de le voir une fois de plus", confie-t-elle dans le 12h30.

>> Ecouter le témoignage de Jennifer Gardner Charleson dans le 12h30:

Une rose est placée près des noms gravés en mémoire des victimes des attentats du World Trade Center du 11 septembre. [Mary Altaffer, Pool - AP Photo/ Keystone]Mary Altaffer, Pool - AP Photo/ Keystone
11 septembre: le témoignage de l’épouse d’une victime / Le 12h30 / 1 min. / le 11 septembre 2021

"Je n'irai pas aux cérémonies du 11 septembre pour me protéger. C'est trop lourd pour moi. Je préfère être avec mes enfants et ma famille. Il y a un banc à Central Park où l'on prenait des photos en famille. Je vais toujours là avec une amie, parce que je n'ai pas de tombe où aller. On va vers ce banc, on allume une bougie et ensuite on fait un bon souper. On lève notre verre et on se souvient. C'est comme ça qu'on passe la journée", explique-t-elle encore.

>> Voir aussi le reportage du 12h45 sur les préparatifs de la cérémonie:

11 Septembre 2001: New York s'apprête à commémorer les 20 ans des attentats contre les tours du World Trade Center [RTS]
11 Septembre 2001: New York s'apprête à commémorer les 20 ans des attentats contre les tours du World Trade Center / 12h45 / 2 min. / le 11 septembre 2021

Hommage de la reine Elizabeth II

La souveraine salue "la résistance et la détermination" des communautés

La reine Elizabeth II a rendu hommage samedi aux victimes des attentats djihadistes du 11-Septembre commis il y a vingt ans, ainsi qu'à ceux qui se sont ensuite attelés à "reconstruire", dans un message adressé au président américain Joe Biden.

"Mes pensées et prières - et celles de ma famille et du pays tout entier - demeurent auprès des victimes, des survivants et des familles affectées, ainsi qu'auprès des premiers intervenants et des secouristes", a déclaré Elizabeth II à l'occasion de la commémoration des vingt ans de ces attentats d'Al-Qaïda.

La souveraine de 95 ans a également rendu "hommage à la résistance et à la détermination des communautés qui se sont unies pour reconstruire" après ces attaques, les plus meurtrières de l'Histoire avec quelque 3000 morts, dont 67 Britanniques.

H-1 avant la cérémonie du souvenir

Les familles s'apprêtent à affluer

Vingt ans jour pour jour après les attentats du 11 septembre, l'heure est aux commémorations. Pour rendre hommage aux près de 3000 morts, aux blessés et aux familles des victimes, une cérémonie du souvenir va s'ouvrir  à Ground Zero, sur les lieux des attentats où il y a maintenant le musée du 11 septembre et les deux fontaines.

Ce site est d'ores et déjà bouclé. Les premières familles des victimes s'apprêtent à investir les lieux. Car elles seules, et les autorités, vont participer à cette cérémonie. Mais à 6h30 du matin sur place le quartier est encore plongé dans le calme et le poids du souvenir. Avec une forte présence policière, pour éviter tout nouvel acte terroriste en ce jour anniversaire

>> Le point de situation de notre envoyée spéciale Céline Tzaud à New York:

Un hommage laissé sur le Ground Zero, lieu des commémorations du 20ème anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. [Will Oliver - EPA/Keystone]Will Oliver - EPA/Keystone
La commémoration du 11 septembre débute ce samedi après-midi / Le 12h30 / 2 min. / le 11 septembre 2021

>> Les précisions de Gaspard Kühn, notre correspondant aux Etats-Unis:

 

Gaspard Kühn en direct de New York: "Une cérémonie très sobre est prévue pour les familles." [RTS]
Gaspard Kühn en direct de New York: "Une cérémonie très sobre est prévue pour les familles." / 12h45 / 2 min. / le 11 septembre 2021

Guy Parmelin exprime sa solidarité

"Les attentats ont aussi eu un impact sur notre vie en Suisse"

A l'occasion de la commémoration des 20 ans des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, le président de la Confédération Guy Parmelin a exprimé sa solidarité avec toutes les victimes du 9/11. Ils ont changé la politique dans le monde entier, a-t-il twitté samedi.

"Ils ont aussi eu un impact sur notre vie en Suisse", ajoute le président de la Confédération. Et il conclut qu'il faut rejeter de manière inconditionnelle le terrorisme "partout et toujours".

Le 11 Septembre et les médias

Quelles leçons médiatiques tirer, 20 ans après les attentats?

Il y a un avant, et un après: qu'il s'agisse de la couverture des événements  en direct le jour des attentats, du relais médiatique des opérations militaires en Afghanistan et en Irak les années suivantes, ou encore de l'évolution de la gestion des images choc tout au long de ces deux décennies, les attaques du 11 septembre 2002 ont profondément marqué les pratiques journalistiques à l'échelle planétaire.

L'émission Médialogues de la RTS reçoit trois invités pour décrypter le rôle joué par les médias dans cette catastrophe. Xavier Colin, journaliste RTS, était au centre de l'émission spéciale du 11 septembre 2001 diffusée sur tous les écrans de Suisse romande. Il est aujourd'hui chercheur associé au Centre de politique et de sécurité de Genève. Valérie Gorin est historienne et sociologue des médias à l’Université de Genève. Et Pierre Bavaud, journaliste à la RTS, était correspondant aux Etats-Unis de fin 2001 à fin 2005.

>> Ecouter l'émission Médialogues d'Antoine Droux:

11 septembre 2001: deux avions de ligne s'encastrent dans les tours jumelles du World Trade Center, symboles de la puissance américaine, à New York. Un 3e avion touche le Pentagone, à Washington. Un 4e s'écrase en Pennsylvanie. Cet attentat est le plus meurtrier de l'histoire, avec un bilan de près de 3000 morts. [Carmen Taylor - Keystone]Carmen Taylor - Keystone
Emission spéciale: le 11 septembre et les médias / Médialogues / 50 min. / le 11 septembre 2021

Joe Biden

"L'unité est notre plus grande force"

Joe Biden a appelé vendredi les Américains à l'unité, "notre plus grande force", dans un message vidéo publié vendredi, à la veille de la commémoration des vingt ans du 11-Septembre.

"C'est pour moi la leçon centrale du 11-Septembre. C'est que lorsque nous sommes les plus vulnérables (...), l'unité est notre plus grande force", déclare le président américain, filmé à la Maison Blanche, dans un message d'un peu plus de six minutes.

"L'unité ne veut pas dire que nous devons tous croire la même chose, mais il est essentiel que nous nous respections, et que nous ayons foi les uns dans les autres", a encore dit Joe Biden dans son message vidéo à une Amérique profondément divisée.

Trois visites prévues

Joe Biden et son épouse Jill se rendent samedi sur les trois lieux emblématiques des attentats du 11 septembre 2001: à New York, sur le site du Pentagone et en Pennsylvanie, où s'est écrasé un avion détourné par des djihadistes il y a vingt ans.

Mais il n'est pas prévu que le président, très critiqué pour sa gestion du retrait d'Afghanistan et qui peine à endiguer la pandémie de Covid-19, prenne la parole en public lors des cérémonies prévues.

Les commémorations

Les Américains affluent de tout le pays

A la veille des commémorations en présence du président Joe Biden, de nombreux Américains ont fait le déplacement à New York pour l'occasion.

Un besoin intact de venir se recueillir 20 ans après, même si, en raison de la pandémie de Covid-19 et des récentes inondations, la ville a opté pour un service restreint. Seules les familles des victimes pourront être présentes samedi à Ground Zero.

>> Ecouter les témoignages recueillis par notre envoyée spéciale à New York:

Ground Zero à New York. [Susan Walsh - Keystone]Susan Walsh - Keystone
A la veille des commémorations du 11 septembre, les Américains affluent à New York / La Matinale / 1 min. / le 10 septembre 2021

Les attentats du 11 septembre seront commémorés à New York, mais aussi en Pennsylvanie et à Washington, où deux des quatre avions s’étaient écrasés.

A J-1, l'ambiance est particulière. Il y a déjà pas mal de gens autour des deux fontaines qui marquent l’emplacement des tours jumelles effondrées, notamment des pompiers à la retraite. Mais ce n’est pas la foule des grands jours, à cause de la pandémie, qui empêche toujours les touristes de revenir et qui a endeuillé New York, épicentre du Covid dans le pays avec plus de 30'000 morts au total.

>> Le portrait de la ville de notre envoyée spéciale:

Portrait de New York à la veille des commémorations des attentats du 11 septembre 2001 (vidéo) [RTS]
Portrait de New York à la veille des commémorations des attentats du 11 septembre 2001 (vidéo) / Forum / 2 min. / le 10 septembre 2021

Le souvenir de ce jour tragique est toujours bien présent, notamment dans les environs du World Trade Center.

Pour la cérémonie, un total de 88 projecteurs ont été installés sur l’emplacement du drame. Samedi soir, ils dessineront les silhouettes des tours disparues dans un hommage silencieux renouvelé chaque année depuis vingt ans.

>> Voir le reportage du 19h30 à New York:

Commémorations du 11 septembre : à New York les hommages commencent [RTS]
Commémorations du 11 septembre : à New York les hommages commencent / 19h30 / 2 min. / le 10 septembre 2021

Les images marquantes

Les 30 photos dont on se souvient

Les images du 11 septembre ont marqué le monde entier et font désormais partie de la mémoire collective. Vingt ans après, certaines d’entre elles sont devenues iconiques et se suffisent à elles seules pour raconter cette journée historique.

>> La galerie photos:

Le 11 septembre 2001, à partir de 8h46, les images des deux avions percutant les tours du World Trade Center commencent à tourner en boucle dans toutes les télévisions du monde et ne s’arrêtent plus.

L'effondrement horrifiant des bâtiments, l’incrédulité en direct du président George W. Bush, l’homme qui tombe de la tour… Les attentats du 11 septembre sont l’un des événements les plus documentés, filmés et photographiés de l’Histoire.

>> Le retour en images du 19h30 sur cette journée:

Les images du 11 septembre 2001 ont marqué le monde entier [RTS]
Les images du 11 septembre 2001 ont marqué le monde entier / 19h30 / 2 min. / le 10 septembre 2021

Témoignage

La colère du peuple irakien

Alors que l'intervention américaine s'est achevée dans un désastre apparent en Afghanistan, les regards se tournent vers l'Irak où les Américains continuent d'y mener une guerre interminable contre le terrorisme. Ces longues années d'occupation ont démarré en 2003 pour destituer Saddam Hussein.

Fathil Al-Mosawy, un retraité et ancien militaire irakien, n’a jamais aimé Saddam Hussein. Mais pour lui, l’arrivée des Américains n’a pas été une délivrance. Les militaires américains se sont installés en face de chez lui. "Ils entraient chez les gens comme ils voulaient. Chez moi, ils n’avaient pas raison d’intervenir, mais un sniper a tiré sur mon fils", raconte-t-il.

Les bavures causées par la guerre ont brisé des familles et ancré en Irak un sentiment anti-Occident pour des générations. Bilal Salama a été emprisonné dans la prison d’Abou Ghraïb, tristement célèbre pour les exactions commises par des soldats américains entre 2003 et 2004. Maltraité, il a été libéré après un an et demi sans excuses ni dédommagements.

>> Le reportage du 19h30 en Irak:

Les visages du 11 septembre : témoignage de civils irakiens [RTS]
Les visages du 11 septembre : témoignage de civils irakiens / 19h30 / 3 min. / le 10 septembre 2021

>> Voir aussi l'analyse de notre envoyée spéciale sur la situation en Irak:

Annabelle Durand, à propos de la situation en Irak. [RTS]
Annabelle Durand, à propos de la situation en Irak. / 19h30 / 1 min. / le 10 septembre 2021

Le 11-Septembre vu de Suisse

Un jour qui a aussi marqué notre pays

Certains Romands étaient à New York le jour des attentats meurtriers. Deux d’entre eux nous ont raconté comment ils ont vécu l’événement, en se remémorant des souvenirs douloureux qui ne les ont jamais vraiment quittés.

Sébastien Bonvin travaillait à deux pas des tours, au célèbre Plaza Hotel. Lors du drame, la salle de bal a été réquisitionnée en cellule de crise. "Le plus impressionnant, c'est les familles qui n'ont pas de nouvelles et qui viennent déposer des photos", se souvient-il, ému.

Rémy Chételat était quant à lui au cœur de l’événement. Aujourd’hui rédacteur en chef du Quotidien Jurassien, il était à l’époque correspondant à New York pour le journal. "On se détache pour rendre compte de ce qui se passe mais, en même temps, on est concerné par la chose. C’était émotionnellement assez fort."

>> Voir le sujet du 19h30:

Deux Romands se remémorent la manière dont ils ont vécu le 11 septembre, sur place à NYC. [RTS]
Deux Romands se remémorent la manière dont ils ont vécu le 11 septembre, sur place à NYC. / 19h30 / 2 min. / le 10 septembre 2021

Pour la plateforme Genève Vision, Claire Braillard est de son côté allée à la rencontre de trois personnalités qui se souviennent très bien de ce jour si particulier.

Retour sur le 11-Septembre [RTS]
Le 11-Septembre vu de Suisse / L'actu en vidéo / 7 min. / le 9 septembre 2021

Témoignage

Roger Cohen, journaliste au New York Times

"Ce matin là, j'étais à Brooklyn. Je venais de déposer mon fils à l'école. La vue était dégagée sur Manhattan. Un type à côté de moi me dit: 'Regarde la tour est en flamme. Je me tourne et j'entends le deuxième avion qui rentre. La veille, j'étais nommé directeur des services étrangers du New York Times, donc mon premier jour de travail c'était le 11 septembre", se remémore Roger Cohen dans La Matinale.

Aujourd'hui correspondant à Paris, le journaliste se souvient avoir gardé la "Une" de The Economist qui sortait au lendemain de la tragédie. "La couverture, c'était: 'The day the world changed' (Le jour où le monde a changé). Je l'ai gardée, parce que je me suis demandé: 'Est-ce que c'est vrai?' Et au fond, oui, vingt ans après on peut le dire. Il y a l'avant 11 Septembre et l'après", explique-t-il.

>> Ecouter l'interview complète du journaliste Roger Cohen dans La Matinale:

L'invité de La Matinale (vidéo) - Roger Cohen, correspondant du New York Times à Paris [RTS]
L'invité de La Matinale (vidéo) - Roger Cohen, correspondant du New York Times à Paris / La Matinale / 11 min. / le 10 septembre 2021

Témoignage

Le vétéran de la guerre en Irak

Les attentats du 11 septembre ont aussi été le début des incursions guerrières américaines en Afghanistan et en Irak. Aux Etats-Unis, beaucoup d'anciens combattants souffrent de stress post-traumatique, comme Eric Donoho, vétéran de la guerre en Irak.

Il est arrivé à Bagdad en avril 2006 en tant que conducteur et soldat de transmission pour un groupe de snipers. L'Américain a subi plusieurs attaques dont il garde aujourd'hui des séquelles cérébrales. "J’ai juste accepté l’idée que j’allais mourir. Ça me permettait d’être moins effrayé durant les combats."

De retour aux Etats-Unis, Eric Donoho continue à penser à la guerre tous les jours. Le vétéran a même fait une tentative de suicide, avant de se reconstruire dans une banlieue tranquille de l’Indiana.

>> Voir le portait d'Eric Donoho dans le 19h30:

Les visages du 11 septembre: témoignage d'un vétéran de la guerre d'Irak [RTS]
Les visages du 11 septembre: témoignage d'un vétéran de la guerre d'Irak / 19h30 / 2 min. / le 9 septembre 2021

Témoignage

La chute des talibans et l'espoir d'un avenir meilleur

Le 19h30 est allé à la rencontre d'une Afghane qui s'est établie en Suisse après les opérations militaires américaines menées en Afghanistan à la suite des attentats.

En octobre 2001, lorsque l'intervention américaine débute à Kaboul, Farzana Mursal Alizada a 17 ans. La jeune femme se souvient surtout du bruit. "Presque toute la nuit, nous avons entendu de grosses explosions. Nos voisins étaient des commandants talibans. Ils ont fui et ont tout laissé derrière eux. Et nous l'avons compris: les talibans avaient quitté Kaboul."

Cinq semaines après le début des opérations militaires, le régime des talibans est renversé, avec pour première conséquence le retour des jeunes filles à l'école. A l'aide de cours du soir, Farzana Mursal Alizada obtient son diplôme universitaire. Elle décide ensuite de suivre son époux à Genève, où elle travaille actuellement dans l'humanitaire.

Les talibans ayant aujourd'hui repris le pouvoir, la jeune femme estime qu'elle ne pourra plus retourner en Afghanistan. "Nous avons raté cette chance et je sais que pour moi c'est fini. Je ne peux plus voyager dans mon pays."

 >> Le portrait de Farzana Mursal Alizada dans le 19h30:

Le 11 septembre a changé leur vie: portrait d'une Afghane, sauvée par le départ des talibans du pouvoir [RTS]
Le 11 septembre a changé leur vie: portrait d'une Afghane, sauvée par le départ des talibans du pouvoir / 19h30 / 3 min. / le 8 septembre 2021

La communauté musulmane américaine

La dure réalité des amalgames

Après les attentats du 11 septembre, un climat de méfiance constante s'est installé aux Etats-Unis. La communauté musulmane du pays, qui passait jusqu'alors inaperçue, est devenue une priorité des autorités.

Mais pour les Américains musulmans, les conséquences de ce funeste mardi ne s'arrêtent pas là: entre islamophobie, insultes et amalgames, les fidèles de l'islam continuent à essuyer des critiques très vives, même 20 ans après. Une situation difficile à vivre pour nombre d'entre eux, qui étaient pour certains encore enfants au moment des attentats.

>> Ecouter le reportage de La Matinale:

Des fidèles musulmans photographiés à une station service au sud de Beyrouth, le 3 septembre 2021. [Hassan Ammar - Keystone]Hassan Ammar - Keystone
Sentiment anti-musulmans aux Etats-Unis à la suite du 11 septembre 2001 / La Matinale / 2 min. / le 9 septembre 2021

>> Voir aussi le témoignage d'une jeune représentante de la communauté afghane des États-Unis:

À la rencontre d'une jeune représentante de la communauté afghane des États-Unis [RTS]
À la rencontre d'une jeune représentante de la communauté afghane des États-Unis / 19h30 / 2 min. / le 6 septembre 2021

"Nashville, laboratoire de l'unité américaine"

Opération spéciale de l'émission Tout un Monde

Il y a 20 ans, l'Amérique semblait unie derrière le président George W.Bush après les attentats du World Trade Center. Aujourd'hui pourtant, les divisions au sein de la société américaine sont profondes, comme si la polarisation politique avait pénétré tous les interstices.

Que s'est-il donc passé, en deux décennies, pour que l'unité s'évapore? Sur quoi peut-elle s'appuyer?

Pour tenter de trouver des réponses, l'émission Tout un Monde lance une opération spéciale intitulée "Nashville, laboratoire de l'unité américaine".

>> Ecouter le premier épisode de l'opération spéciale de Tout un Monde:

Une vue du Capitole, siège du Parlement américain, le 24 mai 2021 à Washington D.C. [Michael Reynolds - EPA/Keystone]Michael Reynolds - EPA/Keystone
Nashville, laboratoire de l’unité américaine (ep. 1) / Tout un monde / 11 min. / le 9 septembre 2021

>> Ecouter le deuxième épisode:

Des supporters de Donald Trump tentent d'entrer dans le Capitole alors que le congrès certifie les résultats de l'élection présidentielle. [Brendan SMIALOWSKI - AFP]Brendan SMIALOWSKI - AFP
Le point sur l’unité des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 / Tout un monde / 14 min. / le 10 septembre 2021

>> Ecouter aussi le sujet de TUM sur l'Université Vanderbilt, qui mène une étude sur l'unité américaine et la démocratie:

Hommage au victimes des attentats du 11 septembre 2001 à New York (2019). [Arthur Nicolas Orchard/ Hans Lucas - AFP]Arthur Nicolas Orchard/ Hans Lucas - AFP
Nashville, le laboratoire de l’unité des Etats-Unis / Tout un monde / 7 min. / le 10 septembre 2021

La galaxie Al-Qaïda

Un nom connu de tous

Les attentats ont propulsé au centre de l'attention médiatique un groupe que beaucoup ne connaissaient pas jusque-là: Al-Qaïda et son dirigeant Oussama Ben Laden.

Après les attaques, les services antiterroristes du monde entier se sont donc lancés dans des enquêtes complexes pour démanteler ces réseaux, souvent sous la pression des Américains.

C'est notamment les cas de la Suisse, soupçonnée d'avoir servi de base logistique et financière pour Al-Qaïda. Les villas de deux richissimes financiers arabes ont ainsi été perquisitionnés près de Lugano. La cible était la banque islamique qu'ils dirigeaient, basée au Tessin et nommée Al Taqwa.

>> Les précisions du 19h30:

Après le 11 septembre 2001, la Suisse a été soupçonnée par les Américains d'avoir servi de base financière pour Al-Qaïda [RTS]
Après le 11 septembre 2001, la Suisse a été soupçonnée par les Américains d'avoir servi de base financière pour Al-Qaïda / 19h30 / 2 min. / le 7 septembre 2021

Al-Qaïda, c'est aussi toute une galaxie de personnes gravitant plus ou moins près d'Oussama Ben Laden. Le Français Mourad Benchellali est l'un de ceux qui l'a côtoyé peu avant les attentats. Mais lui qui avait quitté sa cité lyonnaise à l'âge de 20 ans pour vivre l'aventure en Afghanistan a fini par connaître l'enfer de Guantanamo.

"Je ne suis pas très religieux, mais j'y vois un prétexte pour quitter mon quartier. C'est vrai que je suis très naïf sur cette proposition. En tout cas on est à des années-lumières d'un projet criminel ou djihadiste", a confié Mourad Benchellali dans le 19h30.

Mais très vite l'aventure tourne au cauchemar: "En arrivant sur place, et c'est là qu'on voit cette naïveté, je vais être embrigadé par des combattants étrangers."

Et puis c'est Guantanamo en 2002, une zone de non-droit: "On est enfermé 24 heures sur 24 principalement dans des enclos grillagés, on est nourris comme des animaux. Il y a une agressivité de la part des gardiens."

Et pour faire parler, tous les moyens sont bons: "Privation de sommeil, douleurs... On avait l'impression que c'était plus pour nous punir."

Au bout de deux ans et demi, Mourad est finalement renvoyé en France. Il passera encore plusieurs mois en détention avant d'être relaxé.

>> L'interview de Mourad Benchellali dans le 19h30:

De la banlieue lyonnaise à Guantánamo, rencontre avec Mourad Benchellali [RTS]
De la banlieue lyonnaise à Guantánamo, rencontre avec Mourad Benchellali / 19h30 / 3 min. / le 7 septembre 2021

La page spéciale du 19h30

De retour à New York

Vingt ans après le drame, la RTS est de retour à New York pour une page spéciale. Devenu un lieu d'attrait des touristes qui visitent le mémorial, Ground Zero est à nouveau sous surveillance policière. Certains Américains ne cachent pas leurs craintes après le retrait d'Afghanistan. "On ne peut pas oublier" est une phrase qui revient très souvent.

Le 19h30 donne également la parole à un pompier qui a échappé de peu à la mort, à un homme rescapé de l'une des tours, à un ancien otage d'une filiale d'Al-Qaïda et à la communauté afghane des Etats-Unis.

>> Entretien avec l'ancien otage Théo Padnos:

Théo Padnos, ancien otage d'Al-Qaïda en Syrie, sur la guerre contre le terrorisme [RTS]
Théo Padnos, ancien otage d'Al-Qaïda en Syrie, sur la guerre contre le terrorisme / 19h30 / 2 min. / le 6 septembre 2021

>> Le portrait de Joe Dittmar, survivant de 11 septembre:

Portrait de Joe Dittmar, survivant de l'écroulement des deux tours le 11 septembre 2001 [RTS]
Portrait de Joe Dittmar, survivant de l'écroulement des deux tours le 11 septembre 2001 / 19h30 / 2 min. / le 6 septembre 2021

Ces événements ont changé le quotidien des Américains, mais ont aussi eu des répercussions dans le monde entier : la surveillance mondiale, les craintes pour la sécurité, la lutte contre le terrorisme et les guerres en Irak et en Afghanistan.

>> L'intégrale de la page spéciale:

L'intégrale de la page spéciale du 19h30 aux Etats-Unis pour les 20 ans des attentats du 11 Septembre [RTS]
L'intégrale de la page spéciale du 19h30 aux Etats-Unis pour les 20 ans des attentats du 11 Septembre / L'actu en vidéo / 16 min. / le 7 septembre 2021

Souvenirs

Ce qu'ils et elle faisaient le 11 septembre

On a pour habitude de dire qu'on se souvient toujours de ce que l'on faisait au moment de ces attentats. Mais au-delà du souvenir, les événements du 11 Septembre ont influencé la vie de toutes les personnes qui y ont assisté de près comme de loin.

Cyrille Bret, aujourd'hui maître de conférence à Science Po Paris, réalisait alors une thèse sur la métaphysique. Il explique dans Forum que ces attentats l'ont poussé à s'orienter vers la philosophie politique et les relations internationales. "On peut dire que ça a vraiment déterminé une très large partie de ma perception du monde et de mon travail pour les vingt années suivantes."

"Je pensais que c'était un film"

L'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey se souvient aussi très précisément du 11 septembre 2001. "Je faisais campagne pour le Conseil d'Etat, j'ai découvert ce qui se passait en arrivant dans les locaux de Léman Bleu. Je pensais que c'était un film, je n'ai pas vraiment réalisé que c'était vrai."

Ahmed Ajil, actuellement docteur en criminologie à l'Université de Lausanne, avait une douzaine d'années en 2001. "J'étais au début de mon adolescence et ça clairement impacté le reste de ma vie ici en Suisse, en me confrontant de manière répétée à ces associations stéréotypées entre la figue arabo-musulmane et la violence terroriste."

>> La table ronde dans Forum avec Micheline Calmy-Rey, Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, Jean-Marc Rickli, Ahmed Ajil, et Cyrille Bret:

11 septembre 2001: un jour marquant [RTS]
11 septembre 2001: un jour marquant / Forum / 6 min. / le 6 septembre 2021

Bader habite lui Molenbeek, une commune de Bruxelles qui abrite une importante population d'origine marocaine. Il y a 20 ans, il était un étudiant. Les attentats ont changé sa vie.

>> Ecouter son témoignage dans la série des Médias francophones publics:

La police fédérale américaine s'est engagée à réexaminer les documents de l'enquête sur les attaques du 11 septembre 2001 pour éventuellement en déclassifier certains. [Sean Adair - Reuters]Sean Adair - Reuters
Que faisiez-vous le 11 septembre 2001? (1/5): Bader, un étudiant bruxellois / Le 12h30 / 2 min. / le 6 septembre 2021

Jean-Pierre Jobin était directeur de l'aéroport de Genève Cointrin. Il se souvient d'un événement qui a ajouté aux déboires de la défunte compagnie aérienne Swissair. A l'aéroport, les mesures de sécurité ont dû être renforcées, notamment concernant les objets coupants.

>> Ecouter son témoignage dans la série des Médias francophones publics:

Jean-Pierre Jobin, ancien directeur général de l'aéroport international de Genève. [Marzial Trezzini - Keystone]Marzial Trezzini - Keystone
Que faisiez-vous le 11 septembre 2001? Jean-Pierre Jobin, ancien directeur de l'aéroport de Genève Cointrin / Le 12h30 / 2 min. / le 7 septembre 2021

>> Ecouter le reportage dans la série des Médias francophones publics dans les rues de Bamako, au Mali, pays laïc où plus de 90% de la population est musulmane

Des flammes noires se dégagent de la tour touchée par l'avion quelques secondes auparavant. [Sara K. Schwittek GMH - Reuters]Sara K. Schwittek GMH - Reuters
Que faisiez-vous le 11 septembre 2001? (3/5) Réaction du Mali / Le 12h30 / 2 min. / le 8 septembre 2021

>> Ecouter le témoignage de Sean Penney, un enseignant canadien

Vingt ans après le 11 Septembre. [Keystone]Keystone
Que faisiez-vous le 11 septembre 2001? (4/5): Sean Penney, un enseignant canadien / Le 12h30 / 2 min. / le 9 septembre 2021

>> Ecouter le témoignage de François Hollande, qui était alors député et premier secrétaire du Parti socialiste.

François Hollande sur les lieux de l'attentat du Bataclan. [EPA/Christophe Petit Tesson - Keystone]EPA/Christophe Petit Tesson - Keystone
Que faisiez-vous le 11 septembre 2001? (5/5): François Hollande, ancien président de la République française / Le 12h30 / 2 min. / le 10 septembre 2021

La montée de l'islamophobie?

"Une société fondée sur la défiance"

Si l'on parle beaucoup de comment l'Occident a ressenti le 11 Septembre, tous les regards se sont tournés vers l'islamisme, mais aussi vers l'islam. Ces événements ont durablement changé le regard porté sur les personnes associées à cette religion, créant un terreau favorable à l'islamophobie.

Ahmed Ajil, docteur en criminologie à l'Université de Lausanne, estime que l'approche sécuritaire et la prévention des attentats risquent de renforcer ce qu'il qualifie de racisme "anti-musulman" ou "anti-arabe".

"Depuis le 11 Septembre, on a vu un basculement au sein de nos sociétés démocratiques vers la sphère préventive, c'est-à-dire avant que le crime ne soit commis. Le problème, c'est que plus on s'éloigne des actes criminels concrets pour essayer de prévenir l'attentat à tout prix, moins on aura d'informations concrètes sur ce qu'une personne a fait ou pas.

"Et avec ce basculement vers le préventionnisme, c'est là que nous avons des stéréotypes qui commencent à prendre de l'ampleur et qui peuvent impacter nos décisions."

Le danger de la division interne

Pour Cyril Bret, maître de conférence à Science Po Paris, cette approche basée sur la suspicion est surtout dangereuse pour les divisions qu'elle crée au sein de la population.

"Il faut bien voir que le principal danger que font peser le terrorisme et l'anti-terrorisme sur une société, c'est la division interne. C'est de considérer que le voisin est un agent infiltré et une menace potentielle, et que ses actes criminels potentiels soient inspirés par une confession ou une conviction."

Et du conclure: "La véritable guerre n'est pas entre les terroristes et les anti-terroristes, mais c'est la guerre civile, qui mine une société qui est fondée sur la défiance et le sentiment que l'ennemi est à côté."

>> La table ronde dans Forum sur la montée de l'islamophobie avec Micheline Calmy-Rey, Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, Jean-Marc Rickli, Ahmed Ajil, et Cyrille Bret:

11 septembre 2001: la montée de l'islamophobie? [RTS]
11 septembre 2001: la montée de l'islamophobie? / Forum / 7 min. / le 6 septembre 2021

Le grand basculement

Vers un nouveau paradigme sécuritaire

En ce 11 septembre 2001, les Etats-Unis sont frappés sur leur sol par une attaque terroriste sans précédent. La population américaine, qui jusqu'alors ne se sentait pas concernée par le terrorisme, découvre brutalement sa vulnérabilité.

Selon Mohamed Mohamedou, professeur d'histoire et politique internationales à l'Institut de hautes études internationales et de développement à Genève, ces attentats représentent une victoire sans précédent pour les islamistes. "C'était même inimaginable pour eux, je crois que l'ampleur de ce qui s'est passé a probablement dépassé les desseins d'Al-Qaïda, qui avait commencé à planifier cette opération dès 1996."

"Tout décliner sous le prisme de la sécurité"

Mais pour le chercheur, il faut surtout s'intéresser à ce qui se joue lors de l'après-11 septembre, avec l'émergence du paradigme sécuritaire. "La sécurité s'installe de manière "infinie". Elle est précédée et accompagnée par la militarisation, avec les guerres en Afghanistan, en Irak, jusqu'à aujourd'hui au Yémen et en Syrie."

Mohamed Mohamedou précise que les années 2010 ont été marquées par la dissémination de ce qu'il appelle la 'sécuritisation', une instrumentalisation de la sécurité. "La sécurité, c'est une valeur, c'est quelque chose dont tout le monde a besoin. Le problème, c'est son instrumentalisation. Le fait que l'on décline des problématiques aussi variées que les  réfugiés, les ethnies, l'identité ou le terrorisme sous le seul prisme de la sécurité."

>> La table ronde dans Forum sur les conséquences sécuritaires du 11 septembre avec Micheline Calmy-Rey, Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, Jean-Marc Rickli, Ahmed Ajil, et Cyrille Bret:

11 septembre 2001: le grand basculement [RTS]
11 septembre 2001: le grand basculement / Forum / 20 min. / le 6 septembre 2021

Sait-on vraiment tout?

"Des zones d'ombre"

Sait-on tout aujourd'hui sur ces attaques qui ont marqué l'entrée dans le XXIe siècle? Pas exactement, explique Grégory Philipps, auteur d'un podcast en huit épisodes sur le sujet, dans le Point J.

"Il reste des zones d'ombre sur la manière dont ces terroristes ont pu pendant plus d'un an arriver sur le sol américain et s'entraîner dans des écoles de pilotage. Avec quel soutien? Une grande majorité étaient saoudiens, alors que savaient les autorités saoudiennes de tout cela?", énumère notamment l'envoyé spécial de Radio France à Washington.

Le manque de communication entre le FBI et la CIA est également pointé, de même que certains errements des services secrets américains. "Pourquoi les autorités n'ont pas vu venir ces attaques? Il faut se remettre avant 2001. Tous les signaux étaient au rouge mais la lutte anti-terroriste n'était pas la priorité à ce moment-là. Il n'y avait que 8-10 personnes qui parlaient arabe au FBI."

Tout cela, bien sûr, comme les mensonges au début de la guerre en Irak, a nourri les théories complotistes les plus extravagantes. Vingt ans après, elles continuent de circuler. Mais les autorités américaines refusent encore de livrer toutes les informations dont elles disposent, notamment sur les prisons secrètes et les détenus à Guantanamo, arrêtés dans la foulée de ces attentats.

>> Écouter l'épisode en entier:

Logo Le point J [RTS]RTS
Est-ce qu’on sait vraiment tout sur le 11 septembre ? / Le Point J / 18 min. / le 6 septembre 2021

Les héros oubliés

Le courage des passagers du vol UA 93

Le 11 septembre 2001, deux avions s'écrasent contre les tours jumelles de New York, un troisième percute le Pentagone et un quatrième, lui, manque sa cible. Il s'écrase dans un champ en Pennsylvanie. D'après les autorités américaines, le vol UA 93 visait directement le Congrès américain.

Cet attentat a été déjoué grâce au courage des passagers qui ont neutralisé les terroristes, un épisode parfois oublié du 11 septembre. Aujourd'hui, des habitants de Pennsylvanie tentent de raviver la mémoire de ces héros américains.

>> Ecouter le reportage dans le 12h30:

Le mémorial en hommage aux victimes du vol 93. [EPA/David Maxwell/jdm/rix - Keystone]EPA/David Maxwell/jdm/rix - Keystone
Attentats du 11 septembre 2001: les oubliés du vol UA 93 / Le 12h30 / 2 min. / le 6 septembre 2021

Aux abords du champ où l'appareil s'est écrasé, un petit musée raconte l'histoire de ce vol parti du New Jersey, et qui devait rejoindre San Francisco.

"C'est loin et c'est compliqué de venir ici. Les gens parfois ne connaissent pas l'histoire de ces passagers. C'est triste car ils sont oubliés…", constate Donna Gibson, présidente d'un Memorial érigé en l'honneur des passagers du vol 93 de United Airlines.

Le travail de mémoire se poursuit donc aussi loin de New York et de Washington. Des quatre avions détournés le 11 septembre, le vol 93 est le seul appareil à ne pas avoir atteint sa cible.

Une nouvelle vision du terrorisme

"A partir du 11 septembre 2001, la perception du terrorisme a changé"

"La date du 11 septembre 2001 a marqué un tournant." Invité lundi dans La Matinale, le directeur de recherche au Centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales (IFRI) Marc Hecker explique qu'à partir de cette date la "perception du terrorisme a changé".

"A partir ce moment-là, le terrorisme a été perçu comme une menace stratégique, comme une menace potentiellement existentielle, souligne Marc Hecker. Ces attentats ont aussi été une surprise stratégique pour les Etats-Unis qui ne s'attendaient pas à avoir un attentat de cette nature et de cette ampleur sur leur sol."

Lutte contre le terrorisme, axe stratégique des Etats-Unis

Spécialiste du terrorisme et coauteur avec Elie Tenenbaum de "La Guerre de vingt ans" (Robert Laffont, 2021), il explique qu'au début des années 2000 les Etats-Unis avaient le sentiment "qu'il n'y avait plus de rival systémique, de dangers majeurs menaçant les Américains". Et juste après les attaques du 11 septembre, "les Etats-Unis ne connaissaient pas les moyens d'attaque d'Al Qaïda. Ils s'imaginaient qu'une campagne hyper-terroriste était possible avec des attentats encore plus meurtriers: nucléaires biologiques, chimiques…"

Pour le directeur de l'IFRI, le départ des Etats-Unis d'Afghanistan marque la "fin de la guerre globale contre le terrorisme". "La guerre contre le terrorisme était devenue l'aiguillon de la politique de sécurité et de défense des Etats-Unis avec un premier théâtre d'opérations en Afghanistan, puis en Irak et sur le front syro-irakien contre le groupe Etat islamique."

>> Le sujet du 19h30 sur les changements induits par le 11 septembre:

La chute des Twin Towers a changé la face du monde à nos jours [RTS]
La chute des Twin Towers a changé la face du monde à nos jours / 19h30 / 2 min. / le 6 septembre 2021

"Le terrorisme n'a pas disparu"

Marc Hecker juge qu'il y a "eu des succès et des échecs" dans cette guerre. "Les Etats-Unis voulaient 'éradiquer' Al Qaïda et tous les groupes terroristes de portée globale. Ils voulaient se débarrasser des acteurs qui hébergeaient les terroristes comme les talibans. Le retour des talibans, vingt ans après, montre l'ampleur de l'échec de cet objectif."

Et d'ajouter: "Joe Biden veut refermer la parenthèse de ces guerres lointaines et coûteuses. Mais l'ennemi est toujours aussi déterminé, il a des moyens, plus de partisans. La lutte contre le terrorisme va se poursuivre selon des modalités plus légères. (...) Le terrorisme n'a pas disparu. Les menaces s'additionnent et ne se remplacent pas."

>> L'interview complète de Marc Hecker dans La Matinale:

Les attentats du 11 septembre 2001 marquent-ils un changement d’ère? Interview de Marc Hecker (vidéo) [RTS]
Les attentats du 11 septembre 2001 marquent-ils un changement d’ère? Interview de Marc Hecker (vidéo) / La Matinale / 8 min. / le 6 septembre 2021

Les conséquences sur les Etats-Unis

"L'Amérique n'est plus perçue comme invincible"

Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis entraient dans la plus longue et la plus coûteuse guerre de leur histoire en Afghanistan, avec l'ambition de vaincre le terrorisme international. Vingt ans plus tard, la menace djihadiste est loin d'être éradiquée.

"Il va falloir laisser retomber l'émotion, légitime, qu'on a tous ressenti après ces images terribles pour vraiment tirer les leçons de ces 20 ans et de ces dernières semaines", commente le député européen Arnaud Danjean invité dans Géopolitis. Cette "débâcle afghane" est surtout une défaite politique et diplomatique, pour ce spécialiste des questions de défense: "L'Amérique n'est plus perçue comme invincible. Elle est aussi perçue comme un pays en repli qui ne veut mettre en danger la vie de ses soldats pour des causes lointaines."

>> Lire en détail: "L'Amérique n'est plus perçue comme invincible"

>> Voir aussi l'émission Géopolitis:

11-Septembre, la défaite de l’Occident [RTS]
11-Septembre, la défaite de l’Occident / Geopolitis / 26 min. / le 5 septembre 2021

L'impact sur l'Afghanistan

Un pays transformé

Le 11 septembre 2001 a aussi eu un impact très fort sur l'Afghanistan. Peu après les attentats, le 7 octobre 2001, les Etats-Unis ont lancé une attaque contre le régime des talibans qui ont capitulé deux mois plus tard.

Dans les rues de Kaboul, en ruine, il y avait alors beaucoup d'espoir. A la même époque, la formation par le contingent français de ce qu'il allait devenir l'armée afghane a commencé. Dix-neuf ans plus tard, cette armée s'est effondrée comme un jeu de cartes.

C'est pour les femmes afghanes que les progrès ont été le plus visibles: de la santé, à l'éducation en passant par la participation à la vie publique.

>> Le reportage de Tout un monde:

Les Etats-Unis ont mené des frappes contre un "organisateur" de l'EI en Afghanistan. [EyePress - AFP]EyePress - AFP
Quel a été l'impact des attentats du 11 septembre 2001 sur l'Afghanistan? / Tout un monde / 10 min. / le 6 septembre 2021

Les conséquences sur la santé

De nombreuses maladies développées

Si le bilan officiel fait état de 2977 décès, les victimes sont bien plus nombreuses. Pompiers, policiers, secouristes, civils, des milliers de personnes proches des tours ce jour-là ont développé des maladies à cause de la poussière et des fumées qu'ils ont inhalées.

>> Voir l'éclairage de La Matinale:

Les maladies liées aux attentats du 11 septembre 2001 [RTS]
Les maladies liées aux attentats du 11 septembre 2001 (vidéo) / La Matinale / 3 min. / le 6 septembre 2021

A l'époque, les autorités assurent que l'air est sans danger. En réalité, le nuage contient des matières toxiques: de l'amiante, de la fibre de verre, des métaux lourds. Inhalés, parfois avalés même, ces matériaux provoquent des maladies respiratoires, mais aussi des cancers, des troubles du cœur, du système immunitaire, sans parler des problèmes mentaux liés au traumatisme des attentats.

En 20 ans, ces maladies ont coûté la vie à plus de 3000 personnes. Pour les autres, cette "communauté de survivants" comme ils se font appeler, il a fallu se battre pour être pris en charge et obtenir un fonds de compensation qui sera valable jusqu'en 2090.

>> Entretien avec Alfredo Morabia, professeur à la Columbia NCY University, sur les séquelles pour les travailleurs:

Entretien avec Alfredo Morabia, professeur à la Columbia NCY University, sur les séquelles des travailleurs du 11 septembre 2001 [RTS]
Entretien avec Alfredo Morabia, professeur à la Columbia NCY University, sur les séquelles des travailleurs du 11 septembre 2001 / 19h30 / 2 min. / le 6 septembre 2021

Témoignage

L'homme qui a chuchoté à l'oreille de George W.Bush

Le jour des attentats, le président George W. Bush effectue une lecture dans une école en Floride. Il est discrètement informé par Andrew Card Jr. des attaques sur le World Trade Center. [DOUG MILLS - KEYSTONE]Le jour des attentats, le président George W. Bush effectue une lecture dans une école en Floride. Il est discrètement informé par Andrew Card Jr. des attaques sur le World Trade Center. [DOUG MILLS - KEYSTONE]"Mon nom est Andrew Card Jr. J'étais le chef de cabinet du président George W. Bush. Et j'ai eu la responsabilité de l'informer des attaques contre les Etats-Unis, le 11 septembre 2001." Dans l'émission de la RTS Tout un monde Andrew Card Jr. raconte les coulisses d'une image entrée dans l'histoire.

Ce 11 septembre 2001, le président des Etats-Unis George W. Bush est en visite dans une école primaire de Sarasota, en Floride. Il fait la promotion du programme "No Child Left Behind", qui vise à relever le niveau de qualité de l'enseignement.

>> En lire plus: Andrew Card, l'homme qui a chuchoté à l'oreille de George W. Bush le 11 septembre 2001

Les équipes du président lui avaient parlé d'un petit avion de tourisme qui se serait écrasé contre l'une des tours jumelles de New York. Le président pense alors à une crise cardiaque du pilote. Les minutes s'écoulent. Le petit avion de tourisme est en réalité un avion de ligne. Et puis un deuxième avion percute les tours. Andrew Card a quelques secondes pour agir.

"America is under attack". George W. Bush n'esquisse aucune réaction "pour ne pas paniquer les enfants" se souvient Andrew Card. "Pour moi, c'est comme si c'était hier, explique-t-il. Ce qui s'est déroulé ce jour-là, les challenges auxquels nous avons dû faire face, ils nous accompagnent encore aujourd'hui. C'est pour cela qu'il ne faut jamais oublier. Et particulièrement les presque 3000 personnes qui ont péri à cause de ces attaques."

>> L'interview complète d'Andrew Card dans Tout un monde:

Le jour des attentats, le président George W. Bush effectue une lecture dans une école en Floride. Il est discrètement informé des attaques sur le World Trade Center. [Paul J. RICHARDS - AFP]Paul J. RICHARDS - AFP
Andrew Card: l’homme qui a annoncé à George Bush les attentats du 11 septembre / Tout un monde / 5 min. / le 6 septembre 2021

Le devoir de mémoire

Comment enseigner le 11 Septembre aux enfants?

Si beaucoup se souviennent avec précision de leur journée du 11 septembre 2001, d'autres n'étaient simplement pas encore nés. Vingt ans, c'est une génération entière qui n'a pas vécu les attentats en direct, mais qui a vécu dans le sillage de ces événements historiques.

Comment leur enseigner ce qui s'est passé, comment leur transmettre la mémoire de cet événement? Et surtout, est-ce que cette date a encore une signification pour eux?

A certains égards, le professeur veut que les élèves revivent le 11 Septembre comme lui l'a vécu: le choc et l'horreur (...) c'est un peu décontextualisé et simpliste.

Jeremy Stoddard, professeur d'éducation à l'Université de Wisconsin à Madison

"Pour nos étudiants de dernière année, ça ne fait plus partie de leur vécu. Ils comparent le 11 Septembre au bombardement de Pearl Harbor en 1941", constate Josh Thomas, enseignant d'Histoire dans une école de Virginie.

A l'issue d'un sondage auprès d'un millier de membres du corps enseignant à travers le pays, le professeur Jeremy Stoddard conclut qu'une majorité de ces personne n'évoque le 11 Septembre que lors de la date anniversaire.

"A certains égards, le professeur veut que les élèves revivent le 11 Septembre comme lui l'a vécu: le choc et l'horreur. Mais cela s'accompagne d'un narratif un peu simpliste: un attentat sans précédent, le terrorisme et le mal, les héros du jour, et le monde qui se rassemble autour des Etats-Unis pour riposter. C'est un peu décontextualisé et simpliste."

>> Ecouter le reportage Jordan Davis aux Etats-Unis:

Après les attentats de 11 septembre 2001, les théories du complot se sont multipliées. [Henry Ray Abrams - AFP]Henry Ray Abrams - AFP
Comment enseigne-t-on les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis? / Tout un monde / 4 min. / le 6 septembre 2021

Retour sur les événements

Le détail de la journée du 11 septembre 2001

11 septembre 2001, une date qui a changé à jamais le cours du monde. Chaque adulte ou presque se souvient de ce qu'il faisait ce jour-là, où il a vu les premières images des tours en flammes, ce qu'il a ressenti, avec qui il en a parlé.

Ce jour-là, quatre avions de ligne étaient détournés par 19 terroristes pour être lancés contre des bâtiments hautement symboliques des États-Unis. Deux ont détruit le World Trade Center à New York, un a endommagé le Pentagone près de Washington et le dernier n'a pas atteint sa cible et s'est écrasé en Pennsylvanie.

Ces attaques ont fait au total 2977 morts, pour la majorité à New York, et ont ouvert de nouveaux et longs conflits, au nom de la lutte contre le terrorisme, en Afghanistan et en Irak.

Les images diffusées des deux avions percutant les tours du World Trade Center, puis l'effondrement horrifiant des deux bâtiments et la panique de la foule à New York ont aussi marqué une nouvelle ère dans la diffusion en direct d'événements dramatiques.

>> Retour sur cette journée dramatique minute par minute: 11 septembre 2001, New York, 8h46, l'attentat qui a changé le monde

>> Voir aussi le sujet récapitulatif du 19h30:

11 septembre 2001: l'effondrement des tours du World Trade Center déclenche une guerre ininterrompue contre le terrorisme [RTS]
11 septembre 2001: l'effondrement des tours du World Trade Center déclenche une guerre ininterrompue contre le terrorisme / 19h30 / 4 min. / le 5 septembre 2021

>> Voir également le rappel de La Matinale:

Zoom (vidéo) - Les 20 ans des attentats du 11 septembre 2001: retour sur une journée historique [RTS]
Zoom (vidéo) - Les 20 ans des attentats du 11 septembre 2001: retour sur une journée historique / La Matinale / 2 min. / le 6 septembre 2021

Le programme sur la RTS

Une semaine spéciale en radio, TV et sur le web

A quelques jours du 20 anniversaire des attentats les plus meurtriers de l’histoire contemporaine, Géopolitis ouvre cette semaine thématique (5 septembre, RTS1, 13h25). Le magazine évoque la guerre déclarée contre le terrorisme qui n’en finit pas depuis vingt ans, en compagnie d’Arnaud Danjean, député européen et spécialiste sécurité et défense.

Editions spéciales en TV

Du 5 au 11 septembre, les éditions du 19h30 reviendront largement sur cet anniversaire. Lundi, dans le 19h30, Philippe Revaz propose une page spéciale d’une quinzaine de minutes, tournée à New York, avec des invités, experts ou témoins, qui apportent un regard éclairant sur les attentats.

Samedi 11 septembre, dès 14h15 sur RTS 2, Pierre-Olivier Volet présentera une édition spéciale de trois heures pour suivre en direct les images des commémorations américaines présidées par Joe Biden.

Journée spéciale sur La Première

Lundi 6 septembre, les rendez-vous d’information radio se penchent aussi largement sur ces événements. Dans Tout un monde, dès 8h12, on entend notamment Andrew Card, ancien chef de cabinet de George W. Bush. C’est lui qui, au matin du 11 septembre, annonça les attaques au président américain, séquence immortalisée par une vidéo qui fit le tour du globe. Le débat de Forum (18h) est aussi consacré à ce 20e anniversaire.

Live Instagram et dossier web

Un dossier thématique est aussi mis en ligne sur le site RTSInfo.ch. Sur ses réseaux sociaux, RTS Info prévoit la publication de plusieurs formats dont un live Instagram, vendredi 10 septembre dès 20h15, conduit par Sophie Badoux et Gaspard Kühn, correspondant aux Etats-Unis.