Banner Afghanistan du 22 août 2021. [Keystone]
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Les talibans mettent en garde les Etats-Unis contre tout report du départ de leurs soldats

- Environ 16'000 personnes ont été évacuées d'Afghanistan via l'aéroport de Kaboul pendant les dernières 24 heures, a annoncé le Pentagone lundi. Cela porte à 42'000 le nombre de personnes ayant été transférées d'Afghanistan depuis juillet, dont 37'000 depuis que les évacuations aériennes se sont intensifiées depuis le 14 août, veille de la prise de Kaboul par les talibans.

-  Sous pression de ses alliés, Joe Biden a ouvert la porte à un maintien des soldats sur place au-delà de la date prévue du 31 août.

- La France juge "nécessaire" un "délai supplémentaire", au-delà du 31 août, pour mener à bien les évacuations alors que l'Allemagne est en discussions avec les Etats-Unis, la Turquie et d'autres partenaires afin de garder l'aéroport de Kaboul ouvert plus longtemps.

- Un porte-parole des talibans a toutefois affirmé qu'un prolongement de la présence américaine en Afghanistan aurait "des conséquences" pour les Etats-Unis.

 - Des tirs ont à nouveau éclaté lundi matin près de l'aéroport de Kaboul. Un membre des forces de sécurité afghanes a été tué. Ce week-end, sept personnes y avaient trouvé la mort dans des mouvements de foule, alors que plusieurs milliers de personnes s'y pressent désespérément pour quitter l'Afghanistan.

Suivi assuré par RTSinfo

20h30

Washington dit pouvoir évacuer tous les Américains d'ici le 31 août

La Maison Blanche a réaffirmé lundi son objectif d'achever les évacuations de ses ressortissants d'Afghanistan avant le 31 août. Ce conformément à l'accord avec les talibans et en dépit des appels d'alliés à prolonger les opérations à l'aéroport de Kaboul.

"Comme le président l'a déjà dit, nous pensons avoir le temps d'ici au 31 (août) d'évacuer tous les Américains qui le souhaitent", a indiqué lors d'un point presse le conseiller du président Joe Biden à la sécurité nationale, Jake Sullivan.

19h30

Projet de résolution pour enquêter sur les violations des droits humains

L'Organisation de la coopération islamique (OCI) a déposé lundi à l'ONU un projet de résolution demandant une enquête sur les violations des droits humains en Afghanistan, sans toutefois appeler à la création d'un mécanisme international d'enquête comme le demandaient des ONG.

Le projet de résolution affirme son "soutien aux efforts en cours, visant à un règlement politique inclusif et durable et à la réconciliation nationale en Afghanistan; et appelle également à un processus de paix et de réconciliation inclusif et significatif qui respecte les droits humains et les libertés fondamentales".

Il souligne aussi "la nécessité de mener une enquête rapide et transparente" sur les informations faisant état de violations des droits humains et du droit humanitaire "et de demander des comptes aux responsables".

Enfin, le texte demande à la Haute-Commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, de présenter un rapport, lors de la 49e session du CDH (en février-mars 2022), et d'organiser un débat sur la situation des droits humains en Afghanistan.

18h45

Le point de la situation

Les évacuations des ressortissants étrangers et des collaborateurs des forces alliées se poursuivent en Afghanistan. Des dizaines de milliers de personnes sont toujours en attente d'un vol pour quitter le pays, alors que le retrait complet des forces armées américaines est prévu pour le 31 août.

Mais le président Joe Biden n'exclut pas complètement de poursuivre l'opération au-delà de cette date butoir alors que la France réclame aux Américains un "délai supplémentaire" pour les évacuations

>> Le point de la situation dans Forum:

Joe Biden n'exclut pas de prolonger la présence américaine à l'aéroport de Kaboul (vidéo) [RTS]
Joe Biden n'exclut pas de prolonger la présence américaine à l'aéroport de Kaboul (vidéo) / Forum / 2 min. / le 23 août 2021

>> >> Tous les détails dans le 19h30:

A l'aéroport de Kaboul, des milliers de personnes tentent toujours-de fuir au péril de leur vie l'Afghanistan. [RTS]
A l'aéroport de Kaboul, des milliers de personnes tentent toujours de fuir au péril de leur vie l'Afghanistan. / 19h30 / 2 min. / le 23 août 2021

18h15

16'000 personnes évacuées de l'aéroport de Kaboul ces dernières 24h

Environ 16'000 personnes ont été évacuées d'Afghanistan via l'aéroport de Kaboul pendant les dernières 24 heures, a annoncé le Pentagone lundi. L'approche de la date butoir du 31 août provoque une accélération des opérations.

Cela porte à 42'000 le nombre de personnes ayant été transférées d'Afghanistan depuis juillet, dont 37'000 depuis que les évacuations aériennes se sont intensifiées depuis le 14 août, veille de la prise de Kaboul par les talibans, a déclaré le porte-parole John Kirby.

Pendant les 24 heures précédant lundi 07h00 GMT, 61 avions militaires et civils de divers pays ont décollé de l'aéroport de Kaboul, a précisé le général Hank Taylor, de l'état-major américain.

Sur les 16'000 personnes évacuées pendant cette période, 11'000 l'ont été par des vols militaires, a-t-il précisé.

Cela inclut "quelques milliers" de ressortissants américains, ainsi que des milliers d'Afghans ayant coopéré avec les Etats-Unis, qui avaient demandé ou reçu un visa d'immigration, ainsi que des Afghans craignant des représailles des talibans pour avoir travaillé pour des ONG, des médias et d'autres emplois réprouvés par les islamistes, a indiqué John Kirby.

Le porte-parole du ministère américain de la Défense a refusé de chiffrer précisément le nombre d'Américains évacués.

17h45

Aéroport ouvert après le 31 août?

L'Allemagne est en discussions avec les Etats-Unis, la Turquie et d'autres partenaires afin de garder l'aéroport de Kaboul ouvert pour les évacuations après le 31 août, date à laquelle Washington a prévu d'achever son retrait, a annoncé lundi le chef de la diplomatie allemande.

"Nous devrons continuer à discuter avec les talibans, car ils auront bien sûr un rôle particulier à jouer dans le fonctionnement de l'aéroport après le retrait des troupes américaines", a précisé Heiko Maas au cours d'un point-presse.

17h15

Justin Trudeau en faveur de "sanctions" contre les talibans

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré lundi qu'il allait plaider en faveur de l'imposition de "sanctions" contre les talibans, à la veille d'un sommet virtuel du G7 consacré à l'Afghanistan.

Boris Johnson, dont le pays assure actuellement la présidence du G7, a annoncé dimanche que les dirigeants du groupe des grandes puissances (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) se réuniraient virtuellement pour des "discussions urgentes" sur la situation en Afghanistan.

Le Canada a repris jeudi ses vols vers Kaboul, pour la première fois depuis la prise de la capitale afghane par les talibans.

Quatre vols ont décollé de cette ville à destination du Canada: le dernier en date a transporté dimanche 436 citoyens canadiens et ressortissants afghans.

Près de 900 Afghans sont arrivés au Canada dans le cadre d'un nouveau programme spécial d'immigration, ont-ils précisé.

Le Canada s'est engagé récemment à accueillir 20'000 réfugiés afghans dans le cadre de ce programme.

16h45

La Croix-Rouge a ses connexions avec les talibans

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) peut poursuivre ses activités en Afghanistan avec ses quelque 1800 collaborateurs. L'organisation humanitaire n'a jamais rompu ses contacts avec les talibans et continue d'utiliser ces canaux, a déclaré Dominik Stillhart, directeur des opérations du CICR.

Après quatre décennies de guerre, de violence, de mauvaise gestion et avec la sécheresse actuelle et la pandémie de Covid-19, la situation humanitaire est catastrophique.

Dominik Stillhart craint pour le ravitaillement de base, que le gouvernement renversé avait plus ou moins sous contrôle dans les grandes villes. De plus, l'argent risque de manquer bientôt.

Pour l'heure, on ignore qui est responsable de quoi. Mais selon le directeur des opérations, après des années de travail sur le terrain, le CICR sait qui il peut contacter parmi les talibans. Parmi ses canaux se trouvent des responsables de haut rang, qui ont donné l'assurance que les quelque 1800 employés peuvent et doivent continuer à travailler, a-t-il déclaré. Parmi ces employés se trouvent 100 délégués du CICR.

16h15

La Grèce veut éviter des "flux supplémentaires de réfugiés"

Avec le retour des talibans au pouvoir à Kaboul, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a déclaré lundi vouloir éviter que "des flux supplémentaires de réfugiés n'arrivent en Europe".

Lors d'une rencontre à Athènes avec la vice-présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, le Premier ministre grec a expliqué qu'"il était important que l'Union européenne soutienne les pays proches de l'Afghanistan afin de s'assurer que des flux supplémentaires de réfugiés n'arrivent en Europe".

La Grèce accueille actuellement 40'000 demandeurs d'asile et réfugiés afghans. La nationalité afghane est devenue la première parmi les migrants arrivant en Grèce, selon le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU.

15h30

La France juge "nécessaire" de reporter la date butoir du retrait US

La France juge "nécessaire" un "délai supplémentaire", au-delà du 31 août, pour mener à bien les évacuations de personnes à risque d'Afghanistan, après la prise de pouvoir des talibans, a indiqué lundi le ministre français des Affaires étrangères.

"Nous sommes préoccupés de la date-butoir fixée par les Etats-Unis le 31 août. Un délai supplémentaire est nécessaire pour mener à bien les opérations en cours", a dit Jean-Yves Le Drian à des journalistes l'accompagnant sur la base aérienne 104 d'Al-Dhafra, à 30 kilomètres d'Abou Dhabi, où l'armée de l'Air française a mis en place un pont aérien vers Kaboul.

Lors de ce déplacement, auquel participe également la ministre des Armées Florence Parly, l'entourage du chef de la diplomatie a précisé que la France avait "mis à l'abri, entre le 17 et le 22 août, près de 1200 personnes", dont "près d'une centaine de ressortissants français, près d'un millier d'Afghanes et d'Afghans menacés et des dizaines de ressortissants étrangers, de l'Union européenne et qui travaillent pour l'UE".

14h30

Pour les Afghans de Suisse, la sidération

La prise de pouvoir des talibans est une véritable débâcle et un échec cuisant pour les pays occidentaux qui ont soutenu les forces gouvernementales.

Les images de la semaine dernière ont sidéré le monde. Elles ont aussi et surtout bouleversé, choqué et angoissé les citoyens afghans qui vivent en Suisse. Mise au point est allé à leur rencontre.

>> Le reportage de Mise au point:

Le désarroi afghan [RTS]
Le désarroi afghan / Mise au point / 12 min. / le 22 août 2021

>> Voir aussi l'interview de Damien Cottier, conseiller national PLR, qui revient sur la question des réfugiés:

Pourquoi la Suisse n’accueille-t-elle pas de réfugiés afghans ? [RTS]
Pourquoi la Suisse n’accueille-t-elle pas de réfugiés afghans ? / Mise au point / 7 min. / le 22 août 2021

14h15

Matériel médical bloqué à cause des restrictions à l'aéroport de Kaboul

Plus de 500 tonnes de fournitures médicales, notamment du matériel chirurgical et des traitements contre la malnutrition sévère, qui devaient être livrées en Afghanistan cette semaine, sont bloquées en raison des restrictions imposées à l'aéroport de Kaboul, a indiqué lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les organisations humanitaires affirment qu'il est essentiel que les approvisionnements en matériel médical et denrées alimentaires soient livrés aux quelque 300'000 personnes déplacées en Afghanistan au cours des deux derniers mois, dans le contexte de l'avancée des insurgés islamistes qui a culminé avec la prise de Kaboul par les talibans le 15 août.

Près de 18,5 millions de personnes - soit la moitié de la population - dépendent de l'aide humanitaire et les besoins devraient augmenter en raison de la sécheresse.

14h10

10'000 personnes évacuées par l'armée américaine dimanche

L'armée américaine a évacué par avion environ 10'400 personnes de la capitale afghane Kaboul sur la seule journée de dimanche et 61 avions de la coalition emmenée par les Etats-Unis ont aidé à évacuer environ 5900 personnes, a annoncé la Maison Blanche lundi.

Depuis le 14 août et la prise de contrôle de l'Afghanistan par les talibans, les Etats-Unis ont évacué ou aidé à évacuer 37'000 personnes du pays, a précisé la présidence.

14h05

Pas de nouveau gouvernement tant qu'il y aura des soldats américains

Les talibans n'annonceront pas la constitution d'un gouvernement en Afghanistan tant qu'il restera des soldats américains sur son sol, ont déclaré lundi à l'AFP deux sources au sein de ce mouvement islamiste.

"Il a été décidé que la formation du gouvernement (...) ne serait pas annoncée tant qu'un seul soldat américain serait présent en Afghanistan", a dit l'une de ces sources. L'information a été confirmée par une deuxième.

14h00

Point de situation à la mi-journée

Alors que la situation reste chaotique à l'aéroport de Kaboul, peu de solutions semblent sur la table.

Les Etats-Unis, qui cherchent à évacuer près de 60'000 civils afghans, envisagent de prolonger leur présence dans le pays pour procéder à ces opérations. De leur côté, les talibans ont averti qu'un tel prolongement serait "un prolongement de l'occupation" qui aurait irrémédiablement "des conséquences".

Une menace à peine voilée au moment où la situation dans la capitale se détériore aux abords de l'aéroport, une fusillade ayant eu lieu entre des militaires allemands et américains et des assaillants non identifiés.

>> Les précisions du 12h45:

L'aéroport de Kaboul assaillit par la population qui tente de se faire évacuer avant le retrait des troupes américaines [RTS]
L'aéroport de Kaboul assailli par la population qui tente de se faire évacuer avant le retrait des troupes américaines / 12h45 / 2 min. / le 23 août 2021

13h45

Les talibans préviennent de "conséquences" si les Etats-Unis retardent leur départ

Les Etats-Unis et leurs alliés s'exposent à des "conséquences" s'ils retardent leur départ d'Afghanistan, prévu pour le 31 août, afin de poursuivre les évacuations à Kaboul, a prévenu un porte-parole des talibans interrogé par Sky News.

"C'est une ligne rouge. Le président Biden a annoncé que les Etats-Unis retireraient toutes leurs forces armées le 31 août. Donc s'ils prolongent leur présence, cela signifie qu'ils prolongent l'occupation, alors que ce n'est pas nécessaire", a déclaré le porte-parole.

"Si les Etats-Unis ou le Royaume-Uni demandent plus de temps pour poursuivre les évacuations, la réponse est non. Ou il y aura des conséquences", a-t-il ajouté. "Cela créera de la méfiance entre nous. S'ils ont l'intention de continuer l'occupation, cela provoquera une réaction."

13h40

Deux ministres français attendus aux Emirats arabes unis

Les ministres français des Affaires étrangères et des Armées sont attendus lundi aux Emirats arabes unis, où ils feront le point sur le dispositif français qui a déjà permis d'évacuer plus de mille Afghans depuis le retour des talibans au pouvoir à Kaboul.

Jean-Yves Le Drian et Florence Parly vont se rendre sur la base aérienne 104 d'Al-Dhafra, à 30 kilomètres d'Abou Dhabi, où l'armée de l'Air française a mis en place un pont aérien vers Kaboul, ont annoncé les deux ministères dans un communiqué commun.

Plus de 1000 exfiltrations

Depuis le 15 août, "près de 100 ressortissants français, près de 40 ressortissants de pays partenaires et plus d'un millier d'Afghans" menacés pour avoir travaillé auprès d'institutions et ONG françaises ou en raison de leur engagement dans la société civile afghane ont ainsi rejoint la France via les Emirats, ont-ils précisé.

Un sixième avion, transportant 250 Français et Afghans, a atterri dimanche soir à Paris puis un septième dans la nuit de dimanche à lundi avec 250 personnes à bord. Le premier vol avait ramené 41 personnes, principalement des Français, le 17 août.

13h30

Vladimir Poutine veut éviter la propagation de l'islam radical

Il est essentiel d'éviter tout débordement de l'islam radical en Asie centrale depuis l'Afghanistan et de tenir à distance les extrémistes islamistes, a déclaré le président russe Vladimir Poutine, lors d'un sommet en ligne avec des dirigeants de pays de la région.

Il a également souligné l'importance à ses yeux de surveiller de près le trafic de drogue en Afghanistan.

Lors du sommet, Vladimir Poutine et les dirigeants de pays d'Asie centrale qui y participaient ont exprimé leur crainte de voir l'Etat islamique conserver un bastion en Afghanistan, ce qui constituerait une menace, a indiqué le Kremlin.

12h20

Un avion suisse en route vers l'Ouzbékistan

Un avion de Swiss a décollé lundi de Zurich pour la capitale ouzbèke Tachkent. L’appareil doit rapatrier en Europe des personnes évacuées de Kaboul. A ce jour, une centaine de personnes ayant un lien avec la Suisse ont pu être évacuées. Les premiers employés locaux de la DDC et leurs familles ont également pu quitter Kaboul dimanche.

Un vol charter de Swiss devait partir pour Tachkent samedi. En raison de la situation précaire autour de l'aéroport de Kaboul, il a dû être reporté à court terme, explique lundi le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). L’avion comptant 300 places assises a finalement pu quitter Zurich lundi.

Les partenaires internationaux avaient fortement limité leurs vols d’évacuation samedi en raison de la situation sécuritaire tendue à Kaboul. Dimanche, de plus en plus de personnes ont pu être transférées vers Tachkent.

Afin de laisser de la place dans la capitale ouzbèke pour de nouveaux avions militaires en provenance de Kaboul, les personnes évacuées doivent pouvoir voler rapidement en Europe. Avec le vol de Swiss, la Suisse apporte une contribution concrète aux efforts d’évacuation de la communauté internationale, ajoute le DFAE.

Pour la première fois, des employés locaux du bureau de coopération de la Direction du développement de la coopération (DDC) et leurs familles ont pu se rendre à l'intérieur de l'aéroport de Kaboul dimanche. Ces quelque 70 personnes ont déjà été transportées par un avion de la Bundeswehr allemande à Tachkent et attendent maintenant la poursuite du vol vers la Suisse. En outre, 30 personnes ayant un lien avec la Suisse ont pu être évacuées.

A ce jour, une centaine de personnes ont ainsi été évacuées d’Afghanistan dans le cadre des opérations d’évacuation de la Suisse. Berne travaille d’arrache-pied pour que d’autres personnes puissent quitter Kaboul, précise le DFAE.

11h50

L'Iran souhaite un gouvernement "représentatif"

L'Iran, pays inquiet des retombées du conflit en Afghanistan voisin, a appelé lundi "toutes les parties" afghanes à cesser la violence et à négocier en vue de la formation d'un gouvernement "représentatif de la diversité" du pays.

"Il n'y a pas de solution militaire à la crise" que traverse l'Afghanistan depuis la prise du pouvoir des talibans à Kaboul le 15 août à la faveur du retrait progressif des troupes américaines du pays, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Saïd Khatibzadeh, lors d'un point de presse télévisé.

"Tous les groupes et tous les camps politiques doivent s'abstenir de recourir à la force et s'engager dans la voie de la négociation et du dialogue", a ajouté le porte-parole, selon qui "la République islamique d'Iran maintient un canal de communication permanent avec tous les camps politiques en Afghanistan".

L'Iran "espère que le peuple [...] et les différents groupes [afghans] saisiront l'occasion du retrait des forces étrangères pour instaurer un gouvernement [...] représentatif de la diversité [du pays] et qui maintiendra des liens amicaux avec ses voisins", a encore dit Saïd Khatibzadeh.

11h20

Les talibans disent avoir encerclé le Panchir, mais vouloir discuter

Les talibans ont annoncé avoir encerclé les combattants de la résistance autoproclamée à leur pouvoir dans le Panchir, une province enclavée au nord-est de Kaboul, tout en ajoutant vouloir négocier avec eux plutôt que combattre.

Dans la nuit, des informations non confirmées ont fait état de heurts aux abords de la vallée du Panchir, où le vice-président du régime renversé par les talibans, Amrullah Saleh, s'est réfugié et a décrété la résistance aux nouveaux maîtres du pays.

"Nos combattants sont stationnés près du Panchir" qu'ils encerclent, a déclaré sur Twitter un porte-parole des talibans, tout en ajoutant que son régime "tente de résoudre cette affaire pacifiquement".

Dimanche, des comptes Twitter pro-talibans avaient annoncé que des "centaines" de leurs combattants se dirigeaient vers le Panchir.

Sur les réseaux sociaux, des comptes pro-résistance niaient toute avancée des talibans, affirmant que ces derniers avaient été stoppés par des embuscades.

10h50

Londres plaidera pour une prolongation des évacuations

Le Royaume-Uni va plaider auprès des Etats-Unis pour une prolongation des opérations d'évacuation à Kaboul au-delà de la date limite du 31 août, lors d'un sommet virtuel du G7 mardi consacré à l'Afghanistan, a indiqué le gouvernement britannique.

"Pouvoir persuader ou non les Etats-Unis de rester  est une question relevant du Premier ministre britannique Boris Johnson demain à la réunion du G7", a déclaré le secrétaire d'Etat chargé des Forces armées, James Heappey, sur Sky News.

Il a toutefois souligné que la décision ne relevait pas uniquement de Washington, et que les talibans avaient également leur mot à dire.

10h25

Un premier avion de personnes exfiltrées arrive en Belgique

Un avion de ligne transportant 193 personnes exfiltrées de Kaboul a atterri lundi près de Bruxelles, la première arrivée sur le sol belge d'un contingent de personnes évacuées d'Afghanistan après la prise de pouvoir des talibans.

Transportant des ressortissants belges mais surtout des Afghans ayant travaillé pour des organisations internationales ainsi que leurs familles, l'appareil de la compagnie Air Belgium a atterri à la base militaire de Melsbroek.

Il arrivait en provenance d'Islamabad, capitale pakistanaise depuis laquelle des avions militaires belges assurent des liaisons avec l'aéroport de Kaboul pour participer aux difficiles opérations d'évacuation dans la capitale afghane.

10h10

Migrants: "Cela n'a pas de sens de proposer un quota à l'avance"

Le secrétaire d'Etat aux migrations Mario Gattiker met en garde contre de potentiels mauvais signaux de la part de la Suisse dans la crise afghane. Il est inutile de prévoir un contingent de 10'000 réfugiés afghans si les personnes concernées ne peuvent en réalité pas être aidées, dit-il dans un entretien publié par la NZZ.

Des millions d'Afghans ont déjà trouvé refuge en dehors des frontières de leur pays, explique notamment Mario Gattiker au journal alémanique. "Si l'Europe envoie maintenant des signaux (indiquant qu'ils pourraient gagner le continent), beaucoup de ces personnes voudront venir ici. Elles s'exposeront à des routes migratoires dangereuses et à des bandes de passeurs criminels", dit-il.

Concernant l'accueil de personnes provenant directement d'Afghanistan, la Suisse examinerait bien sûr une éventuelle demande du HCR d'accueillir des personnes vulnérables, précise Mario Gattiker. "Mais cela n'a pas de sens de proposer un quota à l'avance."

10h00

Composition d'un nouveau gouvernement: un équilibre fragile

Dimanche, le porte-parole des talibans a promis que la composition du futur gouvernement serait bientôt dévoilé.

Les négociations avec l'ancien président Hamid Karzai et avec le chef du Haut conseil pour la réconciliation national ont continué durant le week-end mais plusieurs personnalités, dont l'ancien gouverneur de la province de Balkh, Ustad Atta Mohammed Noor, ont menacé de prendre les armes si un gouvernement d'ouverture ne voyait pas le jour.

Dans son bastion du Panchir, Ahmad Massoud a adressé le même message, en ajoutant qu'il répliquerait si les talibans tentaient de s'emparer de la région par la force, au lieu de négocier.

La situation est donc fragile et les prochains jours pourraient s'avérer décisifs car si des accords ne sont pas trouvés, la guerre civile qui ravage le pays depuis des décennies pourrait continuer.

>> Le reportage de La Matinale:

Des Talibans lors d'une conférence de presse le 18 août 2021. [Stringer - EPA]Stringer - EPA
Les discussions entre les talibans et la classe politique pour former un nouveau gouvernement trainent en longueur / La Matinale / 1 min. / le 23 août 2021

09h20

Une conférence sur l'Afghanistan en Suisse? Interviews de Carlo Sommaruga et Laurent Wehrli

La Confédération s'est dit disposée à proposer ses bons offices dans la crise afghane. La Suisse pourrait notamment organiser un sommet international. Selon des informations de la NZZ am Sonntag, l'objectif serait de réunir des pays donateurs pour négocier et coordonner l'aide humanitaire.

Pour le socialiste Carlo Sommaruga, conseiller aux Etats genevois et membre de la commission des affaires étrangères, cette initiative est "une bonne chose", mais il y a plus urgent.

"L'urgence, c'est l'octroi de visas pour sauver les personnes qui ont collaboré soit avec la Suisse, soit avec des ONG suisses pour la défenses des droits de l'Homme et la démocratie, voire des organisations internationales basées à Genève et qu'il faut protéger et amener en Suisse", explique-t-il dans La Matinale.

Et d'ajouter: "D'autre part, à moyen et à long terme, il faut venir en aide à la population générale de ce pays, car il y a des problèmes de nutrition et de santé. Là, il y a une coordination à avoir et des conditions similaires à poser par l'ensemble de la communauté internationale. Je pense qu'en cela, l'initiative de la Suisse est une bonne chose."

>> L'interview de Carlo Sommaruga dans La Matinale:

Le conseiller aux Etats genevois Carlo Sommaruga. [Alessandro della Valle - Keystone]Alessandro della Valle - Keystone
Quelles priorités pour l'aide en Afghanistan ? Interview de Carlo Sommaruga / La Matinale / 1 min. / le 23 août 2021

"Des démarches complémentaires"

Le conseiller national vaudois Laurent Wehrli, lui aussi membre de la commission des affaires étrangères, estime qu'il ne faut pas opposer les deux démarches, car elles sont au contraire "complémentaires".

"La question de l'urgence de l'évacuation d'un certain nombre de personnes, à commencer par nos 26 compatriotes qui souhaitent le faire et, respectivement, les personnes qui ont collaboré avec nos différents services, est une priorité" juge l'élu PLR.

"Mais parallèlement à cela, la suite de l'aide humanitaire en Afghanistan et dans les pays de cette région est aussi une urgence. Je crois qu'on ne doit pas opposer les démarches car, au contraire, elles sont complémentaires (...) le niveau d'urgence est peut-être différent mais il est absolument nécessaire de lancer ce projet de conférence maintenant (...) la Suisse a un rôle de bons offices à conduire ici", ajoute-t-il au micro de La Matinale.

>> L'interview de Laurent Werhli dans La Matinale:

Laurent Wehrli, conseiller national PLR vaudois. [Gaëtan Bally - Keystone]Gaëtan Bally - Keystone
Une conférence sur l'Afghanistan en Suisse? Interview de Laurent Wehrli / La Matinale / 1 min. / le 23 août 2021

08h50

Des habitants de Kaboul témoignent pour la RTS

A l'aéroport de Kaboul, les scènes de panique et de désespoir se multiplient depuis une semaine. Des milliers de personnes tentent de fuir le pays pour échapper à une vie dirigée par le mouvement des talibans.

La RTS a pu joindre des habitants de Kaboul qui sont en contact avec leur famille en Suisse. Par crainte de représailles, les personnes interrogées ont toutes préféré garder l'anonymat. Elles décrivent un climat de peur, des coups de feu, un abandon de la communauté internationale, des talibans qui circulent partout dans la ville lourdement armés et une grande inquiétude: que tout recommence comme dans les années 1990, quand le mouvement intégriste faisait régner la terreur dans le pays.

>> Réécouter le reportage de La Matinale:

Des talibans patrouillent dans la rue à Kaboul, le 19 août 2021. [Rahmat Gul - AP/Keystone]Rahmat Gul - AP/Keystone
Reportage: le désespoir des communautés afghanes de Suisse / La Matinale / 3 min. / le 23 août 2021

>> Lire aussi: Des habitants de Kaboul témoignent de leur peurs et de leur désespoir

08h20

Alain Délétroz: "La fin d'une guerre est toujours une bonne nouvelle"

Alors que les talibans ont pris le pouvoir en Afghanistan depuis un peu plus d'une semaine, se pose la question de savoir comment les organisations humanitaires continuent à entretenir le dialogue.

Pour Alain Délétroz, directeur de l'Appel de Genève, qui a pour but la protection des civils dans les conflits armés et le respect du droit international humanitaire, il faut toujours essayer de trouver une porte d'entrée pour la discussion: "Comme avec tous les autres groupes armées non étatiques, on essaie de trouver un premier terrain d'entente, une thématique sur laquelle on pourrait avancer avec eux (...). Avec les talibans, la thématique sur laquelle on a le plus avancé, c'est celle du système de santé du pays et des missions médicales."

Et d'ajouter qu'en travaillant sur cette thématique, "on également touché celle de la place des femmes dans la société afghane, car dans le pays, plus de 80% du système de santé est dans les mains de femmes et de femmes médecins".

"Des questions ouvertes sur l'avenir"

Invité de La Matinale lundi, Alain Délétroz admet que l'avenir de l'Afghanistan est encore très difficile à prévoir car les talibans ont changé de statut. Ils ont désormais quitté l'opposition et se trouvent en charge du pouvoir. Il s'agira donc de savoir s'ils respecteront ce à quoi ils se sont engagés.

L'ancien vice-président de l'International Crisis Group rappelle par ailleurs qu'il faut bien avoir en tête qu'on assiste là à la fin d'une guerre et que malgré les craintes, il y donc quelques points positifs à en retirer.

"Pour tous les humanitaires, la fin d'une guerre est une bonne nouvelle. Cette guerre ne se termine pas comme les Occidentaux l'auraient désiré mais elle signifie également moins de combats, moins de bombardements et moins de victimes civiles", juge-t-il.

Et de souligner les différences qu'il existe entre ces talibans et ceux qui avaient gouverné le pays à la fin des années 1990: "La grande différence est que ces talibans cherchent une légitimisation. Ils cherchent à avoir un contact avec la communauté internationale et savent qu'ils vont se trouver avec les caisses vides (...) ils ne pourront pas gérer le pays si personne ne leur fait confiance (...) il y a donc de l'espoir et une carte à jouer pour tous les intermédiaires neutres", conclut-il.

>> L'interview intégrale d'Alain Délétroz dans La Matinale:

Des milliers d'Afghans se pressent autour de l'aéroport militaire de Kaboul, le 20 août 2021. [Wakil Kohsar - AFP]Wakil Kohsar - AFP
Dialoguer avec les talibans, une expérience relatée par Alain Délétroz / La Matinale / 8 min. / le 23 août 2021

07h45

Fusillade à l'aéroport de Kaboul

Une fusillade a éclaté entre les forces de sécurité afghanes et des assaillants non identifiés à la porte nord de l'aéroport de Kaboul lundi, a déclaré la Bundeswehr, l'armée nationale allemande, sur Twitter.

Un membre des forces de sécurité afghanes a été tué et trois autres ont été blessés dans cette confrontation, à laquelle ont également participé des forces américaines et allemandes, a précisé la Bundeswehr.

Tous les soldats de la Bundeswehr sont indemnes, a-t-elle ajouté.

07h30

Joe Biden n'exclut pas de prolonger la présence américaine à Kaboul

Face au chaos des évacuations à Kaboul et sous pression de ses alliés, Joe Biden a ouvert la porte à un maintien des soldats sur place au-delà de la date prévue du 31 août.

"Il y a des discussions en cours entre nous et l'armée au sujet de la prolongation. Nous espérons ne pas avoir à prolonger, mais il y aura des discussions, je suppose, sur l'état d'avancement du processus" d'évacuation, a déclaré le président américain dimanche soir.

Dimanche toujours, le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont le pays préside le G7, a jugé "vital que la communauté internationale travaille ensemble pour assurer des évacuations sûres, prévenir une crise humanitaire et aider le peuple afghan à protéger les progrès (réalisés) les vingt dernières années".

La veille, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avait jugé "impossible" d'évacuer tous les collaborateurs afghans des pouvoirs occidentaux avant le 31 août, n'excluant toutefois pas que les Américains puissent "changer d'avis" et restent au delà de cette date. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont également appelé Joe Biden à repousser la date butoir du retrait.

>> Les précisions de La Matinale sur le discours de Joe Biden:

Le président américain Joe Biden. [AP Photo/Manuel Balce Ceneta - Keystone]AP Photo/Manuel Balce Ceneta - Keystone
Joe Biden a mis en avant dans un discours les chiffres des évacuations à l'aéroport de Kaboul / La Matinale / 1 min. / le 23 août 2021

07h15

Le Royaume-Uni a évacué 5700 personnes

Le Royaume-Uni a évacué plus de 5700 personnes d'Afghanistan, a annoncé dimanche soir le gouvernement britannique. Ce dernier dit redoubler d'efforts pour accélérer ce processus avant le retrait des forces américaines.

Cette opération, baptisée PITTING, a permis d'évacuer 5725 personnes de Kaboul, dont plus de 3100 Afghans et leurs familles, depuis son lancement le 13 août, a indiqué le ministère de la Défense. Outre les Afghans employés localement par le Royaume-Uni figurent parmi les personnes évacuées du personnel diplomatique et des ressortissants du Royaume-Uni et d'autres pays.

Le brigadier Dan Blanchford, commandant des opérations des forces interarmées, qui dirige plus d'un millier de soldats à Kaboul, a décrit "une mission très complexe et exigeante".

"Les horribles difficultés que rencontrent les familles et les individus pour se rendre à l'aéroport sont évidentes et mes hommes et femmes en première ligne ont vu et assisté à des scènes déchirantes", a témoigné Dan Blanchford.

"Nous redoublons d'efforts pour accélérer les processus et accompagner les plus vulnérables", a-t-il souligné, avec 30'000 litres d'eau acheminés par jour, de la nourriture pour 5000 personnes et des distributions de couches, de lait pour bébés et de produits sanitaires.

07h00

Qui est responsable du chaos afghan?

Dimanche dernier, les talibans sont entrés dans Kaboul. La suite, ce sont ces images qui ont fait le tour du monde: l'aéroport pris d'assaut par les civils, des hommes qui s'agrippent aux avions militaires dans l'espoir de fuir leur pays, des femmes désespérées qui vont jusqu'à confier leur bébé à des soldats occidentaux. Autant d'images qui resteront comme le symbole de la déroute afghane de l'été 2021.

Mais comment en est-on arrivé là, qui est responsable de ce chaos? Les Américains notamment ont-ils abandonné l'Afghanistan?

Retrouvez la discussion dans Forum entre Raphaël Grand, ancien correspondant de RTSinfo aux Etats-Unis, Malika Nedir, cheffe de la rubrique monde chez TX Group (ex-Tamedia) et Boris Mabillard, grand reporter, ancien chef de la rubrique internationale du Temps:

Forum des médias - Point sur la situation en Afghanistan (vidéo) [RTS]
Forum des médias - Point sur la situation en Afghanistan (vidéo) / Forum / 21 min. / le 22 août 2021

06h45

Faut-il continuer l'aide humanitaire à l'Afghanistan?

Faut-il continuer à verser une aide financière à l'Afghanistan, qui vit désormais sous régime taliban? Si de nombreux pays s'accordent sur la nécessité d'une aide à la population, les Etats-Unis, l'Allemagne et le Fonds monétaire international (FMI) ont décidé de suspendre leur aide au développement à ce pays, qui dépend à plus de 42% des aides financières internationales.

Pour Gilles Carbonnier, professeur d'économie internationale à l'Institut des Hautes études internationales et du développement à Genève et vice-président du Comité international de la Croix-Rouge, il importe de distinguer aide humanitaire et aide au développement.

>> L'interview de Gilles Carbonnier dans Forum:

Quid de l'aide au développement en l'Afghanistan? Interview de Gilles Carbonnier (vidéo) [RTS]
Quid de l'aide au développement en l'Afghanistan? Interview de Gilles Carbonnier (vidéo) / Forum / 9 min. / le 22 août 2021

Interrogé à Forum, le chercheur explique en effet que "l’aide humanitaire est inconditionnelle: il s’agit de sauver des vies, d’alléger des souffrances sans aucune condition liée à des aspects politiques, culturels ou religieux". Par contraste, en ce qui concerne l’aide au développement, "les bailleurs de fonds engagent un dialogue politique et veulent se mettre d’accord avec l’État avant de décider de débourser des fonds pour participer à la construction de l’État".

Très souvent, la suspension de l’aide "n’a pas l’effet escompté de changement de régime", ajoute Gilles Carbonnier. Par contre, elle induit "une détérioration sociale et économique pour la population".

06h30

Offensive des talibans contre la vallée du Panchir

Les talibans ont annoncé dimanche le lancement d'une offensive d'envergure contre la seule zone qui leur résiste encore, la vallée du Panchir.

"Des centaines de moudjahidines de l'Emirat islamique se dirigent vers l'Etat du Panchir pour le contrôler, après que des responsables locaux ont refusé de le remettre de façon pacifique", ont indiqué les nouveaux maîtres de Kaboul sur leur compte Twitter en arabe.

Une poche de résistance s'est formée dans la vallée du Panchir, au nord-est de Kaboul, longtemps connue comme un bastion anti-talibans. Ce Front national de résistance (FNR) est notamment emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda.

06h15

Retour en images sur cette semaine décisive

Il y a tout juste une semaine, le 15 août dernier, les talibans entraient dans Kaboul et prenaient le pouvoir en Afghanistan. De cette prise fulgurante de la capitale afghane, 20 ans après le premier régime taliban, il reste cette image d'une foule accrochée à un avion américain pour tenter de fuir, coûte que coûte.

>> Retour en images dans le 19h30 sur ces huit jours où l'Afghanistan a vu son destin basculer:

Le chaos règne toujours à l'aéroport de Kaboul une semaine après la victoire des talibans [RTS]
Le chaos règne toujours à l'aéroport de Kaboul une semaine après la victoire des talibans / 19h30 / 2 min. / le 22 août 2021

06h00

Retour sur la journée de dimanche

Quelque 30'300 personnes ont été évacuées depuis le 14 août, a indiqué dimanche la Maison Blanche, alors que Washington espère exfiltrer jusqu'à 15'000 Américains, et 50'000 à 60'000 Afghans et leurs familles. Des milliers d'étrangers d'autres nationalités et des Afghans menacés ou ayant travaillé pour les alliés sont aussi en attente d'évacuation par les puissances occidentales.

Les Etats-Unis ont réquisitionné 18 avions de plusieurs compagnies aériennes privées afin d'aider à l'évacuation des personnes fuyant l'Afghanistan, a annoncé dimanche le ministère de la Défense américain.

Au total, 18 avions seront mobilisés, dont des appareils d'American Airlines. [Kiichiro Sato - AP/Keystone]Au total, 18 avions seront mobilisés, dont des appareils d'American Airlines. [Kiichiro Sato - AP/Keystone]L'ambassade des Etats-Unis en Afghanistan appelle ses ressortissants à éviter dans l'immédiat l'aéroport de Kaboul. De potentielles menaces de sécurité à l'extérieur des portes de l'aéroport seraient en cause.

Sept personnes ont trouvé la mort dans des mouvements de foule près de l'aéroport de Kaboul, où plusieurs milliers de personnes se pressent désespérément pour quitter l'Afghanistan.

Un avion de Swiss devait se poser samedi à Tachkent - la capitale de l'Ouzbékistan - pour rapatrier des personnes évacuées de Kaboul. Il a été reporté "à court terme". Le DFAE invoque samedi sur son site la situation sécuritaire difficile à Kaboul pour justifier cette décision.

>> Le suivi de la journée de dimanche: Les Etats-Unis mobilisent des avions de compagnies privées pour aider l'évacuation