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Six victimes à Plymouth dans la fusillade la plus meurtrière depuis 2010 au Royaume-Uni

La fusillade a fait 11 morts dans la ville habituellement paisible de Plymouth, au sud-ouest de l'Angleterre. [Niklas Halle'n - AFP]
Six victimes à Plymouth dans la fusillade la plus meurtrière depuis 2010 au Royaume-Uni / Le Journal horaire / 26 sec. / le 13 août 2021
Un jeune homme de 22 ans a abattu sa mère jeudi en fin de journée à Plymouth, dans le sud-ouest de l'Angleterre, avant de sortir dans la rue et de tuer quatre autres personnes, avant de retourner l'arme contre lui. Il s'agit de la tuerie la plus meurtrière depuis 11 ans au Royaume-Uni.

La police britannique a identifié vendredi un homme de 22 ans comme l'auteur présumé de cette fusillade. Selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait tué jeudi soir à Plymouth, peu après 18h, sa mère âgée de 51 ans, avant de sortir dans la rue et de tuer quatre autres personnes, dont une fillette de trois ans et son père de 43 ans, avec une arme décrite par des témoins comme étant un fusil à pompe.

Il a ensuite retourné l'arme contre lui et s'est donné la mort avant que la police, arrivée sur les lieux six minutes après avoir été appelée, n'ait pu intervenir, a précisé le chef de la police du Devon et des Cornouailles.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'incertitude autour de l'incident a duré des heures. Il a néanmoins fallu attendre vendredi après-midi pour en savoir davantage sur l'identité du tueur présumé, sur les victimes, ainsi que le nombre exact de blessés. Des détails restent à éclaircir sur le lien potentiels entre le tireur et les victimes.

Liens avec le YouTube pro-armes et "Incel"

Les enquêteurs ont exclu pour l'instant toute motivation terroriste ou lien avec un groupe d'extrême droite. Ils se penchent sur le profil psychologique du tueur, dont les messages relevés par la presse britannique sur les réseaux sociaux révèlent des tendances dépressives.

Sur un compte Youtube désormais supprimé, on voyait le jeune homme se plaindre de ses difficultés à rencontrer des femmes et à perdre du poids, ou encore se décrire comme "gros" et "vierge". Les enquêteurs ont également identifié des liens avec des vidéos sur les armes à feu et avec une chaîne de la mouvance misogyne "Incel", originaire des États-Unis.

"Des leçons seront tirées"

Un responsable policier a en outre précisé que l'auteur présumé de la fusillade détenait une licence de port d'arme. Selon de premiers éléments de l'enquête, cette licence ainsi que son arme lui avaient été retirées par la police locale en décembre 2020, après une accusation d'agression en septembre. Il avait pu les récupérer au début du mois dernier. La police des polices britannique a annoncé vendredi l'ouverture d'une enqête au sujet de cette restitution.

Le Premier ministre Boris Johnson a adressé ses pensées aux proches des victimes de cet "incident tragique". De son côté, la ministre de l'Intérieur Priti Patel a assuré que des "leçons" seraient tirées de la fusillade, "surtout s'il y a des facteurs clés comme l'activité en ligne et (...) l'arme à feu elle-même".

Il s'agit de la fusillade la plus meurtrière depuis 2010 au Royaume-Uni, où les tueries de masse restent rares. Les policiers y sont rarement armés et le pays a adopté une législation sur le port d'armes parmi les plus strictes au monde à la suite de la fusillade de Dunblane en Écosse en 1996, lorsque 16 écoliers avaient été tués en quelques minutes.

ats/afp/jop

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