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Le chef de la junte birmane promet des élections d'ici à deux ans

Six mois après le coup d'État de la junte militaire, la situation en Birmanie est désespérée [RTS]
Six mois après le coup d'État de la junte militaire, la situation en Birmanie est désespérée / 19h30 / 2 min. / le 1 août 2021
Le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing, au pouvoir depuis le coup d'Etat du 1er février, a promis la tenue d'élections "d'ici à août 2023", dans un discours dimanche pour marquer les six mois de son putsch. "Nous travaillons à établir un système multipartite démocratique", a-t-il ajouté.

Le 26 juillet, la junte a annulé les résultats des législatives de novembre 2020, remportées massivement par la ligue nationale pour la démocratie (LND) d'Aung San Suu Kyi, assurant que plus de 11 millions de cas de fraude avaient été détectés, ce que dément le parti. "Les votes ont été entachés par la LND qui a abusé de son pouvoir exécutif de manière inappropriée", a martelé dimanche Min Aung Hlaing.

La Birmanie est "prête à collaborer avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est" (Asean), a ajouté le général. Les ministres des Affaires étrangères de l'Asean doivent se réunir lundi et entériner la désignation du vice-ministre des Affaires étrangères thaïlandais, Virasakdi Futrakul, comme envoyé spécial du bloc chargé de promouvoir le dialogue entre la junte et ses opposants.

Manifestation à Kaley

"Je promets de combattre cette dictature aussi longtemps que je vivrai", ont posté dimanche, pour marquer les six mois du putsch, de jeunes opposants sur les réseaux sociaux. "Nous ne nous agenouillerons pas devant les bottes des militaires".

A Kaley, des habitants ont défilé sous des banderoles en hommage aux nombreux prisonniers politiques: "Les chants des détenus sont des forces pour la révolution", pouvait-on lire sur l'une d'entre elles. Mais la majorité des Birmans restent enfermés chez eux, terrifiés par la violence des forces de sécurité et la flambée de coronavirus.

Chaos politique, économique et sanitaire

Le Royaume-Uni a averti l'ONU que la moitié de la population, soit environ 27 millions de personnes, pourrait être infectée par le Covid-19 dans les deux prochaines semaines, qualifiant la situation de "désespérée".

Malgré le chaos politique, économique et sanitaire, la junte poursuit sa répression pour museler toute opposition. En six mois, 940 civils ont été abattus, dont 75 mineurs, des centaines ont disparu et plus de 5400 sont derrière les barreaux, d'après une ONG de surveillance.

Aung San Suu Kyi, 76 ans, entame, elle, son septième mois assignée à résidence. Inculpée d'une multitude d'infractions (importation illégale de talkies-walkies, non respect des restrictions liées à l'épidémie de coronavirus, corruption, sédition), elle risque de longues années de prison.

ats/asch

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