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En Afrique du Sud, le bilan des violences s'alourdit, calme relatif à Johannesburg

Le bilan des violences en Afrique du Sud s'est alourdi jeudi à 117 morts. Johannesburg, la plus grande ville du pays, a retrouvé un calme relatif et commencé à déblayer les gravats des destructions. [KEYSTONE - AP]
Le bilan s'alourdit en Afrique du Sud, calme relatif à Johannesburg / Le Journal horaire / 23 sec. / le 15 juillet 2021
Le bilan des violences en Afrique du Sud s'est alourdi jeudi à 117 morts, alors que Johannesburg, la plus grande ville du pays, retrouvait un calme relatif après le déploiement de soldats et commençait à déblayer les gravats des destructions.

La mégalopole est "largement calme", a affirmé la ministre de la présidence, attribuant la diminution du nombre d'incidents au déploiement de soldats en renfort de la police.

Au total, 117 personnes ont été tuées, dont 91 dans la province du Kwazulu-Natal (Est) où les violences ont commencé il y a six jours.

>> Relire: Le bilan des violences passe à 72 morts en Afrique du Sud

Quelque 2203 personnes ont été interpelées. La police enquête sur 12 personnes soupçonnées d'être derrière le déchaînement de violence de ces derniers jours. "L'une d'entre elle a déjà été arrêtée et la surveillance a été accrue sur les 11 autres", a-t-elle déclaré, dénonçant "un sabotage économique".

Les premiers incidents ont éclaté la semaine dernière au lendemain de l'incarcération de l'ex-président Jacob Zuma, condamné à 15 mois de prison ferme pour outrage à la justice. Ils se sont étendus sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-Covid.

"Tensions raciales"

Plus tôt dans la journée, le ministre de la Police avait confirmé qu'il y a eu 20 morts à Phoenix, un township près de Durban (Est) où des membres de la communauté indienne s'en sont pris à des pillards présumés. La situation y restait tendue.

Il avait noté la veille que des "tensions raciales ont entaché ces troubles" à Phoenix, liés à des groupes cherchant à "protéger leur quartier des pillards". Des vidéos d'une violence inouïe circulent sur les réseaux sociaux, repérés notamment via le mot-dièse #PhoenixMassacre. Elles montrent des hommes d'origine indienne battre brutalement de jeunes hommes noirs à terre.

L'armée pour pacifier

De nombreux Sud-Africains, ne comptant que sur eux-mêmes, ont également commencé à déblayer et réparer. La présidence sud-africaine a twitté jeudi ses remerciements à "ceux qui s'engagent dans les opérations de nettoyage".

Dans le centre de Johannesburg, beaucoup de magasins sont fermés. Des rues restent bloquées par des barricades calcinées. "Ça ne sert à rien d'être en colère, il faut retrousser ses manches maintenant", témoigne un riverain soucieux de conserver son anonymat.

L'armée va multiplier ses effectifs sur le terrain pour stabiliser Johannesburg et pacifier les zones plus tendues, notamment les grandes villes du Kwazulu-Natal (KZN, Est), le port de Durban et sa capitale Pietermaritzburg. Le président Cyril Ramaphosa avait autorisé lundi le déploiement de 2500 soldats, doublés deux jours plus tard. La ministre de la Défense a dit souhaiter jusqu'à 25'000 soldats pour faire face à l'urgence.

agences/vajo

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