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Haïti demande aux Etats-Unis et à l'ONU l'envoi de troupes, Washington refuse

En Haïti, après l'assassinat du président, les autorités craignent que le pays ne s'enfonce encore plus dans le chaos [RTS]
En Haïti, après l'assassinat du président, les autorités craignent que le pays ne s'enfonce encore plus dans le chaos / 12h45 / 1 min. / le 10 juillet 2021
Trois jours après que le président haïtien Jovenel Moïse a été criblé de balles chez lui, le gouvernement haïtien a demandé aux Etats-Unis et à l'ONU d'envoyer des troupes pour aider à sécuriser des sites stratégiques. Il redoute des sabotages. Washington a refusé.

L'objectif de cette requête serait de sécuriser les sites stratégiques du pays, tels que les aéroports, les ports ou les terminaux pétroliers.

"Nous estimons être dans une situation où les infrastructures du pays - ports, aéroports, énergie - sont des cibles potentielles", a déclaré le ministre haïtien des Elections, Mathias Pierre.

Ces renforts militaires viseraient également à sécuriser les élections présidentielle et législatives prévues le 26mseptembre, a-t-il ajouté.

>> Lire aussi: Le président haïtien Jovenel Moïse assassiné par un commando

Le département d'Etat américain a confirmé, par la voix d'un porte-parole, que le gouvernement haïtien avait "demandé une aide sécuritaire et en matière d'enquête". "Nous restons en contact régulier avec les responsables haïtiens pour discuter de la manière dont les Etats-Unis peuvent aider", selon le département d'Etat.

Une source diplomatique à l'ONU avait indiqué plus tôt que les autorités haïtiennes avaient bien fait cette demande en vue de protéger l'aéroport et les installations pétrolières, mais qu'une résolution du Conseil de sécurité était nécessaire à cet effet.

Mais pour l'heure, un responsable de l'administration américaine a déclaré qu'il "n'était pas prévu à ce stade que les Etats-Unis fournissent une assistance militaire".

Le mystère reste entier

Du côté du déroulé de l'assassinat, le mystère restait entier vendredi. Si l'on sait que le commando armé qui a exécuté le président était composé de 28 personnes (26 Colombiens et deux Américains d'origine haïtienne), aucun détail n'a émergé sur les raisons de cet acte ou sur l'identité de ses commanditaires.

Les hauts commandements de la police et de l'armée en Colombie ont affirmé à Bogota qu'au moins 17 anciens militaires colombiens étaient soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat.

Dix-sept individus, quinze Colombiens et deux Américains, ont été arrêtés pour leur implication dans le meurtre du président Moïse, criblé de balles à son domicile dans la nuit de mardi à mercredi, selon la police haïtienne.

Trois Colombiens aussi accusés d'être des membres du commando ont été tués par la police, tandis que huit autres étaient toujours en fuite, a précisé le directeur général de la police haïtienne.

>> Lire aussi: Dix-sept arrestations après l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse

Les armes et le matériel utilisés supposément par les assaillants, notamment des machettes, des portables ou encore des passeports colombiens, ont été récupérés par les forces de l'ordre, puis exhibés devant la presse tout comme plusieurs suspects alignés contre un mur et menottés. Taïpei a de son côté fait savoir vendredi que onze suspects avaient été arrêtés dans le complexe de l'ambassade de Taïwan à Port-au-Prince.

Sans confirmer l'arrestation de ressortissants américains, les Etats-Unis ont dit qu'ils allaient envoyer des responsables du FBI et de la sécurité intérieure à Port-au-Prince "aussi vite que possible".

>> Réécouter l'interview dans Tout un Monde de Frédéric Thomas, docteur en sciences politiques et spécialiste d'Haïti:

Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné à son domicile par un commando armé. [Joseph Odelyn - AP via Keystone]Joseph Odelyn - AP via Keystone
Assassinat du président de Haïti, un pays en crise: interview de Frédéric Thomas / Tout un monde / 7 min. / le 8 juillet 2021

ats/fgn:

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