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Le directeur financier de la Trump Organization plaide non coupable

La Trump Tower, siège de la Trump Organization, à New York. [Spencer Platt - AFP]
L'étau judiciaire se resserre autour de Donald Trump et de la Trump Organization / Tout un monde / 3 min. / le 2 juillet 2021
Le directeur financier de la Trump Organization, Allen Weisselberg, a plaidé jeudi non coupable de 15 chefs d'accusations liés à de la fraude fiscale au tribunal de Manhattan. L'entreprise de l'ex-président américain a dénoncé une inculpation purement "politique".

Allen Weisselberg, 73 ans, fidèle parmi les fidèles de l'ancien président Donald Trump, est arrivé au tribunal vers 14h15 (20h15 en Suisse), les mains derrière le dos, menotté. L'acte d'accusation vu par l'AFP vise Allen Weisselberg et la Trump Organization.

>> Lire: La Trump Organization fait l'objet d'une enquête pénale pour fraudes

Il est notamment accusé, entre 2005 et 2021, d'avoir délibérément dissimulé au fisc quelque 1,7 million de dollars d'avantages en nature qu'il a reçus de la Trump Organization. Cela lui aurait évité de payer près d'un million de dollars en impôts fédéraux et locaux.

Il est aussi accusé d'avoir affirmé à tort ne pas être résident de la ville de New York, pour éviter des impôts. La Trump Organization est accusée d'avoir aidé à dissimuler ces avantages. L'avocate de Allen Weisselberg, Mary Mulligan, avait indiqué avant l'audience qu'il allait "se battre contre ces accusations".

Enquête de longue durée

Ces inculpations sont les premiers fruits d'une enquête lancée il y a plus de deux ans par Cyrus Vance et à laquelle participe également la procureure générale de l'Etat de New York, Letitia James, elle aussi élue démocrate.

Cyrus Vance s'est notamment battu des mois durant pour obtenir les déclarations d'impôts de l'ancien magnat new-yorkais. C'est le premier président américain depuis les années 1970 à ne pas les avoir publiées.

L'ancien président républicain, qui maintient l'ambiguïté sur une éventuelle nouvelle candidature à la présidentielle de 2024 et a tenu la semaine dernière son premier grand meeting depuis son départ de Washington, n'a pas été mis en cause à ce stade, ni aucun membre de sa famille. Mais "l'enquête va continuer, et nous suivrons les faits où qu'ils nous mènent", a averti la procureure Letitia James après l'audience.

Dans un communiqué, Donald Trump a accusé les deux procureurs qui chapeautent le dossier de "continuer leur chasse aux sorcières", une expression qu'il a utilisée tout au long de son mandat à l'égard de ses détracteurs.

"Cela divise notre pays comme jamais auparavant", a affirmé l'ancien président républicain, qui maintient l'ambiguïté sur une éventuelle nouvelle candidature à la présidentielle en 2024.

"Pas encore tiré d'affaire"

Donald Trump fut, en 2016, le premier milliardaire à entrer à la Maison Blanche. Lors de son départ pour Washington, il a refusé de céder son entreprise et en a simplement laissé les rênes à Allen Weisselberg et à ses deux fils aînés, Donald Junior et Eric Trump.

L'un des avocats de la Trump Organization avait reconnu en début de semaine, après avoir été prévenu des inculpations à venir cette semaine, que Donald Trump n'était "pas encore tiré d'affaire".

afp/kkub

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"Tentative de nuire à l'ancien président"

La Trump Organization a dénoncé jeudi l'inculpation attendue de son directeur financier comme "une tentative de nuire à l'ancien président" Donald Trump.

"Ce n'est pas de la justice, c'est de la politique", a affirmé un porte-parole de l'entreprise familiale de l'ex-président républicain et ex-magnat new-yorkais, dans ce communiqué cité par plusieurs médias américains.

Allen Weisselberg "est utilisé comme un pion par le procureur de Manhattan (...) pour essayer de nuire à l'ancien président" Donald Trump, a-t-il ajouté. "Ce n'est pas de la justice, c'est de la politique." Parmi les avantages en nature que le directeur financier est accusé d'avoir dissimulé figure son appartement dans le quartier huppé de l'Upper West Side à Manhattan.

"Le procureur de Manhattan lance des poursuites liées à des avantages accordés à un employé que ni le fisc ni aucun autre procureur ne songerait à lancer", a-t-il ajouté.