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Douze peines de morts confirmées contre des Frères musulmans en Égypte

Des participants à un sit-in au Caire en 2013 ont été condamnés à des peines de morts en Egypte. [Keystone - KHALED ELFIQI]
Douze peines de morts confirmées contre des Frères musulmans en Égypte / Le Journal horaire / 23 sec. / le 14 juin 2021
Douze peines de mort ont été confirmées en Égypte contre des membres des Frères musulmans, dont deux leaders de la confrérie dans ce pays, ont indiqué lundi des sources judiciaires.

Ces douzes personnes sont accusées d'avoir "armé des gangs criminels qui ont attaqué des résidents, résisté à la police et d'avoir été en possession d'armes à feu et de munitions ainsi que de matériel pour la fabrication de bombes", peut-on lire dans le jugement de la Cour de cassation.

Les autres chefs d'accusation retenus incluent "le meurtre de policiers", la "résistance aux autorités" et "l'occupation et la destruction de biens publics", selon le tribunal.

La Cour de cassation a en outre réduit les peines de mort de 31 autres membres de la confrérie, qui avaient participé en 2013 à un sit-in islamiste au Caire où des centaines de personnes avaient été tuées par les forces de sécurité. Ils ont été condamnés à des peines de prison à perpétuité.

Ces décisions de justice ne peuvent faire l'objet d'appels, a souligné un responsable judiciaire.

Sympathisants d'un sit-in pro-Morsi en 2013

L'affaire, qui remontre à 2013 et comptait initialement plus de 600 accusés, est connue localement comme l'"affaire de la dispersion du sit-in de Rabaa". Sur cette place de l'est du Caire, des forces de sécurité avaient violemment attaqué et tué des centaines de personnes en une seule journée lors d'un énorme sit-in de sympathisants islamistes qui appelaient au retour de Mohamed Morsi.

Premier président élu démocratiquement après la révolte populaire de 2011, issu des rangs des Frères musulmans, Mohamed Morsi avait été destitué quelques semaines plus tôt par un coup d'Etat militaire mené par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, actuel président.

Les autorités avaient à l'époque indiqué que les membres des Frères musulmans étaient armés et que l'opération de dispersion était une opération relevant du contre-terrorisme. En 2018, un tribunal égyptien avait condamné à mort 75 participants, et les autres à diverses peines de prison. Le fils de Morsi, Osama, avait été condamné à 10 ans de réclusion.

Cet événement a été qualifié par l'ONG Human Rights Watch de "tuerie de masse la plus importante de l'histoire moderne égyptienne".

afp/jop

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