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La France amorce la réduction de sa présence militaire au Sahel

Un soldat français lors de l'opération Barkhane en avril 2021. [Hans Lucas - AFP]
La France amorce la réduction de sa présence militaire au Sahel / La Matinale / 1 min. / hier à 06:00
Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi la fin prochaine de l'opération militaire Barkhane au Sahel, où les troupes françaises engagées depuis 2013 dans la lutte contre les groupes djihadistes vont laisser la place à une "coalition internationale".

Le "temps est venu" d'amorcer "une transformation profonde de notre présence militaire au Sahel", a déclaré le chef de l'Etat français.

Soulignant que le rôle de la France n'avait jamais été de se substituer aux Etats africains pour lutter contre le terrorisme et rétablir leur souveraineté, Emmanuel Macron a indiqué que des discussions auraient lieu dans les prochaines semaines pour fixer le "nouveau cadre" de l'intervention au Sahel.

"La forme de notre présence [...] n'est plus adaptée à la réalité des combats", a constaté le président.

Collaboration internationale

Des consultations à ce sujet vont être menées d'ici la fin du mois de juin avec les Etats-Unis et les partenaires européens de la France, ainsi qu'avec les pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso et Mauritanie).

Le nouveau modèle devrait notamment s'appuyer sur la "task force" Takuba, devenue opérationnelle en début d'année et constituée de forces spéciales européennes qui accompagnent les armées malienne et nigérienne au combat.

Paris déploie actuellement quelque 5100 soldats contre les djihadistes affiliés au groupe Etat islamique (EI) et à Al-Qaïda, pour soutenir les armées affaiblies des Etats du Sahel qui peinent à les combattre seules.

Lutte antiterroriste poursuivie

Emmanuel Macron a précisé que "plusieurs centaines de soldats" français resteraient déployés au Sahel dans ce cadre, invitant les partenaires occidentaux de la France, dont les Etats-Unis, à y contribuer.

Le président a assuré que cette évolution n'était pas directement liée au récent coup d'Etat au Mali mais il a jugé que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait commis une "erreur" et établi une "mauvaise jurisprudence" en reconnaissant le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, en tant que président par intérim.

La France avait annoncé le 3 juin qu'elle suspendait à titre conservatoire ses opérations militaires conjointes avec les forces maliennes du fait de la situation dans ce pays.

>> Relire: Le colonel Assimi Goïta intronisé président du Mali en attendant des élections

Emmanuel Macron a souhaité jeudi que cette coopération puisse reprendre le plus rapidement possible, à condition que les autorités maliennes apportent des réponses satisfaisantes en matière de transition démocratique, mais aussi d'éventuelles négociations avec les djihadistes.

agences/iar

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Le Sahel, foyer d'une instabilité grandissante

Dans un contexte sécuritaire très dégradé malgré le déploiement de milliers de militaires des armées nationales et étrangères, les massacres de civils se poursuivent au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

Le Nord du Burkina Faso a été le théâtre début juin d'un des massacres de civils les plus meurtriers que le Sahel ait connu depuis le début des violences multiformes en 2012. Entre 132 (selon les autorités) et 160 personnes (selon des sources locales) ont été tuées en une nuit dans le village de Solhan. Ce massacre s'ajoute à des dizaines d'autres.

Les attaques sont le fait de groupes djihadistes, affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, mais également des armées nationales et autres acteurs armés, milices d'autodéfense ou bandes de malfaiteurs.