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Jean-Luc Mélenchon accusé d'avoir tenu des propos "complotistes"

Les propos de Jean-Luc Mélenchon suscitent l'indignation de responsables politiques. [Philippe Desmazes - AFP]
Des propos de Jean-Luc Mélenchon potentiellement complotistes font polémique / Le 12h30 / 2 min. / le 7 juin 2021
Jean-Luc Mélenchon renoue avec la polémique: des propos du chef de file de La France insoumise (LFI) liant terrorisme et élection présidentielle suscitent l'indignation lundi de nombreux responsables politiques. Certains dénoncent un dérapage complotiste.

Après son "la République, c'est moi" lancé lors d'une perquisition houleuse au siège de La France Insoumise en 2018, le candidat à l'Elysée est de nouveau dans la tourmente, accusé d'avoir tenu dimanche des propos "indécents" voire "complotistes", à moins d'un an de la présidentielle.

"Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012 (auteur djihadiste des tueries de Toulouse et de Montauban, notamment dans une école juive), ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs Elysées (en 2017, un djihadiste assassine un policier). Avant on avait eu Papy Voise (P. Voise, un retraité agressé chez lui à Orléans en avril 2002), dont plus personne n'a jamais entendu parler après. Tout ça, c'est écrit d'avance", a déclaré le chef des Insoumis dans l'émission Questions politiques (France Inter/Le Monde/Franceinfo).

"Naufrage politique"

Ces propos ont aussitôt provoqué l'indignation, dans la classe politique mais aussi auprès de proches de victimes d'attentats, tels Latifa Ibn Ziaten, dont le fils militaire a été tué par Mohammed Merah, et qui a dénoncé des propos "inadmissibles", réclamant du "respect pour les victimes".

Patrick Klugman, l'avocat de Samuel Sandler, qui a perdu son fils et ses deux petits-fils, tués par Mohamed Merah, a menacé l'Insoumis de poursuites judiciaires s'il ne retirait pas ses propos, "d'une extraordinaire gravité".

Plusieurs membres du gouvernement, à l'image de Marlène Schiappa, ont accusé lundi Jean-Luc Mélenchon de tenir "des propos complotistes" et "honteux" qui "manquent de respect aux familles de victimes" des attentats terroristes.

Le secrétaire d'Etat Cédric O a pour sa part dénoncé un "naufrage politique et républicain".

Soutien de La France insoumise

A gauche, si écologistes et communistes sont restés discrets, plusieurs leaders socialistes sont montés au créneau, comme la présidente des députés PS Valérie Rabault, qui estime qu'une telle "démagogie" empêchait de "prétendre à la présidentielle".

A droite, Michel Barnier, potentiel candidat des Républicains à la présidentielle, a fustigé des propos "indignes de la République". "C'est à vomir", a lancé Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse où a eu lieu une partie des tueries perpétrées par Merah.

Derrière, c'est toute La France insoumise qui semble officiellement faire bloc, comme le démontre le soutien de la députée LFI Clémentine Autain, qui sur certains épisodes du passé ne s'était pas privée d'exprimer des réserves.

"Jean-Luc Mélenchon n'est pas complotiste. Ce qu'il a voulu dire, c'est que nous n'acceptons pas l'instrumentalisation de ces faits gravissimes qui arrivent la dernière semaine d'un scrutin important", a-t-elle insisté.

afp/gma

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