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Des apiculteurs forcés d'équiper leurs ruches de GPS pour éviter les vols

Le vol de ruches, un phénomène inquiétant en France. [RTS]
Le vol de ruches, un phénomène inquiétant en France. / 19h30 / 2 min. / le 5 juin 2021
Déjà durement touchés par la forte mortalité des abeilles, les apiculteurs français doivent aussi faire face, cette année, à une recrudescence des vols de ruches, parfois par dizaines d'un seul coup. Les voleurs sont difficiles à démasquer, mais la résistance s'organise.

Apiculteur dans le parc naturel régional du Perche, en Normandie, Raymond Daman protège ses ruches et ses abeilles comme un trésor. Il a pourtant subi deux vols en moins d'un an. Au total, seize colonies d’abeilles ont été dérobées. Et très peu de voleurs se font rattraper par les autorités, car les ruches sont isolées et souvent loin du moindre voisin. Les rares voleurs interceptés sont souvent des apiculteurs ayant subi de lourdes pertes dans leurs propres colonies.

"C'est un lourd préjudice sur le plan financier, mais pas seulement. C'est aussi beaucoup de travail ruiné d’un coup, une déception. Evidemment, il faut repartir. C’est ce qu’on a fait immédiatement, mais quand même…", a témoigné l'apiculteur samedi dans le 19h30.

Forte mortalité et vols, la double peine

Pour Raymond Daman, c’est la double peine: comme partout le monde, il doit faire face à la forte mortalité de ses abeilles, menacées par les pesticides et les prédateurs. L'an dernier en Suisse, 13% des abeilles ont ainsi disparu. Selon la dernière étude européenne sur la question, c’est même plus de 19% en Suède et 23% en France.

Mais en plus, les colonies qui lui ont été volées font partie du Conservatoire de l’abeille noire, une race porteuse d’espoir pour préserver l’espèce. "C’est une abeille qu'on ne veut pas voir disparaître, parce que c’est elle qui, selon les environnements, s’est le mieux adaptée. C'est un patrimoine commun, un patrimoine vivant qu'il faut évidemment préserver", plaide l'apiculteur. Il est aussi animateur du Conservatoire de l’abeille noire, qui s'est donné la mission de préserver l'espèce d'abeille domestique locale.

La revente de ruchers, un marché florissant

Si ces larcins restent marginaux en Suisse, ce n’est pas le cas dans l’Hexagone. Il faut dire qu'à 150 francs la ruche et 200 francs l’essaim, le vol puis la revente de ruchers est un marché florissant. Depuis un an, des vols massifs de dizaines de ruches à la fois font craindre l’émergence de réseaux bien organisés.

"Il y a de la colère, de la consternation. Et évidemment, on ne va pas se laisser faire", réagit Raymond Daman. Comme plusieurs centaines d’apiculteurs désormais, il a décidé de s'équiper d’un système de protection. L’une des solutions, développée au sein du parc naturel régional, consiste à disposer des trackers GPS dans les ruches pour être averti dès qu'elles sont déplacées.

"Dès que quelqu'un va bouger la ruche, il va faire envoyer un SMS et un e-mail à l'apiculteur. Ensuite, le GPS va se mettre en route pour pouvoir le suivre point par point et savoir où se trouve le voleur", a détaillé le directeur de la société Capturs Arnaud Loulier.

Sujet TV: Adeline Percept

Adaptation web: Vincent Cherpillod

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