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Le ministre de l'Environnement brésilien soupçonné de trafic de bois

Ricardo Salles lors d'une rencontre sur la protection de l'Amazonie à Brasilia en octobre 2019. [Eraldo Peres - AP/Keystone]
Le ministre de l'Environnement brésilien soupçonné de trafic de bois / Le Journal horaire / 27 sec. / le 19 mai 2021
La police brésilienne a perquisitionné mercredi le domicile et les bureaux du ministre de l'Environnement Ricardo Salles. Il est soupçonné d'avoir pris part à un réseau de trafic de bois destiné à l'exportation, selon une source judiciaire.

C'est le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes qui a autorisé cette perquisition. Son arrêt, auquel l'agence AFP a eu accès, prévoit aussi la levée du secret bancaire pour ce ministre hautement controversé. Ricardo Salles est très critiqué en raison de la hausse de la déforestation en Amazonie depuis que le président d'extrême droite Jair Bolsonaro a pris ses fonctions en 2019.

D'autres perquisitions ont été menées mercredi matin, au ministère de l'Environnement à Brasilia et dans différents locaux de l'Etat de Sao Paulo (sud-est) et du Para (nord). Cette vaste opération a mobilisé 160 policiers.

Un réseau criminel international

La Police fédérale enquête sur un "réseau criminel transnational", dans lequel seraient impliqués "des autorités comme le ministre Ricardo Salles, d'autres fonctionnaires et des entreprises", explique le juge Moraes dans son arrêté.

Dix hauts fonctionnaires du ministère et de l'agence de protection environnementale Ibama ont été suspendus de leurs fonctions.

Enregistrement révélateur

En avril 2020, Ricardo Salles avait déclaré au cours d'une réunion ministérielle pendant laquelle il ignorait être enregistré, qu'il souhaitait profiter du fait que les médias étaient concentrés sur la pandémie cause par le coronavirus pour assouplir les normes environnementales.

>> Lire: Diffusion d'une vidéo truffée de dérapages du président brésilien

afp/oang

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Les promesses en l'air de Jair Bolsonaro

Lors du sommet sur le climat organisé par le président américain Joe Biden le 22 avril dernier, le président brésilien s'était engagé à doubler le budget consacré à l'application des lois environnementales et à mettre fin à la déforestation illégale d'ici 2030.

Mais ces belles paroles ont été démenties dès le lendemain par une décision financière de Jair Bolsonaro.

Il a signé le budget fédéral 2021, qui prévoit 2 milliards de reais (332 millions de francs) pour le ministère de l'Environnement et les agences qu'il supervise. Cela représente une baisse par rapport aux 2,6 milliards de reais (442 millions de francs) initialement approuvés l'année dernière, selon le journal officiel du gouvernement.

Le chef de l'Etat a opposé son veto à une liste de dispositions budgétaires environnementales d'une valeur de 216 millions de francs, y compris des dépenses pour l'application des lois environnementales.

Nouveau record de déboisement en Amazonie

Quelque 580 km2 de forêt ont été déboisés en Amazonie brésilienne en avril, un record pour ce mois, selon des données officielles publiées il y a quelques jours.

Ces chiffres eux aussi jettent le doute sur l'engagement du président Jair Bolsonaro à réduire la déforestation.

La superficie déboisée (550,55 km2) est 42,5% supérieure à celle d'avril 2020 (407,2 km2), selon l'Institut national de recherches spéciales (INPE) qui recueille ce type de données depuis 2015.