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La droite bien placée pour gagner les élections à Madrid

La présidente de la région de Madrid, Isabel Diaz Ayuso, et le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez. [Fernando Calvo - Pool/AFP]
La présidente de la région de Madrid sortante favorite pour sa succession, malgré les clivages qu'elle provoque / Le 12h30 / 2 min. / mardi à 12:35
Largement favorite, la droite espagnole voit dans les élections qui se tiennent mardi dans la région de Madrid une étape décisive dans sa reconquête du pouvoir au niveau national.

Près de cinq millions d’habitants de la communauté autonome de Madrid sont appelés aux urnes pour renouveler le Parlement régional. De longues files d'attente étaient visibles devant certains bureaux de vote avant même leur ouverture à 9h00.

A en croire les sondages, le Parti socialiste du Premier ministre Pedro Sanchez, vainqueur du précédent scrutin régional en mai 2019, pourrait subir un net recul et enregistrer son pire résultat dans la région, la plus riche d'Espagne et la plus importante politiquement.

Première élection depuis la crise du Covid

Il s'agira de la première élection à Madrid depuis le début, en mars 2020, de la crise du Covid-19, qui avait frappé de plein fouet la capitale espagnole. Madrid présente le pire bilan des dix-sept régions du pays.

La santé relevant en Espagne de la compétence exclusive des régions, la gauche a d'abord voulu faire de cette situation l'axe de sa campagne contre la présidente de droite sortante de la région, Isabel Diaz Ayuso, 42 ans et étoile montante du Parti populaire (PP, droite conservatrice).

Malgré les pressions du gouvernement, Isabel Diaz Ayuso, tenante d'une ligne dure face au pouvoir, a, en effet, toujours refusé d'imposer des restrictions trop strictes contre la pandémie afin de protéger les entreprises, notamment les bars, les restaurants et les salles de spectacle, qui sont restés ouverts. Mais elle a ignoré ces critiques et a contre-attaqué sur le thème de "la liberté", celle d'aller boire un verre, d'aller au restaurant ou encore d'aller au théâtre.

Coalisation avec l'extrême droite?

L'argument semble avoir porté, puisque les sondages attribuent à la liste du Parti populaire d'Isabel Diaz Ayuso quelque 40% des voix, contre à peine plus de 22% il y a deux ans, et pratiquement deux fois plus de sièges qu'en 2019.

Ce ne serait pas suffisant pour gouverner seule, mais assez pour former une coalition s'il le faut avec Vox, un parti d'extrême-droite. Gouverner avec l'extrême droite ne serait pas "la fin du monde", a-t-elle dit.

Les socialistes ont brandi cet épouvantail de l'extrême droite et de sa possible entrée au gouvernement de la région, mais en vain, à en croire les sondages. La seule chance de la gauche réside, d'après les analystes, dans une mobilisation de dernière heure massive de son électorat.

afp/aq

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Débats annulés, provocations et menaces de mort

La campagne électorale qui s'est terminée dimanche, a été dure et violente.

Des lettres contenant des menaces de mort accompagnées de balles ont été adressées à plusieurs candidats et candidates.

Mais plus que l’envoi de ces lettres, c’est surtout la réaction provocatrice du parti d’extrême droite Vox lors d’un débat électoral qui a électrisé la campagne. Les mettant en doute, la candidate de Vox, Rocío Monasterio, a refusé de condamner ces menaces de mort. Le leader du parti de la gauche radical Podemos Pablo Iglesias a alors quitté le débat, suivi plus tard par les autres candidats de gauche.

Deux autres débats électoraux ont été annulés, les partis de gauche appelant à former un "cordon sanitaire" pour empêcher Vox d'entrer au gouvernement de la région alors que le Parti populaire pourrait avoir besoin de son soutien pour gouverner.

>> Les précisions de Tout un Monde:

Une vue de Madrid. [AP Photo/Daniel Ochoa de Olza - Keystone]AP Photo/Daniel Ochoa de Olza - Keystone
La région de Madrid vit une campagne électorale houleuse pour l’élection de sa présidence / Tout un monde / 5 min. / mardi à 08:17