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Le pape François renforce l'arsenal anti-corruption du Vatican

Le pape François, en croisade contre la corruption au sein même de l'Eglise. [Vatican Media - Reuters]
Le pape François renforce l'arsenal anti-corruption du Vatican / Le Journal horaire / 35 sec. / le 29 avril 2021
Le pape François, en croisade contre la corruption au sein même de l'Eglise, a annoncé jeudi un renforcement des règles concernant tous les hauts cadres du Vatican. Ils devront montrer patte blanche pour leurs actifs personnels.

Dans un "motu proprio", une lettre émise par le pape de sa propre initiative, François ajoute qu'il sera en outre interdit à tous les employés d'accepter des cadeaux d'une valeur supérieure à 40 euros.

En juin 2020, le Vatican avait dévoilé une loi encadrant les appels d'offres pour ses dépenses internes, du jamais vu destiné à prévenir la corruption et faire des économies en pleine crise financière liée à la pandémie. Le texte, composé d'une centaine d'articles, fruit de quatre années de travail, reprenait la Convention des Nations unies contre la corruption signée en 2003.

Bonnes pratiques exigées

C'est aussi le cas des bonnes pratiques ajoutées jeudi dans le Règlement général de la Curie (gouvernement central) par le pape François.

Il demande à tous ceux qui exercent des hautes fonctions administratives et juridictionnelles au sein du Saint-Siège - des prélats et des laïcs - de signer une déclaration assurant qu'ils n'ont pas fait l'objet de condamnations, ne sont pas ciblés par un procès ou une enquête pénale pour corruption, fraude, terrorisme, blanchiment d'argent, exploitation de mineurs, ou encore évasion fiscale.

Ces personnes ne pourront pas non plus détenir d'argent liquide ou d'investissements dans des pays à haut risque de blanchiment d'argent ou des paradis fiscaux. Seront interdites également des participations dans des entreprises qui opèrent "contre la doctrine sociale de l'Église".

En cas de déclarations mensongères, le Saint-Siège pourra licencier l'employé et demander des dommages et intérêts.

Une réforme qui a rencontré des résistances

Le pape François avait notamment été élu en 2013 pour mettre de l'ordre dans les finances vaticanes, une réforme ardue qui a rencontré de la résistance au sein de certains "dicastères" (ministères) gérant des fonds de manière très autonome et peu transparente.

L'un des cardinaux les plus en vue, l'Italien Angelo Becciu, ancien numéro deux de la Secrétairerie d'Etat, a été poussé l'an dernier à la démission par le pape qui lui a signifié qu'il était indigne de sa confiance car soupçonné de "détournement de fonds" par des enquêteurs. La justice vaticane n'a pas pour l'instant communiqué sur cette affaire, le cardinal déchu clamant pour sa part son innocence.

ats/ther

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