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Le gouverneur de Californie Gavin Newsom face à une procédure de révocation

Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, annonce un moratoire sur les exécutions. [Rich Pedroncelli - Keystone/AP photo]
Coronavirus: que se passe-t-il avec le gouverneur démocrate de Californie ? / Tout un monde / 3 min. / le 29 avril 2021
Rattrapé par sa gestion de la pandémie, le gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom va devoir affronter un "recall". Une élection anticipée qui est déclenchée suite à une pétition signée par un nombre suffisant d'électeurs mécontents.

Gavin Newsom a été élu en novembre 2018 avec une très large avance dans une Californie qui est l’un des Etats les plus démocrates des Etats-Unis.

Cet ancien maire de San Francisco était encore très populaire au début de la pandémie, mais petit à petit, alors que les chiffres d'infections et de morts n'étaient pas bons à la fin 2020, une partie de la population s’est lassée des restrictions mises en place.

On a alors vu apparaître des pancartes "Newsom dictateur" ou "recall Newsom" lors de manifestations anti-restrictions dans les quelques villes républicaines de Californie.

Manifestation contre les mesures de confinement en novembre 2020 avec des slogans pour soumettre le gouverneur californien Gavin Newsom à un "recall". [Marcio Sanchez - AP Photo/Keystone]Manifestation contre les mesures de confinement en novembre 2020 avec des slogans pour soumettre le gouverneur californien Gavin Newsom à un "recall". [Marcio Sanchez - AP Photo/Keystone]

Un référendum confirmé

Que le gouverneur soit surpris cet automne à profiter d’un dîner avec des lobbyistes dans un restaurant très chic de la Napa Valley, la French Laundry, alors que la plupart des Californiens étaient coincés chez eux n'a pas aidé.

Une campagne pour un référendum sur sa révocation a alors été lancée. Comme vingt autres Etats américains, la Californie autorise en effet des électeurs à organiser un "recall" (scrutin de rappel) pour remplacer le gouverneur en place. Pour cela, il leur faut réunir les signatures d'au moins 12% des votants de la précédente élection, soit en l'occurrence près de 1,5 million. Un but atteint ces derniers jours et qui initie donc une nouvelle élection, qui se tiendra sans doute en novembre.

Une défaite peu probable

Il paraît pourtant peu probable que Gavin Newsom ne soit pas réélu. Sa popularité a certes baissé, mais elle reste élevée, surtout si on fait la comparaison avec un autre "recall" californien demeuré célèbre. En 2003, le gouverneur démocrate Gray Davis avait 9% d’opinion favorable quand il a dû laisser la place à l'acteur républicain Arnold Schwarzenegger.

Selon un sondage récent, seuls 40% des Californiens soutiennent le "recall" de Gavin Newsom. En plus, la situation sanitaire s’améliore de jour en jour en Californie. La campagne de vaccination marche bien avec 28 millions de doses déjà administrées, les restaurants ont rouvert partiellement et le gouverneur a suggéré un retour quasiment à la normale pour le 15 juin.

Gavin Newsom est surtout détesté par les trumpistes à cause de sa politique en matière d’environnement, d’économie et de logement qui déplaît à cette franche du parti républicain. Des campagnes de "recall" avaient d'ailleurs déjà été lancées contre le gouverneur avant la pandémie. Sa gestion controversée du Covid a motivé des Californiens au-delà du cercle des conservateurs et a permis à la pétition d'aboutir. Mais si cela s'arrange sur le front du Covid, tout devrait bien se passer pour Gavin Newsom.

Nombreuses candidatures

Et même si les candidates et candidats vont sans doute se bousculer pour prendre la place de Gavin Newsom, pas de républicain centriste comme Arnold Schwarzenegger cette fois-ci sur les rangs. En 2003, on comptait à peu près 130 candidatures, dont beaucoup étaient fantaisistes, comme celle d'une actrice de films pornographiques qui prévoit de se représenter cette année.

Finalement, la véritable question pour Gavin Newsom est celle des répercussions de ce "recall" sur son image. Ses éventuelles ambitions nationales pourraient en souffrir.

Loïc Pialat/aq

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