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Au nom de la lutte climatique, la France interdit certains vols intérieurs

Loi climat: l’Assemblée nationale vote la fin de certains vols intérieurs en France [RTS]
Loi climat: l’Assemblée nationale vote la fin de certains vols intérieurs en France / Forum (vidéo) / 2 min. / le 11 avril 2021
L'Assemblée nationale française a voté samedi soir la suppression de certaines lignes aériennes intérieures, en cas d'alternatives en train de moins de 2h30, après un débat animé qui a divisé même au sein de la majorité.

Cette mesure emblématique du projet de loi climat vise à supprimer des liaisons entre Paris et Nantes, Lyon ou Bordeaux, mais prévoit des exceptions pour les trajets en correspondance.

La Convention citoyenne pour le climat, mise en place par Emmanuel Macron, avait quant à elle réclamé de renoncer aux vols intérieurs en cas d'alternatives de moins de 4h en train, et non 2h30.

Ce seuil de quatre heures serait venu "assécher des territoires souvent enclavés comme le grand Massif central", a argumenté le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, "ce serait inique sur le plan de l'équité des territoires".

Le gouvernement français avait déjà contraint Air France à renoncer, en mai 2020, aux liaisons concernées en contrepartie d'un soutien financier. Ce nouveau projet de loi gouvernemental interdira également aux concurrents de s'engouffrer dans la brèche.

Une poire coupée en deux

La mesure a suscité une levée de boucliers de parlementaires de différents bords, souvent élus du Sud-Ouest, dans la région de Toulouse, territoire d'implantation d'Airbus et de nombreux sous-traitants.

Un député socialiste a notamment fustigé le "coût humain disproportionné" du dispositif et mis en garde contre les pertes d'emplois, tandis qu'un autre a critiqué une mesure de "décroissance" et de "chômage". À droite, des élus ont dénoncé une mesure qui vient "casser une filière d'exception".

À l'inverse, à gauche, les parlementaires ont critiqué un "article vide" du projet de loi actuel, et plaidé pour un retour à la proposition initiale, avec son seuil de 4h00, qui aurait permis de supprimer les lignes "les plus émettrices" de gaz à effet de serre comme Paris-Nice, Paris-Toulouse et Paris-Marseille.

afp/jop

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"Pas de contradiction" dans le gouvernement français, selon une ministre

Le vote de ce projet de loi est intervenu quelques jours seulement après l'annonce d'une nouvelle aide d'Etat à la compagnie Air France, dont le montant pourrait atteindre quatre milliards d'euros.

Toutefois, la ministre déléguée en charge de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a estimé dimanche qu'il n'y avait "pas de contradiction dans la politique du gouvernement", qui combine donc un soutien financier à la compagnie aérienne Air France et l'interdiction de certains vols intérieurs.

"Ce n'est pas une contradiction, c'est une transition", a-t-elle dit sur la radio Europe 1, "nous accompagnons les entreprises qui doivent changer de modèle".

Pour la ministre déléguée, "nous bâtissons une vision 2030, une vision où à la fois, on aurait moins de carbone et autant d'avions."