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Washington reprend son aide à l'agence pour les réfugiés palestiniens

L'Unrwa gère 711 écoles pour 526'000 élèves dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, au Liban et en Syrie. [Adel Hana - AP/Keystone]
Washington reprend son aide à l'agence pour les réfugiés palestiniens / Le Journal horaire / 23 sec. / le 8 avril 2021
Contre l'avis d'Israël, les Etats-Unis ont annoncé mercredi la reprise de leur aide aux Palestiniens via l'agence onusienne Unrwa. Washington a également affirmé son soutien à une solution à deux Etats, recentrant sa position par rapport à celle de Donald Trump.

Cette aide à l'agence de l'ONU qui s'occupe des réfugiés palestiniens (Unrwa) atteindra 235 millions de dollars (quelque 218 millions de francs).

En détail, les Etats-Unis contribueront de nouveau au financement de cette agence à hauteur de 150 millions de dollars. Ils verseront aussi 75 millions pour le développement et l'économie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et 10 millions pour le processus de paix.

"Intérêts et valeurs" des Etats-Unis

"L'aide américaine au peuple palestinien sert les intérêts et les valeurs des Etats-Unis. Elle apporte une aide cruciale à ceux qui en ont besoin, favorise le développement économique et soutient le dialogue israélo-palestinien, la coordination de la sécurité et la stabilité", a justifié le secrétaire d'Etat Antony Blinken.

"Gratitude" de l'Unrwa

L'Unrwa a salué la reprise de cette aide, qui avait été suspendue par l'ancien président Donald Trump en 2018. Son Commissaire général, le Suisse Philippe Lazzarini, a exprimé dans un communiqué "sa gratitude pour le renouvellement des relations entre son agence et les Etats-Unis (...) qui intervient à un moment critique".

L'agence de l'ONU, dont les Etats-Unis étaient autrefois le principal donateur, est confrontée à un manque à gagner depuis que Donald Trump a retiré ses fonds en 2018, arguant que les réfugiés, dont certains vivent dans des camps depuis des générations, devraient être réinstallés.

L'Unrwa a déclaré que ses besoins ont augmenté en raison du Covid-19 et des difficultés rencontrées par les Palestiniens vivant en Syrie, au Liban ou en Jordanie.

La solution à deux Etats privilégiée

Sur une autre question clé du dossier israélo-palestinien, le président américain a réitéré mercredi son soutien à une solution à deux Etats, remise en cause par Donald Trump, qui lors de son mandat a offert de nombreux gages de satisfaction à l'Etat hébreu.

Joe Biden a réaffirmé cette position lors d'un entretien téléphonique avec le roi Abdallah II de Jordanie, au cours duquel il a aussi exprimé un soutien américain appuyé à la Jordanie, selon un communiqué de la Maison Blanche.

L'administration Biden a rétabli ses relations avec les Palestiniens et leur a apporté son soutien, sans toutefois dévoiler de nouvelle initiative de paix pour résoudre ce conflit historique.

afp/oang

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"Déception" israélienne

L'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, Gilad Erdan, a exprimé sa "déception" et son "désaccord", immédiatement après l'annonce américaine.

Les Etats-Unis auraient dû "d'abord s'assurer que certaines réformes soient accomplies, visant notamment à mettre un terme à l'incitation (à l'antisémitisme) et à retirer les contenus antisémites des programmes scolaires", a-t-il ajouté.

"Une première étape" pour les Palestiniens

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne a estimé que cette reprise de l'aide américaine ne devait être qu'une première étape.

"Nous attendons avec impatience non seulement la reprise des aides financières mais aussi le retour des relations politiques avec les Etats-Unis, d'une façon qui permette à notre peuple palestinien d'accomplir ses droits légitimes à créer un Etat indépendant avec Jérusalem pour capitale", a dit Mohammed Shtayyeh.