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Polémique à Bruxelles après un affront fait à Ursula von der Leyen à Ankara

Les dirigeants de l'UE ont fait part à Recep Tayyip Erdogan de leurs inquiétudes sur les droits humains [AFP]
Polémique à Bruxelles après un affront fait à Ursula von der Leyen à Ankara / Le Journal horaire / 1 min. / le 8 avril 2021
Un affront a été infligé mardi à la présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen, placée en retrait sur un divan lors de la réunion des présidents des institutions de l'UE avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara.

La scène, qui a été filmée, a déclenché une controverse à Bruxelles. "La présidente von der Leyen a été surprise. Elle a décidé de passer outre et de donner la priorité à la substance (lire encadré). Mais cela n'implique pas qu'elle n'accorde pas d'importance à l'incident", a expliqué mercredi son porte-parole Eric Mamer.

>> Relire: Les droits humains au centre de la rencontre turco-européenne

Dans la vidéo, Ursula von der Leyen semble ne pas savoir où s'installer.  [TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE - AFP ]Dans la vidéo, Ursula von der Leyen semble ne pas savoir où s'installer. [TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE - AFP ]"Ehm", murmure l'ancienne ministre allemande de la Défense, apparemment désemparée dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux. Elle semble ne pas savoir où s'installer alors que le président du Conseil européen Charles Michel et le président turc se calent dans les deux fauteuils préparés pour la réunion.

Ursula von der Leyen prend ensuite place sur un canapé, en retrait des deux hommes, face au ministre turc des Affaires étrangères, dont la fonction lui est inférieure dans la hiérarchie protocolaire.

Réactions en cascade

L'affront fait à la première femme à occuper l'un des deux plus hauts postes de l'UE a suscité la colère de plusieurs élus européens à Bruxelles.

"D'abord, ils se retirent de la Convention d'Istanbul et maintenant ils laissent la présidente de la Commission européenne sans siège lors d'une visite officielle. C'est honteux. #WomensRights", s'est insurgée la présidente du groupe socialiste au Parlement européen, l'Espagnole Iratxe Garcia Perez, dans un message sur son compte Twitter.

L'expression d'Ursula von der Leyen "'Ehm' est le nouveau terme pour 'ce n'est pas comme ça que la relation UE-Turquie devrait être menée'", a commenté l'eurodéputé écologiste allemand Sergei Lagodinsky.

Charles Michel n'a pas été épargné par les critiques. L'eurodéputée libérale néerlandaise Sophie in 't Veld s'est demandée pourquoi le président du Conseil était resté "silencieux" alors que sa collègue se retrouvait sans siège.

"Ne doit pas se répéter"

"Ursula von der Leyen attend d'être traitée selon les règles protocolaires et elle a demandé à ses services de faire en sorte que ce genre d'incidents ne se répète pas à l'avenir", a annoncé son porte-parole. (...) "Les présidents des deux institutions ont le même rang protocolaire." Le Conseil européen a toutefois fait savoir que son président a la préséance sur la Commission pour le protocole international.

"Il revient aux autorités turques, en charge de la rencontre, d'expliquer pourquoi il a été offert ce type de siège à Usula von der Leyen", a souligné Eric Mamer. Et d'ajouter: "Malgré l'incident protocolaire, les discussions ont été très poussées avec le président turc et Usula von der Leyen a pu exercer son rôle."

afp/vajo

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Moment délicat dans les relations entre l'UE et la Turquie

La rebuffade intervient à un moment diplomatique délicat, alors que l'UE et la Turquie cherchent à renouer leurs relations après une année de tensions.

Les Européens ne cachent pas leurs inquiétudes face aux violations des droits fondamentaux en Turquie et notamment la décision du président Erdogan de quitter la convention d'Istanbul sur la prévention de la violence contre les femmes et les enfants.

>> Relire: La Turquie quitte une convention sur les violences contre les femmes

A l'issue de la rencontre, Ursula von der Leyen n'a pas mâché ses mots lors de la conférence de presse. "Je suis profondément inquiète du fait que la Turquie se soit retirée de la Convention d'Istanbul", a-t-elle lancé. (...) Les questions relatives aux droits de l'homme ne sont pas négociables."

Mercredi, son porte-parole Eric Mamer a averti: "La question des droits de l'homme est hautement prioritaire dans la relation entre l'UE et la Turquie. Elle sera prise en compte dans l'analyse générale qui sera soumise aux dirigeants européens lors de leur sommet en juin."