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Bruits de bottes à la frontière de l'Ukraine et mises en garde de Moscou

Des milliers de soldats russes se trouveraient à proximité de la frontière ukrainienne (image d'illustration). [Marko Djurica - Reuters]
Regain de tensions entre l'Ukraine et la Russie dans la région du Donbass / Forum / 3 min. / le 2 avril 2021
La Russie, accusée de masser des troupes à la frontière ukrainienne, a mis en garde les Occidentaux vendredi contre toute ingérence militaire. Moscou a également averti Kiev de s'abstenir de "provocations", tout en assurant ne pas vouloir de conflit.

Des responsables ukrainiens et américains se sont inquiétés ces derniers jours de mouvements de milliers de troupes russes à la frontière russo-ukrainienne, sur fond de regain de tensions dans le conflit entre forces de Kiev et séparatistes prorusses, débuté en 2014.

Selon le district militaire Sud de l'armée russe, qui comprend les zones frontalières de l'Ukraine et la Crimée, plus de 50 bataillons représentant 15'000 personnes vont se former à "la guerre électronique et la défense antiaérienne afin de se protéger contre les frappes de drones".

Un défi pour Joe Biden

Cette situation met à l'épreuve la présidence de Joe Biden alors que les relations avec la Russie sont au plus bas, Moscou ayant rappelé son ambassadeur à Washington après que le président américain a qualifié son homologue Vladimir Poutine de "tueur".

Le président américain a promis vendredi le soutien "indéfectible" des Etats-Unis à la souveraineté de l'Ukraine lors d'un échange téléphonique avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Washington a par ailleurs mis en garde Moscou contre "tout acte agressif".

La France, qui a un rôle de médiateur, a dit pour sa part vendredi ne pas croire à une escalade des tensions, tout en restant "très prudente".

La Russie prête à répliquer

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répondu à Washington en affirmant que Moscou prendrait "toutes les mesures nécessaires" en cas d'ingérence militaire occidentale en Ukraine, une ex-république soviétique considérée par la Russie comme faisant partie de sa sphère d'influence stratégique.

Il a ensuite affirmé que "la Russie ne menace personne et n'a jamais menacé personne", mettant l'escalade des tensions sur le dos des "provocations répétées des forces armées ukrainiennes" contre les séparatistes.

Plus tôt vendredi, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Andreï Roudenko, a lui aussi assuré que Moscou ne veut pas d'un conflit armé avec Kiev, estimant que les inquiétudes ukrainiennes étaient une "falsification" d'information destinée à "détourner l'intention des problèmes internes" que connaît le pays.

Soutien de Moscou aux séparatistes

Malgré ses dénégations, la Russie est largement considérée comme le soutien financier et militaire des séparatistes et accusée par Kiev d'avoir fait combattre ses troupes régulières au cours du conflit.

oang avec afp

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Plus de 13'000 morts depuis 2014

Cette guerre, qui a fait plus de 13'000 morts, a commencé en 2014 après l'arrivée au pouvoir à Kiev de pro-Occidentaux, qui avait été suivie de l'annexion de la Crimée par Moscou.

Après une trêve record durant la deuxième moitié de 2020, la guerre dans l'est de l'Ukraine entre forces de Kiev et séparatistes prorusses a vu depuis janvier dernier une multiplication des heurts. Les deux camps s'imputent la responsabilité de l'escalade. Vingt soldats ukrainiens ont été tués et 57 blessés depuis le début de l'année.

Malgré des accords de paix signés en 2015 à Minsk et plusieurs rencontres entre les dirigeants russe et ukrainien sous parrainage allemand et français, le règlement politique du conflit est au point mort.