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L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi mise en accusation

Des manifestantes à Mandalay, en Birmanie. [EPA/Stringer - Keystone]
Birmanie: Aung San Suu Kyi en accusation, violences "condamnées" / La Matinale / 16 sec. / le 2 avril 2021
L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, détenue depuis le coup d'Etat début février, a été accusée jeudi d'avoir violé une loi sur les secrets d'Etat datant de l'époque coloniale. Le Conseil de sécurité de l'ONU a "fermement" condamné la mort de centaines de civils.

Les autorités "ont entamé le 25 mars une nouvelle procédure, l'accusant d'avoir violé la loi sur les secrets d'Etat", a déclaré à l'AFP son avocat, Khin Maung Zaw.

Aung San Suu Kyi, 75 ans, a comparu en visioconférence devant un tribunal de la capitale Naypyidaw pour une audience portant sur des questions administratives comme la désignation officielle des huit avocats de son équipe de défense.

"Incitation aux troubles publics"

Elle paraissait en "bonne condition physique", a dit l'un d'eux. Elle était "brillante et charmante comme toujours", a commenté l'avocat Khin Maung Zaw. Son équipe de défense l'avait vue la veille par vidéo et sous surveillance policière pour la première fois depuis le putsch.

"Elle a demandé une rencontre entre elle et ses avocats - une réunion privée pour donner ses instructions à sa défense et discuter de l'affaire sans ingérences extérieures de la police ou des forces armées", a-t-il ajouté. La prochaine audience est fixée au 12 avril.

La prix Nobel de la paix 1991 est poursuivie pour quatre chefs, dont "incitation aux troubles publics". Des accusations d'avoir perçu plus d'un million de dollars et onze kilos d'or de pots-de-vin s'y ajoutent mais elle n'a pas encore été inculpée de "corruption". Elle encourt de longues années de prison, risquant d'être bannie de la vie politique.

ats/vkiss

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Condamnation de l'ONU

Au terme de deux jours d'une négociation difficile, le Conseil de sécurité de l'ONU a indiqué jeudi "condamner fermement les morts de centaines de civils, incluant des femmes et des enfants", dans une déclaration unanime largement édulcorée par la Chine.

Plus de 535 personnes, dont de nombreux étudiants, des adolescents et de jeunes enfants, ont été tués par les forces de sécurité en deux mois, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Des centaines d'autres, détenues au secret, sont portées disparues.

L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, avait mis en garde mercredi contre "un risque de guerre civile à un niveau sans précédent". La Zurichoise a exhorté à "envisager tous les moyens à sa disposition pour (...) éviter une catastrophe multidimensionnelle au coeur de l'Asie".

Coupure d'internet

Les autorités birmanes ont également ordonné aux fournisseurs d'accès de suspendre les connexions internet sans fil dans le pays "jusqu'à nouvel ordre", a indiqué un opérateur de télécommunications. Cette nouvelle coupure risque de paralyser les communications en ligne dans le pays où très peu de gens ont accès à des lignes fixes.

Cette "coupure d'internet" a été condamnée jeudi par plusieurs dizaines de pays membres de l'ONU qui ont dénoncé, dans une déclaration rédigée par la Lituanie, la France et la Grèce, "les attaques" contre les médias dans le pays.