Modifié le 28 juin 2010 à 12:57

Angolagate: prison ferme pour Charles Pasqua

Charles Pasqua a été condamné à un an de prison ferme pour son rôle dans l'Angolagate.
Charles Pasqua a été condamné à un an de prison ferme pour son rôle dans l'Angolagate. [Reuters]
Le tribunal de Paris a condamné mardi l'ancien ministre de l'Intérieur et sénateur Charles Pasqua à trois ans de prison, dont deux avec sursis, et 100'000 euros d'amende pour "trafic d'influence" dans l'affaire de l'Angolagate, un trafic d'armes entre la France et l'Angola au milieu des années 90.

Dans ce procès fleuve, qui s'était déroulé de fin 2008 à mars
2009 et dont le jugement avait été mis en délibéré, le tribunal a
également condamné mardi à six ans de prison ferme les hommes
d'affaires Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak.





Le tribunal correctionnel de Paris a ordonné l'incarcération
immédiate de Pierre Falcone condamné pour trafic d'influence,
commerce d'armes et abus de biens sociaux. Arcadi Gaydamak,
Israélien d'origine russe et actuellement réfugié en Russie, a été
condamné pour commerce d'armes, trafic d'influence et blanchiment.
Il avait été le grand absent du procès.

Des armes provenant de l'ex-URSS

La justice reproche aux deux hommes d'avoir, de 1993 à 1998,
vendu à l'Angola, alors en pleine guerre civile, des armes
provenant de l'ancien bloc soviétique, sans avoir reçu
d'autorisation de l'Etat Français. Au total, 42 personnes avaient
comparu, accusées d'avoir participé à l'organisation de ce "trafic"
d'armes de 790 millions de dollars, ou d'avoir bénéficié de
"pots-de-vin" distribués par Pierre Falcone et Arcadi
Gaydamak.





Une trentaine de responsables angolais auraient également été
arrosés dans ce commerce, selon les enquêteurs, mais aucun n'a été
renvoyé devant la justice. Dès l'ouverture du procès en octobre
2008, la République angolaise avait demandé le retrait des pièces
incriminantes, au nom du "respect du secret défense d'un pays
étranger". Argument rejeté mardi par le tribunal.

Nombreuses personnalités sur le banc des accusés

Jean-Christophe Mitterrand, qui était conseiller pour l'Afrique
de son père François Mitterrand, a été condamné à deux ans de
prison avec sursis et 375'000 euros d'amende pour recel d'abus de
bien sociaux. Il était accusé d'avoir facilité le trafic d'armes
vers l'Angola, sans y avoir participé.





Les célébrités du monde politique ou des affaires étaient
nombreuses sur le banc des accusés de ce procès. Ainsi, le
romancier Paul-Loup Sulitzer a été condamné à quinze mois de prison
avec sursis et 100'000 euros d'amende. En revanche, le consultant
Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, a été
relaxé par le tribunal.





Jean-Charles Marchiani, ancien préfet et proche de Charles Pasqua,
a été de son côté condamné à trois ans de prison, dont 21 mois avec
sursis pour complicité de trafic d'influence et recel d'abus de
biens sociaux. Les principaux condamnés ont annoncé leur intention
de faire appel de ce jugement.





agences/lan

Publié le 30 avril 2010 à 14:05 - Modifié le 28 juin 2010 à 12:57

Plus de 400 chars livrés à l'Angola

En pleine guerre civile, le président angolais José Eduardo Dos Santos cherchait en 1993 à se procurer des armes pour lutter contre les rebelles de l'Unita, mais la France avait refusé.

Des contacts officieux l'avaient amené à Pierre Falcone, lequel s'était associé à l'Israélien d'origine russe Arcadi Gaydamak qui, lui, avait des contacts dans l'ancien bloc soviétique.

420 chars, 150'000 obus, 12 hélicoptères, six navires de guerre recensés par les enquêteurs

Les deux associés ne contestent pas avoir livré du matériel militaire, mais ils nient avoir livré 170'000 mines anti-personnel et soutiennent que Paris n'avait pas à donner son feu vert, puisque cet arsenal ne passait pas par la France, la société courtière, ZTS Osos, étant basée en Slovaquie.

Un argument rejeté par l'accusation: pour elle, ZTS Osos ne faisait que cacher Brenco, la société parisienne de Pierre Falcone.