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La mort de Béatrice Stöckli revendiquée dans une vidéo par des djihadistes

Une vidéo revendique la mort de Béatrice Stöckli. [RTS]
Une vidéo revendique la mort de Béatrice Stöckli. / 19h30 / 2 min. / le 10 février 2021
La mort de l’otage suisse Béatrice Stöckli en octobre dernier a été revendiquée dans une vidéo du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. Une information qu'a pu obtenir la RTS sur place au Mali, en marge de la visite du conseiller fédéral Ignazio Cassis.

Missionnaire évangélique bâloise, Béatrice Stöckli avait été enlevée en janvier 2016 à Tombouctou. Jusqu'ici, l’annonce de son décès était basée sur les témoignages d’autres otages libérés, en particulier sur celui de la Française Sophie Pétronin. Mais cette vidéo vient confirmer que la Suissesse a bel et bien été victime de l’organisation terroriste islamiste.

"Toutes les informations que nous avons en Suisse nous amène à conclure que Madame Stöckli est décédée. Nous n’avons aucune autre information qui pourrait nous faire croire le contraire", a expliqué Ignazio Cassis dans le 12h30.

>> Relire aussi:  L'otage suisse Béatrice Stöckli a été tuée par des terroristes au Mali

Berne au courant depuis plusieurs mois

Impossible de savoir quand cette vidéo a été tournée. Toutefois, les autorités suisses en avaient connaissance depuis plusieurs mois et elles ont pu l'authentifier.

Dans les captures d’écran obtenues par la RTS, l’organisation terroriste Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans évoque "une tentative ratée" qui aurait conduit à la mort de l’otage suisse, sans que l’on sache à quel genre de tentative elle fait référence. L'organisation accuse aussi la France d'être responsable de cette issue tragique.

Le décès de Béatrice Stöckli avait été annoncé en octobre dernier, quelques jours après la libération de plusieurs otages, dont Sophie Pétronin. C'est elle qui avait déclaré que la Bâloise avait été tuée par ses ravisseurs quelques semaines auparavant.

Selon les informations qu'elle a livrées aux renseignements français, la Suissesse aurait été emmenée derrière une dune, puis il y aurait eu le bruit d’un coup de feu et on ne l’aurait plus jamais revue.

Ignazio Cassis tente d'obtenir des réponses

Ce témoignage laisse plusieurs questions en suspens: pourquoi les ravisseurs ont-ils exécuté Béatrice Stöckli après quatre ans de détention? Et où se trouve son corps aujourd'hui?

Des questions auxquelles le ministre Ignazio Cassis, en visite au Mali, a tenté de trouver des réponses, mais sans succès.

Le conseiller fédéral a évoqué cette affaire lors de différents entretiens. Il a même remis au président du gouvernement de transition malien une lettre de la part de la famille de Béatrice Stöckli.

>> Ecouter aussi les propos d'Ignazio Cassis dans le 12h30:

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis. [Peter Klaunzer - Keystone]Peter Klaunzer - Keystone
Mort de Béatrice Stöckli : la réaction du conseiller fédéral Ignazio Cassis / Le 12h30 / 2 min. / le 10 février 2021

Le Mali ne semble pas pouvoir fournir d'information supplémentaire à ce stade. Les tentatives de négociation pour récupérer le corps de Béatrice Stöckli, l'une des exigences de la Suisse, semblent au point mort.

Dans tous les cas, cette vidéo et cette revendication confirment qu’il n’y a plus d’espoir de retrouver la missionnaire en vie. C’est d’ailleurs la raison invoquée par Berne pour justifier son absence de communication sur le sujet.

>> L'interview dIgnazio Cassis par Valérie Gillioz:

CASSIS-MALI [RTS]
Otage suisse assassinée au Mali: interview du conseiller fédéral Ignazio Cassis à Bamako / L'actu en vidéo / 2 min. / le 10 février 2021

Valérie Gillioz

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"L'annonce du 9 octobre ne met pas fin à la procédure"

Contacté par la RTS, le DFAE confirme avoir ouvert une procédure pénale contre inconnu pour soupçons de séquestration et enlèvement, ainsi que pour prise d'otage en lien avec une organisation criminelle. Selon le département d'Ignazio Cassis, l'annonce en octobre dernier du décès de Béatrice Stöckli "ne met pas fin en l'état à la procédure en question qui se poursuit".

Selon le DFAE encore, le Ministère public de la Confédération a requis l'entraide judiciaire internationale de plusieurs Etats et organisations internationales. Selon les règles générales en la matière, la compétence originaire pour poursuivre les auteurs incombe au pays où s'est produit l'infraction, précise les autorités fédérales.