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Taïwan dénonce deux incursions de l'aviation chinoise dans son espace aérien

Le président taïwanais Tsai Ing-wen inspecte un centre de défense anti-aérien [EyePress News - Afp/EyePress]
Démonstration de force de la Chine dans la région de Taïwan / La Matinale / 1 min. / le 25 janvier 2021
L'armée de l'air taïwanaise a déployé son système antimissile après deux incursions de l'aviation chinoise dans son espace aérien ce week-end. La Chine, qui ne reconnaît pas l'indépendance de Taïwan, mène depuis des mois des incursions dans la région.

Avions de reconnaissance, chasseurs et bombardiers: la Chine a déployé ses forces aériennes tout au long du week-end au-dessus du détroit de Taïwan. Une trentaine d’appareils ont franchi la ligne de démarcation séparant les territoires taïwanais et chinois. Surprise par l’ampleur de la provocation militaire, l’armée taïwanaise a dû déployer en urgence son système antimissile.

Si Pékin a multiplié les exercices de ce genre ces derniers mois, l’ampleur des incursions est une rare démonstration de force, destinée avant tout à l’administration Biden.

La mise en garde survient en effet quelques jours après la prestation de serment aux Etats-Unis, au moment où la nouvelle administration démocrate s’installe à la Maison Blanche. Une manière de tester la nouvelle équipe dirigeante tout en rappelant la ligne rouge à ne pas franchir: une proclamation formelle d’indépendance.

Pékin considère Taïwan comme l'une de ses provinces

Séparés depuis la fin de la guerre civile et la création, sur le continent, de la République Populaire par Mao Zedong, les 23 millions de Taïwanais vivent sous la menace constante d’une invasion de Pékin, qui considère l’île autonome et démocratique comme l’une de ses provinces.

Soutenue par les Etats-Unis, Taipei a resserré ses liens avec Washington sous l’ère Trump, des liens que Biden a promis de cultiver. Signe de cette volonté d’engagement, la représentante de Taïwan aux Etats-Unis a assisté à l’investiture présidentielle américaine, une première depuis 1979 et l’établissement des relations diplomatiques entre Washington et Pékin.

De quoi irriter les dirigeants chinois qui interdisent tous liens formels avec l’île rebelle, appelée à revenir dans le giron de la mère patrie. Le Parti communiste a en effet promis de réunifier les deux territoires avant 2049, centenaire de la fondation de la Chine communiste. Une ambition source de tensions dans une région qui est une zone à risque pour la stabilité mondiale.

Malgré ses liens diplomatiques avec Pékin, Washington reste le plus important soutien militaire de Taipei. Les Etats-Unis ont officiellement condamné les incidents de samedi et dimanche et le premier communiqué sur Taiwan depuis l’accession au pouvoir de Joe Biden s’est voulu clair et sans ambiguïté: "Nous exhortons Pékin à cesser ses pression militaires, diplomatiques et économiques contre Taïwan et à engager un dialogue constructif avec ses représentants démocratiquement élus."

Sujet radio: Michael Peuker

Adaptation web: Virginie Langerock

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Un porte-avions américain en mer de Chine méridional

Le groupe aéronaval conduit par le porte-avions américain Theodore Roosevelt est arrivé samedi dans la région, le jour même où Taïwan a affirmé que des avions chinois avaient pénétré dans la zone d'identification de défense aérienne de l'île.

"C'est formidable d'être à nouveau en mer de Chine méridionale pour mener des opérations de routine, de promouvoir la liberté des mers et de rassurer nos alliés et partenaires", a déclaré le contre-amiral Doug Verissimo, commandant du groupe aéronaval.

Pékin revendique la quasi-totalité des îles de la mer de Chine méridionale et se plaint régulièrement des opérations américaines dans ce secteur, théâtre d'une lutte d'influence entre Pékin et Washington.