Modifié le 28 juin 2010 à 13:35

Les pêcheurs français lèvent le blocage des ports

Le trafic des ferries vers l'Angleterre a pu reprendre.
Le trafic des ferries vers l'Angleterre a pu reprendre. [Keystone]
Les pêcheurs français ont levé le blocage jeudi des principaux ports du nord du pays qui paralysait depuis mardi le trafic des ferries entre la France et l'Angleterre, après la promesse du gouvernement de leur accorder une aide de 4 millions d'euros.

Le blocage des ports de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque
est levé mais les pêcheurs ont annoncé la poursuite de leur
mouvement sous d'autres formes.





Les pêcheurs, qui estiment que leur profession est menacée de
disparition, réclament une hausse des quotas de cabillaud et de
sole, pour la plupart déjà épuisés pour 2009.





"On continue notre mouvement pour montrer qu'on est mobilisé, mais
on va changer notre type d'action", a déclaré à Boulogne-sur-Mer, à
l'issue d'une assemblée générale des pêcheurs, Bruno Dachicourt,
délégué CFTC, l'un des principaux syndicats du secteur.





Les pêcheurs vont notamment poursuivre le blocage de l'usine de
transformation des produits de la mer à Boulogne-sur-Mer, principal
port de pêche français en tonnage.

Plan d'accompagnement

Le trafic des ferries avait déjà repris jeudi matin entre
l'Angleterre et la France, le blocus des ports de Calais et
Dunkerque ayant été suspendu pour permettre aux pêcheurs d'assister
aux assemblées générales et voter sur la suite à donner à leur
mouvement. Seul Boulogne-sur-Mer était resté totalement
bloqué.





Les marins pêcheurs français avaient pourtant annoncé mercredi
soir à l'issue d'une réunion au ministère que le blocage des trois
ports se poursuivrait jeudi. Après quatre heures de discussions
avec le ministre de la Pêche Michel Barnier, celui-ci a répété que
les quotas de prises ne seraient pas modifiés en 2009, rappelant
que la Commission européenne y était opposée. Jeudi, le ministre
semblait revenir sur ses positions (lire ci-contre).





Michel Barnier, a annoncé un "plan d'accompagnement" pour les
pêcheurs du Nord/Pas-de-Calais, comprenant "une enveloppe de 4
millions d'euros" pour 2009. Celle-ci sera débloquée d'ici le 30
juin.





Les pêcheurs du Nord/Pas-de-Calais réclament des augmentations de
leurs quotas de capture de cabillaud et de sole, pour la plupart
déjà épuisés pour 2009. Avant d'entamer cette réunion mercredi, ils
s'étaient déclarés "fermes et déterminés" à obtenir des quotas
supplémentaires et avaient affirmé "ne pas vouloir d'argent", en
allusion aux mesures "d'accompagnement économique" proposées par le
gouvernement.





ap/afp/sbo

Publié le 16 avril 2009 à 15:20 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:35

La question des quotas de pêche

Le ministre de la Pêche Michel Barnier a affirmé jeudi qu'il était "en train d'obtenir des quotas de pêche supplémentaires" concernant la sole, en procédant à des échanges avec d'autres pays de l'Union européenne.

La Commission européenne, qui a dit à plusieurs reprises qu'il était impossible de relever les quotas de pêche adoptés en décembre, a indiqué jeudi qu'elle allait examiner ce plan d'aide.

En même temps, la Commission pourrait exposer de nouvelles propositions visant à réduire encore les capacités de captures dans l'UE pour protéger les stocks de poisson. "La flotte communautaire peut actuellement pêcher deux tiers de plus que ce que la mer peut offrir en ressources", a expliqué un responsable de la Commission. Ces orientations sont susceptibles d'être révisées avant leur publication mercredi.

Le gouvernement français avait obtenu une augmentation des droits de pêche de 30% de cabillaud pour 2009, après une hausse de 25% en juin 2008, en raison de l'abondance cette année de ce poisson dans la zone.

Même si les stocks de cabillaud en mer du Nord amorcent depuis deux ans une légère remontée, ils ne sont pas encore sortis de la "zone rouge", soulignait mercredi un expert, Jean-Paul Delpech, de l'Institut français de la recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).