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Nouvelle démonstration de force de Trump au Texas

Donald Trump s'exprime devant des journalistes avant son embarquement pour Alamo, dans le sud du Texas, le 12 janvier 2021. [Alex Brandon - Keystone/AP photo]
Premier déplacement de Trump après les violences au Capitole au Texas / La Matinale / 3 min. / le 13 janvier 2021
Donald Trump s'est rendu mardi au Texas, son premier déplacement depuis les violences de ses partisans au Capitole la semaine dernière. A sept jours de son départ, il pourrait s'agir de son dernier déplacement officiel loin de la Maison Blanche. Reportage sur place.

Casquette rouge, drapeaux Trump 2020, les partisans de Donald Trump se massent le long des routes de la petite ville de McAllen, au Sud du Texas.

"On l'aime. On pense que c'est le meilleur président de tous les temps. Il a gagné cette élection. Ce qui s'est passé est une honte pour notre pays", clame un militant au micro du correspondant de la RTS sur place.

Pour ses partisans, Trump n'a rien fait

Ici, personne ne considère que Trump est responsable des violences qui ont eu lieu au Capitole. "Ce sont des fake news. Le président n'a rien fait du tout", considère un autre militant. "Je prie pour le protéger, car il y a beaucoup de haine autour de nous. On défend la vérité et Trump a tant fait pour tous les Américains, et spécialement les chrétiens", explique pour sa part un pasteur.

L'ambiance est plutôt détendue, même si on croise tout de même dans la foule des partisans de Trump en treillis militaire, prêts au combat. S'il a laissé son fusil semi-automatique à la maison, l'un d'eux arbore à la ceinture un couteau et un bâton et pointe du doigt un groupe de l'autre côté de la rue. "Nous avons reçu des informations au sujet de la présence d'Antifa aujourd'hui. Il y a ce gentleman qui m'a dit que cette personne là-bas, avec un pull gris, avait harcelé des enfants et des femmes lors d'une autre manifestation", soutient-il.

"J'ai peur que nous ayons déjà franchi le point de non retour"

Ces Antifa, qui sont une poignée, brandissent des drapeaux de Joe Biden. Pas vraiment des radicaux extrémistes, plutôt des étudiants, pour la plupart. "On est ici pour faire face. Donald Trump a perdu la tête, il est devenu fou. S'il ne voit que des supporters pro-Trump, il va croire que tout le Texas est à lui. Et ce n'est pas le cas", confie l'un d'eux, armé d'une sono de laquelle sort une chanson insultant le président sortant.

"On est arrivé à un point de rupture. Qui sait ce qui va se passer? Espérons qu'avec Joe Biden, on va retrouver une sorte de normalité. Il tente de mettre en avant l'unité du pays, mais j'ai peur que nous ayons déjà franchi le point de non retour. Je ne sais pas ce que sera le futur des Etats-Unis, j'ai peur", témoigne-t-il.

"Il y a un plan, je ne peux pas t'en parler"

Les rues de McAllen sont le miroir de cette Amérique divisée, qui vacille. On prend conscience aussi de l'incroyable engouement que déclenche Donald Trump auprès de sa base électorale quand il passe devant la foule dans sa voiture blindée. A une semaine de la fin de son mandat, beaucoup de ses partisans ne le voient pas quitter la Maison Blanche.

"Il y a un plan. Je ne peux pas t'en parler. Il y a un plan pour ramener la Justice dans notre pays. C'est en lien avec la Constitution, et tu dois te rappeler que Trump est le Commandant en chef. Les militaires pourraient être impliqués", glisse même le pasteur interrogé quelques minutes plus tôt, laissant augurer que la présidence Trump réserve peut-être encore des surprises.

>> Ecouter aussi l'émission Tout un monde revenir mercredi sur la division des Etats-Unis:

Des manifestants pro-Trump assemblés devant le Capitole, le 6 janvier 2020 à Washington D.C. [Michael Reynolds - EPA/Keystone]Michael Reynolds - EPA/Keystone
Donald Trump et les Etats-Unis divisés en deux / Tout un monde / 8 min. / le 13 janvier 2021

Reportage radio: Raphaël Grand
Adaptation web: Vincent Cherpillod

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