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Le Hamas propose une trêve de dix ans

Khaled Mechal a fait preuve d'une ouverture inédite. [Keystone]
Khaled Mechal a fait preuve d'une ouverture inédite. [Keystone]
Le chef du Hamas en exil Khaled Mechal a annoncé lundi que le mouvement palestinien proposait une trêve de dix ans valant reconnaissance implicite d'Israël si l'Etat hébreu se retirait des territoires occupés depuis la guerre des Six-Jours de 1967.

Khaled Mechal a expliqué avoir fait cette offre lors de sa
rencontre samedi avec l'ancien président américain Jimmy
Carter.

"Nous avons offert une trêve si Israël se retire jusqu'aux
frontières d'avant 1967, une trêve de dix ans comme preuve de
reconnaissance", a déclaré le leader du Mouvement de la résistance
islamique à des journalistes à Damas.

Khaled Mechal a utilisé lundi le terme arabe "hudna", plus concret
que le mot "tahdiya", qui signifie une période de calme et que le
Hamas emploie souvent pour décrire un simple cessez-le-feu. "Hudna"
implique la reconnaissance du camp opposé.

Pas de reconnaissance formelle

Le chef en exil du Hamas a expliqué que son mouvement était prêt
à accepter la création d'un Etat palestinien comprenant la
Cisjordanie, la Bande de Gaza et Jérusalem est (territoires annexés
par Israël en 1967), et laissé entendre qu'il tolérerait un Etat
israélien sur le reste des territoires occupés par l'Etat hébreu
depuis 1948 et sa création.

Toutefois, le Hamas ne reconnaîtra pas formellement l'Etat hébreu,
a-t-il souligné. "Nous donnons notre accord à un Etat (palestinien,
NDLR) sur la base des frontières antérieures à 1967, avec Jérusalem
comme capitale, avec une souveraineté véritable, sans colonies de
peuplement, mais sans reconnaître Israël", a-t-il déclaré.

Après la visite de Jimmy Carter

Ces déclarations interviennent dans la foulée de la tournée
proche-orientale de Jimmy Carter. L'ex-vice-président américain
avait assuré lundi à Jérusalem que le Hamas était prêt à soumettre
à référendum tout accord de paix, et disposé à accepter le droit
d'Israël à "vivre comme un voisin en paix" aux côtés des
Palestiniens.

Selon lui, le Hamas l'a aussi assuré qu'il ne saperait pas les
négociations de paix entre Israël et Mahmoud Abbas. Il s'est par
ailleurs attiré les foudres d'Israël et de Washington pour avoir
rencontré des responsables du Hamas, considérés comme des
terroristes.

ap/afp/hof

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Ouverture inédite

Les commentaires de Khaled Mechal apparaissent comme la plus grande ouverture faite par le Hamas en vue d'une solution à deux Etats.

Jusqu'à lundi, le Mouvement de la résistance islamique revendiquait la totalité du territoire israélien actuel, en plus de la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

Sa charte appelle également à la destruction d'Israël, et Mechal n'a pas précisé si elle serait modifiée.

Washington se méfie

La Maison Blanche a dit lundi prendre "avec des pincettes" des propos rapportés par l'ancien président Jimmy Carter selon lesquels le mouvement islamiste palestinien Hamas serait prêt à reconnaître Israël sous conditions.

"Nous prenons cela avec des pincettes. Il faut voir les déclarations publiques, il faut voir les actes. Et les actes en disent plus que les paroles", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, à bord de l'avion qui emmenait le président George W. Bush à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, pour un sommet international.

Elle a invoqué la poursuite de l'action violente par le Hamas. Elle a répété l'opposition de l'administration américaine aux entretiens que l'ex-président Carter a eus la semaine dernière avec le Hamas. "Nous ne soutenions pas cette rencontre à caractère privé, cette rencontre avec une organisation terroriste", a-t-elle dit.