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L'Union européenne sanctionne les actions de la Turquie en Méditerranée

L'Union européenne sanctionne la Turquie. [Matthias Schrader - EPA]
Bruxelles hausse le ton face à la Turquie. / La Matinale / 2 min. / le 11 décembre 2020
Les dirigeants de l'Union européenne (UE) réunis en sommet à Bruxelles ont décidé jeudi de sanctionner les actions "illégales et agressives" de la Turquie en Méditerranée contre Athènes et Nicosie.

"Le Conseil européen a adopté des sanctions, face aux 'actions unilatérales et provocations' de la Turquie", s'est félicité le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes français Clément Beaune sur son compte twitter.

"Les mesures décidées sont des sanctions individuelles, et des mesures supplémentaires pourront être décidées si la Turquie poursuit ses actions", a expliqué un diplomate européen. Une liste de noms va être établie dans les prochaines semaines et sera soumise à l'approbation des Etats membres, selon les conclusions adoptées par le Sommet des Vingt-Sept réunis à Bruxelles.

Noms sur une liste noire

Les noms seront inscrits sur la liste noire établie en novembre 2019 pour sanctionner les activités de forage de la Turquie dans les eaux de Chypre. Elle compte deux responsables de la Turkish Petroleum Corporation (TPAO), interdits de visas et dont les avoirs dans l'UE ont été gelés.

Les dirigeants européens ont par ailleurs donné mandat au chef de la diplomatie européenne Josep Borrell de leur "faire un rapport au plus tard en mars 2021 sur l'évolution de la situation" et de proposer alors, si nécessaire, d'étendre les sanctions à de nouveaux noms ou de nouvelles entreprises. "L'idée est de serrer la vis progressivement", a expliqué un diplomate européen.

Processus initié en octobre

La décision d'ouvrir la voie à des sanctions avait été prise par les dirigeants européens en octobre. Ils avaient faits des offres d'ouverture à l'égard d'Ankara, notamment sur l'union douanière, mais les avaient assorties de menaces de représailles si la Turquie poursuivait ses actions déjà condamnées par l'UE.

"Nous avons tendu la main à la Turquie en octobre. Depuis, les choses n'ont pas été très positives", avait déploré en début de semaine le président du conseil européen Charles Michel. "Nous sommes prêts à utiliser les moyens dont nous disposons lorsque nous constatons qu'il n'y a pas d'évolution positive", avait-il averti.

Nombreux contentieux

Les contentieux se sont multipliés avec la Turquie, engagée dans des actions provocatrices face à la Grèce et Chypre et engagée militairement dans les conflits en Libye, en Syrie et au Haut-Karabakh. Mais la Turquie est membre de l'OTAN et Ankara compte beaucoup de soutiens au sein de l'organisation, reconnaissent les diplomates de l'Organisation.

Toutes les sensibilités se sont exprimées au cours du sommet. L'absence de consensus a notamment écarté l'adoption de sanctions économiques contre des secteurs d'activité et la demande de la Grèce d'imposer un embargo européen sur les armes à la Turquie.

afp/jpr

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"Une attitude illégitime"

La Turquie a réagi vendredi à la décision de l'Union européenne d'adopter des sanctions à son encontre pour ses activités en Méditerranée orientale.

"Nous rejetons cette attitude biaisée et illégitime figurant dans les conclusions du sommet de l'UE", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà affirmé mercredi que d'éventuelles sanctions de l'UE n'étaient pas "un grand souci" pour son pays.

Accord pour réduire d'au moins 55% les émissions de CO

Les Vingt-Sept ont conclu vendredi, à l'issue d'une nuit de négociations, un accord pour réduire d'"au moins 55%" leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport au niveau de 1990, contre un objectif précédent de 40%, ont annoncé plusieurs responsables européens.

Les chefs d'Etat et de gouvernement ont adopté "une proposition ambitieuse pour un nouvel objectif climatique", s'est félicitée sur Twitter la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. L'accord a été bloqué de longues heures par la Pologne, soucieuse d'obtenir des garanties sur les aides financières qu'elle obtiendrait en échange du verdissement de son économie.