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Merkel exige du Liechtenstein la transparence

Angela Merkel et Otmar Hasler, lors de leur rencontre à Berlin. [Reuters]
Angela Merkel et Otmar Hasler, lors de leur rencontre à Berlin. [Reuters]
Lors d'une rencontre à Berlin, Angela Merkel et son homologue liechtensteinois ont tenté de régler leur différend sur la fraude fiscale. Otmar Hasler a entendu l'appel de la chancelière. Mais Vaduz ne veut pas de vraies réformes.

La chancelière allemande a exigé du Liechtenstein des efforts
pour rendre sa place financière plus transparente. Elle a notamment
demandé que Vaduz communique à l'avenir des informations sur les
Allemands qui investissent dans la Principauté. Comme il le fait
déjà pour les investisseurs américains.

«J'ai dit clairement que les accords déjà conclus avec les Etats
Unis sont pour nous, pays de l'Union européenne, une sorte de
référence, et nous disons que ce qui est possible avec les Etats
Unis devrait l'être aussi avec nous,» a déclaré Angela Merkel lors
d'une conférence de presse.

«Nous allons dans cette direction»

«Dans le cadre de nos négociations avec l'Union européenne sur
l'accord contre la fraude, nous allons dans cette direction», a
assuré Otmar Hasler. «Il est dans notre intérêt de conclure cet
accord», a dit le chef du gouvernement liechtensteinois qui
souhaite maintenir de bonnes relations avec l'Allemagne.

Quelques heures auparavant le gouvernement liechtensteinois avait
toutefois indiqué qu'il n'était pas prêt remettre fondamentalement
en cause son droit sur les fondations. Ces structures sont
directement mises en cause dans le scandale de fraude fiscale qui
secoue l'Allemagne. De gros contribuables allemands y auraient
placé leur fortune pour échapper au fisc.

La révision, présentée mercredi à Vaduz et sur laquelle le
gouvernement de la Principauté planche depuis 2001, ne touche pas
aux fondations anonymes, particulièrement controversées. Ce type de
fondations hébergées chez des avocats ou dans des fiduciaires
continueront à être autorisées.

Pas plus de contrôles

Elles ne devront pas à l'avenir être enregistrées au registre
public. La Principauté ne pourra donc pas mieux les contrôler
qu'aujourd'hui et comme elle continuera à ne pas connaître leurs
fondateurs, Vaduz ne devrait pas pouvoir transmettre des
informations à leur sujet à Berlin.

Le vice-chef du gouvernement liechtensteinois Klaus Tschütscher a
d'ailleurs refusé de voir un lien entre le droit des fondations et
l'évasion fiscale. «Il n'y a pas lieu de douter des fondations
anonymes», a-t-il déclaré.

Le Liechtenstein tient aux fondations privées anonymes, car c'est
d'elles que vit sa place financière. Aucune forme juridique n'est -
même de loin - aussi importante que les fondations, reconnaît le
gouvernement. On en dénombrerait entre 45'000 et 50'000 dans ce
pays de 35'000 habitants.

ats/tac

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L'UE veut durcir le ton

L'évasion fiscale n'indispose pas seulement les autorités allemandes. La Commission européenne veut elle aussi durcir ses directives en matière de fiscalité de l'épargne, auxquelles la Suisse et le Liechtenstein sont aussi soumises.

La fiscalité de l'épargne devrait être évoquée lors du prochain sommet des ministres européens des finances (Ecofin) le 4 mars, a annoncé mercredi la présidence slovène de l'Union européenne (UE).

La Commission de Bruxelles compte présenter cet automne un rapport. Les fondations basées au Liechtenstein seront évoquées.

Conseil fédéral pas inquiet

Le Conseil fédéral ne reste pas non plus indifférent. Informé de la situation mercredi par Hans-Rudolf Merz, il estime toutefois que la Suisse n'est pas concernée par les investigations de Berlin à ce stade. Aucune demande d'entraide judiciaire n'a été déposée.

Le ministre des finances est d'avis que la place financière suisse ne devrait pas être éclaboussée par cette affaire. La réputation des banques helvétiques ne devrait pas non plus en souffrir, a renchéri le conseiller fédéral Samuel Schmid devant les médias à Berne.