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Les Etats-Unis de Donald Trump prêts pour leur 8e exécution depuis l'été

Orlando Hall sera le huitième prisonnier à subir une exécution fédérale depuis la reprise cet été d'une pratique mise en sommeil pendant 17 ans. Pénitencier fédéral de Terre-Haute, Indiana (image prise en août 2020). [Keystone]
Les Etats-Unis de Donald Trump prêts pour leur 8e exécution depuis l'été / Le Journal horaire / 31 sec. / le 19 novembre 2020
Les Etats-Unis doivent procéder jeudi à leur huitième exécution fédérale depuis la reprise cet été d'une pratique mise en sommeil pendant 17 ans, et à laquelle le président élu Joe Biden est opposé.

Alors que les Etats américains ont quasi tous renoncé à appliquer la peine capitale depuis le début de la pandémie, le gouvernement de Donald Trump a au contraire procédé à un nombre inégalé d'exécutions: sept depuis juillet, contre trois au cours des 45 dernières années.

Malgré la défaite du républicain à la présidentielle du 3 novembre, son administration a maintenu l'exécution jeudi soir d'Orlando Hall au pénitencier fédéral de Terre-Haute, dans l'Indiana.

Cet Afro-Américain de 49 ans a été condamné en 1995 par un jury entièrement blanc à la peine de mort pour le viol et le meurtre d'une adolescente de 16 ans qu'il avait battue et enterrée vivante, avec des complices, dans le cadre d'un règlement de compte.

"Préjugés racistes" lors du procès

"M. Hall n'a jamais nié le rôle qu'il a joué dans la mort tragique de Lisa Rene, mais le jury qui l'a condamné ne savait rien" des traumatismes subis dans son enfance, ont estimé ses avocats Marcia Widder et Robert Owen, qui dénoncent également des "préjugés racistes" lors du procès.

Selon eux, son dossier "reflète les disparités raciales troublantes en matière de peine capitale aux Etats-Unis", où 45% des condamnés à mort sont Afro-Américains, alors qu'ils ne représentent que 13% de la population globale.

Aux Etats-Unis, la plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais le calvaire de Lisa Rene s'est déroulé entre le Texas et l'Arkansas, ce qui explique l'implication de la justice fédérale.

Ultime recours

A l'approche de la date fixée pour son exécution, Orlando Hall a adressé un ultime recours à la Cour suprême des Etats-Unis pour contester le protocole retenu: une injection de pentobarbital, une substance accusée de causer d'affreuses souffrances.

Si la Cour refuse de lui accorder un sursis, il deviendra le premier condamné en 131 ans mis à mort par un gouvernement de "canards boiteux", selon le terme qui désigne des élus en fin de mandat défaits dans les urnes, a relevé le Centre d'information sur la peine de mort.

afp/sjaq

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Joe Biden opposé

Soulignant le risque d'erreurs dans l'application de la peine de mort, le démocrate Joe Biden, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier, a promis de travailler avec le Congrès pour faire adopter une loi éliminant la peine de mort au niveau fédéral.

Deux autres exécutions agendées

Pour la première fois en près de 70 ans, le gouvernement fédéral avait également prévu d'exécuter une femme, Lisa Montgomery, le 8 décembre.

Mais un juge a estimé jeudi qu'elle ne pouvait pas être tuée en 2020 car ses avocats ont contracté le Covid-19, ce qui les empêche de préparer une demande de clémence.

Les Etats-Unis prévoient aussi d'exécuter Brandon Bernard le 10 décembre.