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Une guide française s'engage pour nettoyer l'Everest de ses déchets

Marion Chaygneaud-Dupuy veut nettoyer l’Himalaya avec son projet "Clean everest". [Dawa Steven - Asian Trekking via AP/keystone]
Marion Chaygneaud-Dupuy veut nettoyer l’Himalaya avec son projet "Clean everest" / Tout un monde / 8 min. / le 23 octobre 2020
Marion Chaygneaud-Dupuy a gravi plusieurs fois l'Everest, réalisant à chaque fois combien le plus haut sommet du monde est pollué. Via l’opération "Clean Everest”, elle a déjà collecté près de 10 tonnes de déchets laissés en pleine nature.

Des conserves, des bouteilles en plastique, des crampons, des arceaux de tentes, des bouteilles d'oxygène, des bouteilles de gaz pour réchauds, le constat est sans appel...

Les trente dernières années d'expéditions commerciales sur l'Everest ont recouvert le toit du monde de plusieurs tonnes de déchets. "Ces déchets reposent entre 5000 mètres et 8848 mètres d'altitude, là où il est très difficile de les atteindre pour les redescendre", déplore Marion Chaygneaud-Dupuy, interrogée cette semaine dans l'émission Tout un Monde.

10 tonnes de déchets ramassées

Cette aventurière française de 39 ans, qui habite au Tibet depuis 20 ans, sait de quoi elle parle. Aujourd'hui à la tête d'une agence d'alpinisme éco-responsable, elle a gravi trois fois le plus haut sommet du monde.

Se rendant compte de la gravité de la situation, la guide de haute-montagne lance, en 2016, l’opération "Clean Everest" pour organiser le ramassage et le recyclage de près de 10 tonnes de déchets accumulés sur la face nord de la montagne, côté Tibet. Des détritus de toutes sortes qui restent à l’air libre faute d’infrastructures pour les collecter.

Une charte environnementale

Aujourd'hui, grâce à l'intelligence collective locale, la réalité est en train de changer dans la région, souligne Marion Chaygneaud-Dupuy. Le nombre d'expéditions y est par exemple limité. Et un système de rémunération au kilo a notamment été mis en place pour les déchets redescendus par les professionnels de la montagne, que ce soient les sherpas ou autres guides de montagne. "Ceci permet de garder propres les camps en très haute altitude, là où les bénévoles ne peuvent pas intervenir", se réjouit-elle.

A noter qu'une charte environnementale a aussi été conçue entre 2013 et 2016 par les Tibétains. Un comité de contrôle est notamment chargé de la faire respecter. "Les agences qui ne la respectent pas sont tout simplement bannies de la liste des organismes autorisés à mener des expéditions sur le toit du monde", souligne la Française.

Sujet radio: Blandine Levite

Adaptation web: Fabien Grenon

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