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Aux Etats-Unis, tous les moyens sont bons pour mobiliser l'électorat

American Week : la campagne américaine en bref (épisode 3)
American Week : la campagne présidentielle en bref (épisode 4) / L'actu en vidéo / 3 min. / le 23 octobre 2020
Avec la série "American Week", RTSinfo s'arrête chaque semaine sur la course à la Maison Blanche qui oppose le président sortant Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden. A dix jours de l'élection, il est question de débat, de virus, de Barack Obama et de jeux vidéos.

Un débat plus posé, mais non moins incisif. La dernière rencontre entre Donald Trump et Joe Biden, très attendue, a eu lieu jeudi à Nashville, dans le Tennessee. Pour éviter le chaos de leur premier duel, qui avait tourné au pugilat, les micros étaient éteints au début de chaque intervention pour empêcher les interruptions intempestives.

Résultat: des questions de fond ont pu être abordées, permettant aux électeurs et électrices américains d'avoir des réponses sur des sujets aussi essentiels que la gestion de la pandémie, l'économie, la changement climatique, la santé ou encore les questions raciales. Mais au-delà du sérieux des thèmes abordés - et malgré le net changement d'attitude de Donald Trump - la discussion a été marquée par de nombreuses attaques personnelles, de part et d'autre, symbole s'il en fallait, du peu d'estime que se portent les deux hommes.

Au final, l'actuel occupant de la Maison Blanche, en retard dans les sondages nationaux, a fait une bonne prestation, en modérant ses ardeurs, mais a-t-il pour autant réussi à inverser la tendance? Rien n'est moins sûr.

>> Lire : Aux Etats-Unis, un optimisme prudent gagne les rangs démocrates

Quant à Joe Biden, s'il a semblé fatigué au fur et à mesure de la prestation, il s'est honorablement défendu, résistant tant bien que mal aux piques de son adversaire qui ne cesse de vouloir salir son image et celle de sa famille, notamment en lien

sur son fils, Hunter Biden.

Vivre avec ou mourir du virus ?

Le démocrate, s'il s'est défendu, a tout fait pour ramener le débat sur la gestion de la pandémie par Donald Trump, l'accusant de dire "des âneries" pour détourner l'attention des Américains qui souffrent.

Alors que le Covid a fait plus de 220'000 morts aux Etats-Unis, le président, lui-même rattrapé par la maladie, n'a jamais remis en question son approche. "Nous apprenons à vivre avec", a encore affirmé jeudi Donald Trump, qui a minimisé pendant des mois la gravité du coronavirus, ajoutant que celui-ci "s'en allait". "Vivre avec ? Voyons, nous mourrons avec", a réagi Joe Biden dans une phrase qui restera comme l'une des phrases-clés de ce débat.

Attitude diamétralement opposée face au virus: d'un côté, un président optimiste, arrivé au débat sans masque, qui persiste à croire qu'un vaccin viendra bientôt tout arranger et à ignorer la gravité de la situation sanitaire dans son pays, un peu comme il l'avait fait, à une autre époque, quand ses casinos prenaient l'eau et qu'il se comportait comme si tout allait très bien. De l'autre, Joe Biden, plus posé, plus sérieux, à des années-lumières de la politique spectacle à laquelle Donald Trump a habitué le public, représente la voix de la raison. Au risque de paraître un peu ennuyeux.

Union sacrée chez les démocrates

Alors que le président sortant mène campagne selon son style, occupant le terrain seul et faisant beaucoup de bruit, le camp démocrate affiche une forme d'union sacrée derrière son candidat. Ainsi, ces derniers jours, alors que Donald Trump multipliait les meetings, Joe Biden s'était retiré chez lui pour se reposer et préparer le débat.

>> Lire : Joe Biden, la stratégie de l'ombre pour conquérir les électeurs américains et est retourné dans l'arène mercredi

Le parti n'en battait pas moins campagne, uni derrière son candidat par-delà les divisions passées. L'ancien président Barack Obama - figure charismatique des démocrates -

pour un premier meeting organisé à Philadelphie, en Pennsylvanie, un des Etats-clés. Sur scène, il a fustigé Donald Trump, accusant son successeur de "mentir tous les jours".

Ce n'est pas la téléréalité, c'est la réalité! (...) Tweeter en regardant la télévision ne résout pas les problèmes

Barack Obama, ancien président des Etats-Unis

Appelant à voter pour son ancien vice-président Joe Biden, Barack Obama a également invité à ne pas croire les sondages et à résister à la paresse: "C'est le vote le plus important de votre vie", a-t-il asséné.

Aller chercher les jeunes

Mais Barack Obama n'est pas le seul à s'être mobilisé pour appeler à voter. L'étoile montante du Parti démocrate, Alexandria Ocasio-Cortez, très proche de Bernie Sanders, a elle aussi donné du sien en jouant pendant plus de trois heures en livestream sur la plateforme Twitch au très populaire jeu "Among Us". Objectif ? Aller chercher les jeunes là où ils sont et les encourager à voter.

>> Lire : Les jeunes Américains se mobilisent pour l'élection présidentielle

Ce faisant, cette élue au Sénat de 31 ans a rassemblé près de 500'000 personnes, un des records pour Twitch. Et une façon de montrer que la politique n'est pas qu'une affaire de vieux.

>> Ecoutez aussi le carnet de campagne "L'Amérique au tournant", de notre envoyé spécial Jordan Davis :

Meeting de Donald Trump à Johnstown, Pennsylvanie, le 13 octobre 2020. [AP Photo/Keystone - Evan Vucci]AP Photo/Keystone - Evan Vucci
15 minutes - Edition spéciale: l’Amérique au tournant (4/6) / 15 minutes / 15 min. / le 17 octobre 2020

Juliette Galeazzi

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