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Azéris et Arméniens s'accusent mutuellement d'avoir violé la trêve

L'Arménie et l'Azerbaïdjan annoncent une "trêve humanitaire". [Aziz Karimov - Keystone/AP]
L'Arménie et l'Azerbaïdjan annoncent une "trêve humanitaire" / Le Journal horaire / 22 sec. / samedi à 22:00
Une semaine après un premier cessez-le-feu, conclu mais jamais respecté, entre Azerbaïdjan et Arménie au Haut-Karabakh, une nouvelle "trêve humanitaire" est entrée en vigueur samedi à minuit. Les deux pays s'accusent déjà de ne pas l'avoir respectée.

"La République d'Arménie et la République d'Azerbaïdjan sont convenues d'une trêve humanitaire à partir du 18 octobre à 00h00 heure locale", a déclaré le ministère arménien des Affaires étrangères, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères confirmant dans une déclaration identique.

C'est la deuxième fois que les deux parties tentent de parvenir à un cessez-le-feu après trois semaines de combats qui ont fait des centaines de morts au Haut-Karabakh.

Mais seulement quelques heures plus tard, la porte-parole du ministère arménien de la Défense a affirmé sur Twitter: "L'ennemi a effectué des tirs d'artillerie en direction du nord entre 00h04 et 02h45 (22h04 et 00h45 en Suisse) et a lancé des roquettes vers le sud entre 02h20 et 02h45".

Quelques heures plus tard, les autorités azéries faisaient une déclaration similaire: "Malgré la trêve annoncée, les forces armées arméniennes ont violé de manière flagrante le nouvel accord", a annoncé le ministère de la Défense azerbaïdjanais dans un communiqué, dénonçant des tirs d'artillerie ennemis et des attaques le long du front.

Gains territoriaux

L'annonce intervient alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est entretenu au téléphone dans la soirée avec ses homologues arménien et azéris et insisté sur "la nécessité d'un respect strict" du cessez-le-feu conclu samedi dernier à Moscou, selon le ministère russe des Affaires étrangères.

L'Azerbaïdjan a obtenu des gains territoriaux ces trois dernières semaines sans pour autant remporter de bataille décisive. Bakou n'a pas jusqu'ici révélé le coût du conflit, ne publiant aucun bilan militaire, matériel ou humain.

Internationalisation du conflit

Les séparatistes affirment avoir tué des milliers d'hommes, reconnaissent avoir dû reculer mais assurent "contrôler la situation". Officiellement, ils ont perdu environ 700 hommes, et la moitié des 140'000 habitants ont été déplacés.

Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, la Turquie soutenant l'Azerbaïdjan. L'Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, est elle dans une alliance militaire avec la Russie.

Civils tués

A Gandja, deuxième ville d'Azerbaïdjan, de nombreuses maisons ont été détruites par un pilonnage dans la nuit de vendredi à samedi qui a tué treize civils, dont des enfants, et fait plus de 45 blessés, selon le procureur général. "Nous allons nous venger sur le champ de bataille", a proclamé le président azéri Ilham Aliev dans un discours.

Il a qualifié son ennemi séparatiste du Haut-Karabakh et son parrain, l'Arménie, tour à tour de "chiens" et de "fascistes". Son allié turc a accusé l'Arménie de "crimes de guerre".

Les Arméniens ont accusé de leur côté l'Azerbaïdjan d'avoir attaqué durant la nuit des infrastructures civiles du Nagorny Karabakh, nécessitant une riposte.

L'Union européenne a quant à elle "déploré" ces frappes, et appelé une fois encore "toutes les parties à cesser de viser les civils".

afp/gma

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Message d'Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron a salué cette trêve, conclue "à l'issue d'une médiation française conduite au cours des derniers jours et des dernières heures en coordination avec les co-présidents du groupe de Minsk" (France, Russie, Etats-Unis). Ce cessez-le-feu "doit être inconditionnel et strictement respecté par les deux parties", a ajouté l'Elysée.