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En France, un enseignant décapité après avoir montré des caricatures de Mahomet

Des policiers près du lieu de l'attaque à Conflans Sainte-Honorine. [Charles Platiau - Reuters]
Le parquet antiterroriste saisi après le meurtre d'un enseignant en France / Le Journal horaire / 25 sec. / le 16 octobre 2020
Un enseignant français qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves a été décapité vendredi près de Paris, et son assaillant a été tué par la police, un "attentat terroriste islamiste caractérisé" selon le président Emmanuel Macron, qui s'est rendu sur place.

Quatre personnes issues de l'entourage de l'assaillant, dont un mineur, ont été placées en garde à vue dans la nuit de vendredi à samedi, a appris l'AFP de source judiciaire.

Cette attaque d'une violence inouïe intervient trois semaines après une attaque près des anciens locaux du journal satirique Charlie Hebdo, cible des djihadistes depuis leur publication des caricatures de Mahomet.

Le professeur d'histoire a été tué sur la voie publique non loin de son collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne. Il avait montré récemment à ses élèves des dessins faisant la satire de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression, selon une source policière.

Emmanuel Macron appelle la nation à faire bloc

Le parquet national antiterroriste a annoncé à l'AFP s'être immédiatement saisi de l'enquête, ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Le président Emmanuel Macron s'est rendu dans la soirée sur les lieux de l'attaque.  Après avoir rencontré le personnel du collège, Il a appelé "la nation toute entière" à s'unir aux côtés des enseignants pour "les protéger et les défendre". "Toutes et tous nous feront bloc. Ils ne passeront pas. L'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas", a-t-il dit, visiblement ému.

L'assaillant abattu par la police

Les policiers de la brigade anticriminalité de Conflans-Saint-Honorine, à environ 50 km au nord-ouest de Paris, ont été appelés vers 17h00 pour un individu suspect, rôdant autour d'un établissement scolaire, selon la police.

Sur place, les policiers ont découvert la victime, et à 200 mètres de là, sur la commune d'Eragny, ils ont tenté d'interpeller un homme qui les menaçait avec une arme blanche et ont fait feu, le blessant grièvement, avant qu'il ne succombe à ses blessures.

L'incompréhension dominait vendredi chez les riverains dans ce quartier pavillonnaire, qu'ils décrivent comme calme et sans histoire. "Il ne passe jamais rien ici", lance, interloqué, Mohand Amara, un habitant de 45 ans sorti, comme d'habitude, promener son chien, le long de l'enceinte du collège.

Un père en colère après la caricature

Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, la première association de parents d'élèves, dit avoir reçu un signalement il y a une semaine qui faisait état "d'un père extrêmement énervé" après la publication en classe d'une caricature de Mahomet.

Auparavant, l'enseignant aurait, selon Rodrigo Arenas, "invité les élèves musulmans à sortir de la classe" avant de montrer une caricature du prophète accroupi avec une étoile dessiné sur ses fesses et l'inscription "une étoile est née".

Selon le père d'un élève qui se trouvait dans cette classe de 4ème et qui a compris la volonté du professeur de ne pas choquer certains enfants, la séquence a suscité une vive polémique auprès d'autres parents.

Vague d'indignation dans la classe politique

L'attentat a soulevé une vague d'indignation dans la classe politique. A l'Assemblée nationale, les députés se sont levés pour "saluer la mémoire" du professeur et dénoncer un "abominable attentat".

Cette attaque est survenue trois semaines jour pour jour après l'attentat au hachoir perpétré par un jeune Pakistanais de 25 ans devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, qui a fait deux blessés graves.

L'hebdomadaire a exprimé sur Twitter "son sentiment d'horreur et de révolte après qu'un enseignant dans l'exercice de son métier a été assassiné par un fanatique religieux".

Depuis la vague d'attentats djihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France et qui a fait 258 morts, plusieurs ont été perpétrés à l'arme blanche, notamment à la préfecture de police de Paris en octobre 2019 ou à Romans-sur-Isère (centre-est) en avril.

afp/ther/vkiss

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Les enquêteurs s'intéressent à une photo

Les enquêteurs s'intéressent à un message posté sur Twitter par un compte désormais fermé et qui montre notamment une photo de la tête de la victime. Ils cherchent à savoir si elle a été postée par l'agresseur ou une autre personne.

Sous cette photo, un message adressé au président français Emmanuel Macron, "le dirigeant des infidèles", dit notamment: "j'ai exécuté un de tes chiens de l'enfer qui a osé rabaisser Muhammad" (nom en anglais du prophète Mahomet).