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Nouvelles manifestations au Nigeria malgré les mises en garde de l'armée

Au Nigeria, les rues de la capitale sont envahies par les manifestants. [Sunday Alamba - AP]
Nouvelles manifestations au Nigeria malgré les mises en garde de l'armée. / La Matinale / 1 min. / le 16 octobre 2020
Au Nigeria, les jeunes manifestent depuis une semaine, pour protester contre les violences policières dont ils sont victimes. Les mobilisations dans la rue sont pourtant très rares dans ce pays, le plus peuplé d’Afrique.

Jusque-là, les promesses de réformes du gouvernement ne sont pas parvenues à convaincre les jeunes manifestants et révèlent une fracture générationnelle, dans ce pays de 200 millions d'habitants. Lagos, la capitale économique du pays, est l'épicentre de ces protestations.

Tout a commencé par des tweets - des milliers, puis des millions -, relayant des témoignages de victimes de violences policières au Nigeria. Puis les jeunes sont sortis dans la rue, pour dénoncer en particulier les méthodes de la SARS - une unité spéciale accusée de graves violations des droits humains.

Peur d'être violenté par la police

Dans un reportage de La Matinale, Salamat, 22 ans, a témoigné vendredi: "Je n’ai pas peur que des voleurs m’attaquent. J’ai peur que la police m'arrête, et essaie de m’extorquer, ou même de me frapper avec leur arme. La plupart d’entre eux ont faim. Le gouvernement ne se préoccupe pas d’eux. Ils ont des salaires misérables. Que pensez vous que va faire quelqu’un qui a faim et qui a une arme entre les mains?"

Ces violences touchent toutes les couches de la société: des plus pauvres aux jeunes actif de la classe moyenne. Porter des "dreadlocks", un piercing ou des tatouages est perçu comme une circonstance aggravante, explique Emmanuel: "Quand ils voient que tu es un peu moderne, que tes cheveux sont teints, ou que que tu conduis une belle voiture, ils t’accusent d’être un escroc. Nous travaillons dur! Nous ne sommes pas des criminels!"

Dix personnes tuées

Le gouvernement a annoncé des mesures de réforme, mais la jeunesse demande un calendrier clair, alors que dix personnes au moins ont été tuées par la police depuis le début de ce mouvement.

Liza Fabbian/jpr

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