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Boris Johnson exhorté à ne pas rompre les discussions avec l'UE sur le Brexit

Début d'un sommet européen crucial pour le Brexit à Bruxelles [RTS]
Début d'un sommet européen crucial pour le Brexit à Bruxelles / Forum (vidéo) / 2 min. / le 15 octobre 2020
Les dirigeants de l'Union, réunis en sommet jeudi et vendredi à Bruxelles, sont déterminés à résister au coup de pression de Boris Johnson, qui laisse planer la menace d'un arrêt des négociations sur la relation post-Brexit. Son négociateur en chef l'exhorte à aller de l'avant.

"Nous voulons un bon accord mais pas à n'importe quel prix", a insisté jeudi matin la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au lendemain d'un entretien avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, en présence également du président du Conseil européen Charles Michel.

La réponse du Premier ministre: "Moi aussi je veux un accord, mais je déplore l’absence de progrès dans nos négociations." Ajoutant qu'il attendait impatiemment les résultats du sommet européen avant de se prononcer sur la suite.

De son côté, David Frost, le négociateur en chef des Britanniques sur la question du Brexit, a exhorté Boris Johnson à ne pas se retirer des discussions en lui expliquant qu'il était encore possible de parvenir à un terrain d'entente dans les deux prochaines semaines.

Encore beaucoup de travail

Mais, force est de constater qu'il reste encore beaucoup de travail à accomplir alors que le temps presse. Sans accord adopté par tous les Etats membres au 1er janvier prochain, il faudra introduire des droits de douanes et des formalités lourdes qui n’existent pas actuellement. Tout le monde en souffrirait, surtout le Royaume-Uni.

Trois sujets capitaux

Trois sujets bloquent toujours les pourparlers. Il y a tout d'abord la pêche, huit pays réclamant un accès non limité aux eaux britanniques riches en poissons. Il y a ensuite les règles de concurrence loyale que veut maintenir l’UE pour éviter le dumping économique, social et environnemental. Et il y a enfin la manière de régler les différends dans le futur accord, l'UE ayant en effet perdu toute confiance dans la bonne foi des Britanniques qui ont modifié unilatéralement le premier accord du divorce.

Depuis que le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier, les pourparlers entre Londres et Bruxelles pour un accord de libre-échange, qui entrerait en vigueur à la fin de la période de transition s'achevant à la fin de l'année, patinent. Et les deux parties s'accusent mutuellement de laisser planer le risque d'un "no deal" potentiellement dévastateur pour leurs économies, déjà fragilisées par la pandémie.

Sujet radio: Alain Franco

Adaptation web: Fabien Grenon avec les agences

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La question climatique aussi au menu

Lors de ce sommet, il sera également question de climat, l'UE devant actualiser d'ici la fin de l'année ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre pour 2030.

La Commission vise une réduction de 55% par rapport au niveau de 1990 - contre 40% actuellement - afin d'atteindre la "neutralité carbone" en 2050. Le Parlement européen réclame, lui, une baisse d'au moins 60%.

Les Etats membres devraient uniquement poser les termes du débat, sans trancher sur un objectif 2030, renvoyé à un prochain sommet mi-décembre.

Onze pays, dont la France, l'Espagne ou les Pays-Bas, ont cependant exprimé mercredi dans une lettre commune leur soutien à une baisse d'"au moins 55%" d'ici 2030.

Mais les réticences de plusieurs pays de l'Est, notamment la Pologne, compliquent la donne: ils pourraient réclamer des financements supplémentaires.