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Aux Etats-Unis, un optimisme prudent gagne les rangs démocrates

American Week : la campagne américaine en bref (épisode 3) [RTS]
American Week : la campagne américaine en bref (épisode 3) / L'actu en vidéo / 3 min. / le 15 octobre 2020
Avec la série "American Week", RTSinfo s'arrête chaque jeudi sur la course à la Maison Blanche qui oppose le président sortant Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden. Cette semaine, il est question de sondages, de "bain de sang" et de cow-boys.

C'est un fait: depuis fin septembre, l'écart se creuse encore un peu plus dans les sondages nationaux entre les deux candidats à la présidentielle américaine. Le démocrate Joe Biden dépasse même désormais de dix points Donald Trump.

Mais s'il est bien un outil à manier avec précaution aux Etats-Unis, ce sont les sondages qui reflètent l'opinion publique en termes de voix. Or, le locataire de la Maison Blanche est élu par un collège électoral, selon un système qui tend à favoriser les républicains. On l'a d'ailleurs vu en 2016: Hillary Clinton a récolté 2 millions de voix de plus que Donald Trump et a quand même perdu l'élection.

>> Lire: Joe Biden et Donald Trump à la conquête des "swing states"

Fort de cette expérience, le camp démocrate se garde donc bien de crier victoire trop vite et ce d'autant qu'ils savent bien que les républicains n'ont pas dit leur dernier mot.

Barack Obama en campagne

Il n'en flotte pas moins un petit vent d'optimisme dans leur rang et cela se traduit par l'organisation de meetings dans des territoires qu'ils courtisent d'ordinaire assez peu. Outre l'Ohio et la Pennsylvanie, Joe Biden a ainsi multiplié les apparitions en Floride, un Etat-clé, qu'il lui suffirait de remporter pour gagner, courtisant les seniors, un électorat déçu par Donald Trump.

Preuve cependant que la bataille n'est pas gagnée, Barack Obama -déjà bien engagé dans cette campagne- a annoncé qu'il participerait à des meetings aux côtés de son ancien vice-président. Sa présence et son charisme devraient dynamiser des rallyes peut-être un peu ternes face aux frasques de l'actuel président.

Une semaine après son hospitalisation à cause du Covid-19, Donald Trump a en effet repris la route, retrouvant les estrades de campagne avec une fougue spectaculaire.

De remise en question, il n'est toutefois point question. Recroquevillé sur sa base, sourd aux mises en garde sur une possible débâcle, le tribun reste enfermé dans la nostalgie de 2016, où il avait créé l'une des plus grandes surprises de l'histoire politique américaine. Il continue également à promouvoir la nomination à la Cour suprême de la juge Amy Coney Barrett dont les auditions devant le Sénat ont commencé cette semaine.

Le spectre d'un "bain de sang"

L'Amérique est-elle en train d'assister à un "suicide politique" qui prend des allures de "télé-réalité surréaliste", comme le suggérait il y a quelques jours David Axelrod, ancien conseiller politique de Barack Obama? Rien n'est encore joué.

Les trois dernières semaines de campagne pourraient apporter leur lot de surprises et de rebondissements. Mais l'inquiétude est là dans le camp républicain. L'hypothèse d'une victoire écrasante de Joe Biden gagne en épaisseur.

Les propos du sénateur républicain Ted Cruz, évoquant le spectre d'un "bain de sang" pour le "Grand Old Party" ont marqué les esprits. Les élus républicains du Congrès dont le siège est en jeu le 3 novembre, à la Chambre des représentants et au Sénat, ne se bousculent pas pour revendiquer leur attachement à Trump.

Au Texas, du changement ?

Sur le terrain, l'ambiance reflète la campagne. Partout, les bases d'un candidat ou de l'autre campent sur leur position. Mais dans certains Etats parcourus par Raphaël Grand, notre correspondant aux Etats-Unis, les lignes bougent. C'est le cas notamment au Texas.

Alors que les bureaux de vote ont ouvert mardi, des records de participation ont déjà été enregistrés. Porté par un vent favorable, l'équipe de campagne Biden a organisé un rallye avec Jill Biden, l'épouse de Joe Biden. Six millions de dollars viennent également être investis pour des spots publicitaires sur les écrans texans, ce qui n'était pas arrivé depuis des décennies pour un candidat démocrate.

Car le pays des cow-boys change avec l'arrivée de nouveaux habitants venus d'autres Etats plus urbains ou alors issus de l'immigration. Bref, quelques soubresauts politiques sont à prévoir si ce n'est cette année, dans celles à venir.

>> Le reportage de Raphaël Grand au Texas dans Tout un monde:

Joe Biden et Kamala Harris après un débat entre candidats démocrates le 12 septembre 2019. [David J. Phillip - Keystone]David J. Phillip - Keystone
Reportage: le Texas va-t-il changer de couleur politique ? / Tout un monde / 5 min. / le 14 octobre 2020

Juliette Galeazzi

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