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L'UE met en cause la Pologne et la Hongrie sur l'Etat de droit

Le commissaire européen à la Justice Didier Reynders a présenté un rapport sur l'Etat de droit au sein des pays de l'UE. [OLIVIER HOSLET - EPA]
La Pologne et la Hongrie épinglées dans le premier rapport européen sur le respect de l'Etat de droit / Forum / 3 min. / le 30 septembre 2020
La Commission européenne a dévoilé mercredi un premier rapport sur le respect de l'Etat de droit dans l'UE, particulièrement critique à l'encontre de la Hongrie et la Pologne, dans un contexte de vives tensions avec Budapest.

"Ce rapport nous permet d'entamer une nouvelle étape dans la protection de l'Etat de droit", a estimé le commissaire européen à la Justice Didier Reynders, soulignant qu'il était basé sur une "méthodologie commune et objective".

Cette "cartographie" porte sur la situation au sein de chacun des 27 de l'indépendance de la justice, de la lutte contre la corruption, du pluralisme et de la liberté de la presse, de l'équilibre des pouvoirs et du rôle de la société civile.

Sur un pied d'égalité

"J'ai toujours été de ceux qui pensaient (...) que nous devions examiner tous les Etats membres sur un pied d'égalité", a ajouté le Belge, qui a piloté l'initiative. La Hongrie et la Pologne accusent régulièrement Bruxelles de pratiquer un "deux poids, deux mesures" à leur égard.

C'est un "élément de plus dans notre boîte à outils sur l'Etat de droit, un nouveau mécanisme préventif" pour "identifier tôt les problèmes", a souligné la vice-présidente de la Commission Vera Jourova.

Réponse cinglante de la Hongrie

La réponse hongroise n'a pas tardé: le rapport est "absurde" et "faux", a fustigé la ministre de la Justice Judit Varga, critiquant les "défauts" de sa méthodologie et ses "sources déséquilibrées". Le bilan a été présenté au lendemain d'une attaque du Premier ministre hongrois Viktor Orban contre Vera Jourova, qui avait qualifié la Hongrie de "démocratie malade".

Le dirigeant souverainiste a écrit à la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, pour lui réclamer la tête de la commissaire tchèque et annoncé que son gouvernement rompait tout contact avec elle.

Le sujet promet aussi d'être l'un des dossiers chauds du sommet européen de jeudi et vendredi: Pologne et Hongrie menacent de bloquer le plan de relance européen, refusant tout lien entre le versement des fonds et le respect des valeurs de l'Union européenne (UE).

afp/jpr

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Menaces contre les médias

Le rapport pointe des menaces à l'indépendance politique des médias en Hongrie, Pologne, Bulgarie et Malte, et des attaques contre des journalistes en Bulgarie, Croatie, Hongrie, Slovénie et Espagne.

Il souligne enfin les "graves difficultés" rencontrées par les ONG en Bulgarie, Hongrie et Pologne, en raison de "lois limitant l'accès aux financements étrangers" ou de "campagnes de dénigrement".

En réponse à Bruxelles, la Hongrie et la Pologne ont annoncé dès lundi la création d'un Institut pour lutter contre "la répression idéologique libérale" de l'UE.