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Arméniens et Azerbaïdjanais déterminés au combat au Nagorny Karabakh

Un artilleur arménien en action dans le Haut-Karabakh, le 29 septembre 2020.  [Sipan Gyulumyan/Armenian Defense Ministry Press Service/PAN Photo via AP - Keystone]
Les combats entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie se poursuivent au Haut-Karabagh / Le 12h30 / 1 min. / le 30 septembre 2020
Le président azerbaïdjanais a juré mercredi de poursuivre les opérations militaires jusqu'au retrait des forces arméniennes du Nagorny Karabakh, région séparatiste soutenue par Erevan. Le Premier ministre arménien a lui aussi jugé prématuré l'idée de pourparlers.

"Nous avons une seule condition, le retrait total, inconditionnel et sans délai des forces armées de l'Arménie de notre terre. Si le gouvernement de l'Arménie accepte cette condition, les combats s'arrêteront, le sang arrêtera de couler", a dit le président Ilham Aliev.

Plus tôt, la diplomatie azerbaïdjanaise avait fait savoir aux médiateurs du conflit, le Groupe de Minsk (Russie, Etats-Unis, France) constitué au sein de l'OSCE, que Bakou était déterminé à combattre.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a de son côté fermé la porte à des négociations de paix immédiates, quelques heures après un vote unanime du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à la fin des hostilités et à "reprendre sans tarder des négociations".

"Il est inapproprié de parler d'un sommet Arménie-Azerbaïdjan-Russie alors que des combats intenses sont en cours", a-t-il répondu à des médias russes l'interrogeant, selon l'agence Interfax.

Efforts internationaux

Le Kremlin, qui réclame la fin immédiate des combats, les plus graves depuis 2016, s'est dit disposé à une médiation, une guerre ouverte entre Bakou et Erevan risquant de déstabiliser une région déjà volatile où les intérêts de nombreuses puissances sont en concurrence.

La Russie, avec la France et les Etats-Unis, copréside le Groupe de Minsk qui depuis 1992 n'est pas parvenu à trouver une solution durable au conflit du Nagorny Karabakh, un territoire ayant fait sécession de l'Azerbaïdjan avec le soutien arménien. Une guerre au début des années 1990 y avait déjà fait 30'000 morts.

Bilan des combats invérifiable

Selon des bilans officiels probablement très partiels, les combats d'ampleur qui ont éclaté dimanche ont coûté la vie à 98 personnes, dont 81 combattants séparatistes arméniens et 17 civils des deux côtés du front.  L'Azerbaïdjan n'a communiqué aucune perte militaire et les deux camps se rejettent la responsabilité des hostilités.

Le nombre de morts s'annonce bien plus important. Le ministère azerbaïdjanais de la Défense indique que "d'intenses combats se poursuivent" mercredi, et que depuis le week-end, 2300 séparatistes arméniens ont été tués. Le porte-parole du ministère arménien de la Défense a de son côté parlé de 790 soldats azerbaïdjanais tués.

agences/clo

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L'inquiétude turque

L'Arménie a affirmé mardi qu'un chasseur-bombardier turc soutenant l'Azerbaïdjan avait abattu un de ses avions militaires, ce qu'ont aussitôt démenti Ankara et Bakou.

Or, une intervention militaire directe turque marquerait un tournant majeur et l'internationalisation du conflit, un éventuel scénario catastrophe.

Ankara est la seule puissance à ne pas avoir appelé à un cessez-le-feu, encourageant au contraire son allié azerbaïdjanais à reprendre le contrôle du Karabakh par la force, et conspuant l'Arménie, son adversaire historique.

Le Kremlin a lui appelé mardi la Turquie, avec qui Moscou entretient des relations compliquées mais pragmatiques, à s'abstenir de jeter "de l'huile sur le feu" et oeuvrer pour la paix.

>>Lire aussi: L'Arménie accuse la Turquie d'avoir abattu un de ses avions militaires