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Heurts entre police et migrants sur l'île grecque de Lesbos

Des heurts ont opposé police et migrants sur l'île grecque de Lesbos. [Elias Marcou - SOOC via AFP]
Des heurts ont opposé police et migrants sur l'île grecque de Lesbos / Le Journal horaire / 17 sec. / le 12 septembre 2020
La police grecque a usé samedi de gaz lacrymogènes face à une manifestation violente de migrants, à la rue depuis l'incendie du camp de Moria, sur l'île de Lesbos.

Alors que les autorités locales tentent depuis vendredi de mettre en place des solutions d'urgence, avec des milliers de tentes dans un grand champ clôturé, les migrants, eux, disent leur ras-le-bol de ce camp sordide où ils attendent depuis des mois, certains des années, d'être transférés.

L'incendie, apparemment volontaire, a laissé plus de 11'000 personnes, dont des milliers d'enfants, sans abri depuis le début de la semaine, dormant dans les rues ou sur les routes, dans des conditions particulièrement difficiles.

Pierres contre lacrymogènes

Samedi, avec la tension à son comble, des centaines d'entre eux, dont de nombreux hommes jeunes, ont manifesté non loin du nouveau camp temporaire, avec des pancartes clamant "Liberté!" ou "Nous voulons quitter Moria".

Des affrontements ont éclaté quand les manifestants ont jeté des pierres, les policiers leur répondant par du gaz lacrymogène. Plusieurs personnes ayant du mal à respirer ont été emmenées en ambulance.

Des tensions en hausse

Depuis plusieurs jours, "des milliers de gens dorment à la dure sur les collines autour de Moria et dans les rues, et la tension entre les habitants de l'île, les demandeurs d'asile et la police augmente", a souligné samedi l'ONG Human Rights Watch.

Le camp de Moria, le plus important d'Europe, depuis longtemps critiqué par les Nations unies et les groupes de défense des droits humains pour son surpeuplement et ses conditions sanitaires déplorables, a brûlé lors de cinq incendies successifs mardi soir et mercredi.

Les autorités accusent les migrants d'avoir mis le feu. Peu de temps avant le premier incendie, 35 personnes avaient été testées positives au coronavirus et allaient être placées en isolement.

Beaucoup de ces migrants, principalement afghans, attendent puis longtemps d'être autorisés à aller vers d'autres pays d'Europe.

Camp provisoire

Le camp provisoire de tentes devrait ouvrir samedi après-midi avec une capacité de 3000 personnes, a annoncé le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, ajoutant que "des tests rapides pour le coronavirus seront effectués à l'entrée".

Le porte-parole du ministère, Alexandros Ragavas, a précisé à l'AFP que les plus vulnérables seraient les premiers à être relogés.

>> Lire aussi: L'aide d'urgence s'organise après les incendies du camp de Lesbos

"Nous donnerons la priorité aux familles. Ce sont des tentes pour six persones, et le camp aura des zones séparées pour les gens d'origine différente", a-t-il expliqué.

afp/ebz

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